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EDITO : Jour de rentrée, les aléas du congé maternité

Reprendre le boulot après deux – ou trois semaines si l’on est chanceux – de superbes vacances au soleil n’a rien d’évident. Imaginez maintenant des mois d’absence ! Se remettre en scelle après un congé maternité (qui, faut-il préciser, ne ressemble ni de près ni de loin à une cure de repos) relève d’un tout autre challenge.

Par quoi commencer ? Checker ses emails : près de 6 000. Heuh… et si, je les supprimais tous. Voilà qui est fait. Qui a dit que la reprise était difficile ? Maintenant, prendre le pouls auprès des collègues. La tâche se révèle plus délicate qu’anticipé. Tout le monde se sent obligé de me questionner sur mon bébé. Qu’est-ce que tu ferais à cette heure-ci si tu étais avec lui , m’a même demandé l’un d’eux. Alerte rouge : c’est justement le sujet à éviter. Ne pas y penser pour ne pas s’écrouler, en pleurs. J’ai toujours soutenu que les femmes pouvaient mener de front vie professionnelle et vie de famille (certes avec l’aide du papa). Ce n’est pas le moment de flancher !

Retour sur l’écran, c’est plus sûr. Les news : La France évoque à son tour une taxe sur les banques (latribune.fr), Forte augmentation des bonus cette année au Royaume-uni , (lesechos.fr)
)… Après tout, c’est comme si je n’avais pas quitté la planète finance. Je me demande pourquoi certaines se ruent au bureau après avoir donner naissance. A NKM (leparisien.fr) ou autres Rachida Dati : le monde tourne sans nous. Et, pour toutes les control freaks (et nous sommes nombreuses !), en avoir vaguement conscience est salvateur.

Time is money

Un email de ma boss : Welcome back ! Et si tu écrivais un édito sur ton retour au travail. Il y a un débat qui enfle en ce moment sur la durée du congé maternité en Angleterre, lancé par Nicola Pease, une femme fund manager réputée… . Selon cette mère de 3 enfants, le congé maternité, qui peut aller jusqu’à un an en Grande-Bretagne, serait trop long, trop avantageux et pourrait in fine se retourner contre les femmes (standart.co.uk). Il est vrai que pour les femmes qui travaillent dans la finance, l’addition est lourde. Un tradeur à la City touche des bonus 80 % plus élevés que ses collègues tradeuses. Quant au salaire fixe, l’écart est de 55 %, contre 28 % dans les autres secteurs (lecourant.info). Mais plutôt que de vouloir donner moins aux mamans, pourquoi ne pas réfléchir à accorder plus aux papas ? Cela ferait certainement un bien fou au secteur, dont le trop-plein de testostérones a plongé l’économie mondiale dans la tourmente.

Au lieu de cela, d’autres voix s’élèvent, celles des femmes sans enfants qui réclament leur part du gâteau ! Croyez-le ou non, trois quart des femmes sont ainsi en faveur d’un congé maternité de six mois ou plus pour la gente féminine, y compris celles qui ne sont pas mères (telegraph.co.uk). Ma première réaction: et les hommes alors ? Puis, plus égoïstement, j’ai pensé à tous ces longs mois, privée de sommeil, à changer des couches et préparer des bouillies à la chaîne. Alors que j’aurais pu tout simplement partir en “maternity leave” sous le soleil des caraïbes. Ça laisse songeur.

commentaires (1)

Comments
  1. Merci Julia.
    Cela sent le vécu !
    A mon sens le corps social dans son ensemble peut cultiver la culture du compromis.
    Vu du côté Papa et famille : en effet dans un monde idéal il serait sympathique d’accroître la rémunération des papas de 80%, et la durée du congé paternité.

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