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Les deux seules activités susceptibles de créer de l’emploi dans les banques en France en 2015

prevision emploi bancaire

Au tour des banquiers de faire leurs prévisions...

La rentabilité des banques n’est plus ce qu’elle était. Avec une conjoncture économique plombée et des contraintes réglementaires renforcées, les restructurations et les coupes d’effectifs semblent à nouveau inévitables dans le secteur bancaire européen, d’après le nouveau Baromètre EY du secteur bancaire européen publié ce matin.

Après les prévisions 2015 des chasseurs de têtes parisiens et des analystes, place aux anticipations des banquiers seniors. Ces derniers sont convaincus que pour atteindre les objectifs de rentabilité que se sont fixées les banques, celles-ci devront nécessairement poursuivre leurs efforts de réduction des coûts. L’étude indique que les banques européennes n’ont « supprimé que 4,4% de leurs effectifs depuis 2007 » Share on twitter. Et la masse salariale représente aujourd’hui 54% des coûts supportés par les établissements européens.

De ce fait, 43% des 226 banquiers seniors européens interrogés fin 2014 par le cabinet s’attendent à de nouvelles réductions d’effectifs (contre 38% l’an dernier). Sans surprise, ces coupes concerneront principalement les opérations, les systèmes d’information, les fonctions centrales et les activités des banques de détail, qui font tous actuellement l’objet de plans de simplification et d’efficacité.

L’emploi bancaire toujours menacé, mais les Français moins pessimistes que la moyenne européenne

En France, la tendance est cependant inverse : ce sentiment domine chez “seulement” 36% des répondants (- 6 points en un an) tandis que 27% anticipent une hausse des effectifs (+7 points en un an). Si ces chiffres marquent une amélioration par rapport à l’an dernier, ils n’égalent pas l’enthousiasme des banquiers britanniques – plus nombreux à croire à une hausse qu’à une baisse des effectifs dans leur secteur cette année.

Au cours des 12 prochains, comment les effectifs de votre banque vont-ils évoluer ?

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Les secteurs porteurs d’espoir pour 2015

Quels secteurs en France resistent ? Comme l’indique le graphique ci-dessous, seuls le corporate banking et la banque privée / gestion de fortune font l’objet de projections optimistes en matière de recrutements et de masse salariale.

Les prévisions les plus négatives concernent la banque d’investissement avec 29% de banquiers prévoyant une baisse des effectifs en 2015. Plus surprenant dans un contexte d’inflation réglementaire, 14% des Français pensent que le nombre de collaborateurs dans les métiers de compliance, risques et finance va diminuer. « Ceci pourrait s’expliquer par la croissance du recours à des consultants externes spécialistes des risques et de la déontologie », avancent les auteurs de l’étude au sujet de cette tendance visible à l’échelle européenne.

Dans quelles activités anticipez-vous une hausse (en jaune) ou une baisse (en gris) des effectifs ?

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Rémunérations : les banquiers français pèchent-ils par excès d’optimisme ? Share on twitter

Du côté des rémunérations, la France surprend par les prévisions optimistes de ses banquiers. Les Français sont deux fois plus nombreux (36%) à croire en une hausse des rémunérations (de 2 à 5%) des employés de banque en 2015 qu’à une baisse des packages. Ces anticipations hexagonales sont diamétralement opposées à celles de leurs confrères de la City qui sont 24% à anticiper une baisse, notamment très significative (-10%), contre 14% misant sur une hausse.

Les Français sont-ils lucides ? Nous n’avons pas réussi à obtenir un éclairage d’EY à Paris au sujet de l’emploi et des rémunérations. L’étude relève cependant que « les employés du secteur bancaire européen ont connu une hausse de leurs rémunérations de l’ordre de 10% en moyenne depuis 2007. Les banquiers semblent aujourd’hui prêts à reconnaître que les rémunérations doivent être davantage alignées sur les performances de l’entreprise et les performances individuelles ». Ce qui ne semble a priori pas le cas des banquiers français.

Nous pouvons peut-être avancer au moins deux raisons à cela : 1 – les niveaux de rémunération en France sont bien moins élevés qu’à Londres où même à Francfort ; 2 – la part des bonus dans les rémunérations est traditionnellement plus forte en France – selon un rapport du régulateur européen du secteur financier (EBA) datant de décembre 2013, le bonus des banquiers les mieux payés en France représentaient près de 5 fois leur salaire de base, contre 3,78 fois à Londres. Avec la nouvelle règle européenne du plafonnement des bonus à 2 fois le salaire fixe, entrée en vigueur cette année, les banques françaises sont amenées à valoriser les fixes pour rester dans la course aux talents.

Par ailleurs, les auteurs de l’étude se montrent prudents quant à la valeur des prévisions à la baisse des rémunérations des banquiers en Europe, relevant que 16% de ces derniers seulement voient le développement de nouveaux mécanismes de rémunérations comme une priorité pour 2015.


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