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Bonus : les analysts et associates, grands perdants de la saison 2015 à Paris

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Les collaborateurs les plus juniors des banques croyaient en leur bonne étoile. Depuis un an, ils étaient devenus les chouchous des banques d’investissement qui ont rivalisé d’imagination pour attirer et fidéliser leurs jeunes recrues (hausse des salaires, affichage de mesures pour limiter la charge de travail, des Junior Programmes innovants…). Les attentes pour les bonus 2015 étaient donc fortes. Et ce d’autant plus que les métiers de banques d’affaires ont très bien performé l’an dernier.

Cependant, d’après les premières données collectées par le spécialiste des rémunérations Emolument.com pour eFinancialCareers.fr, la réalité semble être de nature à décevoir les analysts et des associates. Les chiffres, reproduits dans le graphique ci-dessous, portent sur un échantillon de 256 analystes et associates (jusqu’à 5 ans d’expérience en moyenne) employés à Paris par des grandes banques d’investissement françaises, européennes et américaines. La banque d’affaires y est surreprésentée par rapport aux activités de marchés, à l’image du mix de métiers de la place parisienne.

Que faut-il y voir ? « Contrairement aux anticipations à la hausse, le bonus de ces banquiers juniors est stable voire même légèrement en baisse », commente Alice Leguay, ancienne banquière d’investissement aujourd’hui COO chez Emolument. Le bonus médian pour les analystes et les associates cette année (au titre de 2014) atteint 33 k€ en 2015 Share on twitter contre 33,4 k€ l’an passé.

Ce tassement survient après une hausse moyenne de 13% des bonus en 2014 versus 2013. Pour rappel, les bonus en banque d’investissement avaient touché leur niveau le plus bas en 2013 (au titre de 2012). Cette année, là les professionnels qui touchaient un variable, quel que soit le montant, s’estimaient heureux tant les bonus zéro (“doughnut bonus”) étaient répandus dans les grandes banques. Les bonus de 2014 (au titre de 2013) ont marqué une tendance générale à la hausse pour la majorité des banquiers, sans atteindre toutefois les chiffres de 2011.

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2015 n’est donc pas l’année d’euphorie à laquelle certains peut-être s’attendaient. « A Paris comme à Londres, les juniors n’ont pas bénéficié, en matière de bonus, de la reprise des activités M&A, advisory et origination en 2014. Tout comme les seniors, d’ailleurs », explique Alice Leguay.

Des professionnels sont-ils parvenus à tirer leur épingle du jeu dans les arbitrages très politiques que sont les partages d’enveloppes de bonus ? D’après Emolument, le « sweet spot » cette année serait le rang de vice-president (VP) en M&A. Le bonus médian a augmenté en moyenne de 70% pour cette population.

« Sur ces deux dernières années, les banques ont été confrontées à des départs importants parmi leurs banquiers avec 5 à 7/8 ans d’expérience. Le plafonnement des bonus, des rémunérations globalement en baisse ces dernières années, une image de marque écornée, et des perspectives professionnelles plus prometteuses ailleurs, notamment dans le private equity, ont conduit beaucoup à déserter la banque d’investissement, indique Alice Leguay. Du coup, les banques ont fait de gros efforts à Londres mais aussi à Paris pour retenir ces professionnels clés pour l’exécution des deals ».


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