☰ Menu eFinancialCareers

Dix bons réflexes à avoir pendant et après l’appel d’un chasseur de têtes

appel d'un chasseur de tête

Même les recruteurs ont leurs moutons noirs…

Le téléphone sonne et au bout du fil s’annonce un chasseur de têtes… C’est souvent un peu court pour dérouler un plan de bataille bien préparé, mais ce premier contact n’est pas sans intérêt : il permet souvent, par le biais de quelques questions bien senties et de quelques astuces, de définir si le recruteur est sérieux et compétent, ou s’il compte plutôt parmi les moutons noirs de la profession.

En outre, pour qu’une telle relation soit fructueuse, il y a des choses à ne pas dire ou au contraire à demander sans faute, mais il y aussi une vigilance et quelques précautions à prendre.

  1. Le chasseur de têtes vous appelle-t-il sur votre lieu de travail ?

Chaque place financière a ses usages. Sur les rives de la Tamise, il est d’usage d’appeler les professionnels de la finance sans prévenir. La démarche est largement facilitée du fait de la disponibilité des numéros de téléphone professionnels des banquiers d’investissement à travers Bloomberg.

En Suisse en revanche, ces appels « à froid » sont assez mal vus. « Il est rare que nous appelions quelqu’un directement, reconnaît Céline Corletti, en charge de la practice Banking & Financial Services chez Michael Page à Genève. C’est compliqué d’appeler les gens au bureau ».

Le premier contact intervient alors souvent via les réseaux professionnels, les adresses personnelles accessibles dans les bases de données des cabinets ou par le biais de recommandations. Le courriel comprend une description rapide du poste en question, et une invitation à se manifester en cas d’intérêt. Si un recruteur vous approche de la sorte – c’est-à-dire en douceur – c’est donc plutôt bon signe. Mais l’inverse n’est pas rédhibitoire.

  1. Indiquez toujours vos coordonnées personnelles

Les professionnels de la finance doivent jouer la prudence dans leurs échanges avec les chasseurs de têtes. À l’ère de la compliance et d’une pression croissante sur le secret bancaire, nombreuses sont les banques qui épluchent les messages et les appels de leurs collaborateurs. C’est pourquoi Karin Singer, chasseuse de têtes chez Signer Beratungen à Zürich, conseille aux candidats « de toujours établir le contact en utilisant les adresses de messagerie et numéros de téléphone personnels. »

  1. Consultez le site Internet du cabinet

Peter Vogler, de kessler vogler à Zürich, conseille de procéder dans un premier temps à une recherche internet : « J’irais d’abord sur le site du cabinet pour voir si mon correspondant est actif dans le secteur qui m’intéresse, et depuis combien de temps il est sur le marché ». LinkedIn peut permettre de compléter les informations manquantes sur le site concernant le parcours du recruteur.

Les candidats peuvent également regarder si leur interlocuteur a publié ses annonces – sur le site internet de son cabinet ou sur des sites d’offres d’emploi en ligne susceptibles de correspondre au domaine d’intervention du candidat. Si tel est le cas, cela donnera un indice sur la nature du mandat et du cabinet (et par extension du niveau du poste en question) : en l’occurrence du pure recrutement, plutôt que de l’executive search.

En complément, il est toujours bon de tester les confrères et les connaissances pour voir ce qu’évoque pour eux le nom du recruteur.

  1. Que sait le chasseur de têtes de vous ?

Le métier de chasse de têtes consiste à cibler des candidats répondant à un cahier des charges précis du client. Un bon chasseur doit donc « bien » connaitre le parcours du candidat et ses compétences avant de le contacter, ne serait-ce que par souci d’efficacité et de confidentialité.

Pour Greg Beszant, de Phaidon Capital Schweiz à Zürich, bon nombre de recruteurs appellent le plus de candidats possibles dans l’espoir d’en placer un et d’empocher la commission. Alors qu’ « un recruteur sérieux fait d’abord ses devoirs avant le premier contact : il se renseigne sur le profil du candidat et évalue son adéquation au poste concerné ».

  1. Que sait le chasseur de têtes sur le poste ?

Il faut savoir que certains recruteurs peuvent vous contacter sans disposer du moindre mandat ni du  moindre poste à pourvoir. Leur objectif consiste simplement à collecter des CV de candidats pour les faire suivre à divers clients et éventuellement tirer le bon numéro.

« C’est mauvais signe lorsqu’un recruteur reste vague sur le job. Un chasseur de têtes sérieux expose le poste en toute clarté ; il est même en mesure de fournir des détails », indique Greg Beszant. Un peu de suivi et de discernement, et les moutons noirs seront vite identifiés.

  1. Que sait le chasseur de têtes de son client ?

Bon nombre d’établissements financiers travaillent avec des prestataires référencés, y compris pour leurs missions de recrutements. Dès qu’un cabinet de recrutement parvient à y entrer, il s’installe en position favorable pour les prochains recrutements.

Greg Beszant confirme que de nombreux cabinets travaillent depuis longtemps avec les mêmes clients et qu’en conséquence ils ont toutes les chances de bien les connaître. C’est un autre point rapidement identifiable par le biais de quelques questions bien ciblées comme lui demander « depuis combien de temps il travaille avec ce client ? ».

  1. Salaire : soyez préparé

La question du salaire reste toujours un point délicat – c’est tout particulièrement le cas en Suisse, pays de la discrétion. Tout candidat doit cependant se préparer à des questions sur son salaire actuel ou ses prétentions dans un nouveau job. Greg Beszant se fait l’avocat de cette pratique : si un employeur annonce un salaire de 120k à 140k, aucun intérêt de chercher à placer quelqu’un qui vise 180k.

  1. Le chasseur de têtes doit être dans l’échange

Pour Céline Corletti, « un bon chasseur de têtes est ouvert à la discussion. » Il ne s’agit pas seulement pour lui de trouver la bonne personne pour le poste, mais plutôt de créer dès le premier contact les conditions idéales d’une collaboration fructueuse. Il est très utile pour le recruteur de comprendre les ambitions et la situation d’un candidat. Selon elle, les recommandations jouent alors un rôle non négligeable. Et un chasseur de têtes ne doit pas se montrer trop intrusif non plus.

  1. Le chasseur de têtes est-il prêt à investir du temps ?

« À l’issue du premier contact par email ou téléphone, un recruteur sérieux accorde une grande importante à un entretien personnel plus long », explique Peter Vogler. En fonction de la situation, il peut s’agir d’un rendez-vous en face à face, ou d’un entretien téléphonique exhaustif. Le temps que le recruteur y consacre constitue un gage de sérieux : « Ceux qui passent leur temps à balancer des CV dans la nature ne sont pas disposés à investir du temps pour les candidats »

  1. Envoyez votre CV avec modération

Céline Corletti appelle à la prudence dès lors que vous voulez transmettre votre CV. Les recruteurs n’ont pas toujours un mandat exclusif ; il peut donc arriver qu’un candidat soit contacté par plusieurs chasseurs de têtes pour un même poste.

Stefan Bächer, chasseur de têtes chez Guggenbühl, Bächer, Niederer & Partner à Zürich, précise : « Il faut vous assurer que votre CV ne sera retransmis qu’avec votre accord formel ». Il est essentiel de savoir chez qui votre CV atterrit.

Karin Signer conseille pour sa part « de vérifier la réputation du chasseur de têtes sur le marché » avant de lui passer votre CV. Histoire d’évaluer la réponse à la question centrale : le chasseur va-t-il l’utiliser à bon escient ?

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici