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« Comment j’ai décroché un summer internship à Londres, sans avoir le CV idéal » 

candidature summer intership

Un étudiant français témoigne de l'exigence des banques anglosaxonnes

Pour entrer en banque d’investissement, où l’élitisme règne en maître sur les processus de sélection, il n’y a pas de très nombreuses manières de s’y prendre. 1 – Vous pouvez opter pour un stage long à Paris, qui n’est pas extrêmement compliqué à décrocher si vous préparez vos entretiens (uniquement techniques). Mais, à l’issue des 6 mois de stage, les perspectives d’embauches à un poste de vente, trading ou structuration sont très limitées, sauf si vous êtes étudiant ou diplômé d’une super école d’ingénieur (ce qui n’est pas mon cas). 2 – vous essayez de décrocher un stage à Londres – les fameux summer internships qui durent généralement une dizaine de semaines. Là, la sélection est très rude (il ne suffit pas de connaître quelqu’un pour décrocher un stage). En revanche, le taux de transformation du stage en emploi est nettement plus élevé. En somme, une majorité des summer interns se voient proposer d’intégrer la banque à un niveau d’analyste dans la foulée ou un an plus tard si vous n’êtes pas encore diplômé.

Ni le bon diplôme, ni le réseau social ou familial qui va bien

Voilà pourquoi – désirant en toute logique éviter d’enchaîner les stages sans opportunités d’embauche – j’ai opté pour la solution n°2, qui n’est pas sans poser de difficultés. Surtout si vous n’avez pas le profil type du candidat français idéal d’un point de vue académique (prépa parisienne, grande école de commerce / d’ingenieur ou un des très bon master 2 universitaire). Ce qui est largement mon cas : j’ai suivi mes études dans une école de commerce en province (loin du top 3 des meilleures écoles françaises qui ont la faveur des grandes banques).

Ah, et je n’ai pas non plus de parents banquiers et le réseau qui allait avec. En fait, mes parents n’ont pas fait d’études supérieures et j’ai décroché mon Baccalauréat scientifique dans un Lycée de province quelconque et j’ai donc intégré une école de commerce via un concours post-bac – je ne connaissais pas à l’époque l’importance que pouvait jouer une Prépa !

Stages à l’étranger (pour compenser)…

Pendant mes quatre premières années d’études, j’ai réalisé la majorité de mes stages à l’étranger (Europe et Asie) parfois en finance mais aussi en marketing et surtout dans des environnements corporate, pas bancaires. C’est au cours d’un stage en Asie, où j’ai rencontré un certain nombre de traders et de banquiers, que je me suis dit que ce secteur allait m’offrir beaucoup plus d’options pour mon avenir. Car j’ai l’idée à long terme de développer un projet entrepreneurial. Les aspects développement, stratégie, choix d’investissement et commercial que l’on retrouve fortement en banque d’investissement ont été des arguments essentiels dans mon choix d’orientation.

Ainsi dès mon retour en France, j’ai choisi une spécialisation dans ce domaine – un master en finance au sein de mon école lors de ma dernière année d’études. Cependant, je me suis rapidement rendu compte que mes possibilités étaient limitées, surtout lorsque j’ai fait mon premier stage chez BNP Paribas. C’était déjà quelque chose d’avoir décroché ce stage mais là j’ai vu que mon « profil école» ne collerait pas.

… Et une motivation à toute épreuve

Je n’étais toutefois pas prêt à baisser les bras. J’ai candidaté une première fois pour avoir un summer internship. En même temps, je postulais au Master Spécialisé Finance de l’ESCP Europe. Je n’ai eu aucun summer cette année là (avec tout de même un entretien téléphonique), mais j’ai décroché mon inscription au master de l’ESCP Europe.

L’année suivante – 2e tentative sans plus de préparation que l’année précédente pour un summer. Résultat nul. J’ai quand même réussi à être reçu à un entretien grâce à la « Target School » sur mon CV. Au cours de ce deuxième coup d’essai, j’ai réalisé qu’il y avait des techniques pour se faire remarquer. Lorsque vous avez plusieurs dizaines de milliers de candidatures pour quelques dizaines de places chaque année en stage dans une banque anglo-saxonne, vous devez faire en sorte que votre CV soit sur le haut de la pile. Comment ? En mettant en valeurs certaines expériences ou aspects de votre CV, en rencontrant les employés de la banque en question, en leur envoyant des emails… C’est ça qu’il me fallait apprendre et développer.

Stages techniques, réseautage, et training privé

En attendant la prochaine opportunité (une par an), j’ai réalisé un stage de 6 mois chez SocGen afin de compléter ma formation d’un point de vue technique. Les banques françaises ne recrutent pas mais elles vous forment, profitez-en !  Share on twitter SocGen est reconnue sur les marchés des dérivés et produits structurés. Une expérience chez eux allait être facile à « revendre » dans une banque américaine pour un poste de stagiaire.

Je me suis servi de ces expériences de stages et d’entretien pour développer mon réseau. J’ai ainsi été sélectionné pour participer aux évènements de recrutement que les banques organisent à Paris et Londres. Les RH sont toujours présentes et souvent des opérationnels des équipes qui vous intéressent y sont également. Ceci s’inscrivait donc dans ma stratégie pour atteindre mon objectif : débuter ma carrière à Londres via un summer.

J’ai assisté parallèlement l’été dernier à des séminaires de training privés spécialisés dans l’accompagnement des candidats pour entrer en banque d’investissement (tout le monde les connaît mais personne n’ose en parler !). Cela m’a aidé à combler mes lacunes au niveau de mes candidatures et de mes entretiens en me focalisant sur des questions spécifiques. J’ai pu également être mis en contact avec des personnes en poste chez Goldman Sachs, J.P. Morgan ou Merrill Lynch. Bref, un investissement vite rentabilisé puisque le coût d’un séminaire équivaut à la rémunération d’une semaine de stage en banque à la City !

Troisième tentative : la bonne, enfin !

A l’automne dernier – pour la 3e fois –  je suis passé par le processus de sélection des summer internships des grandes banques de la City. Une dizaine de candidatures dans des banques bien ciblées, autrement dit, une trentaine d’heures de candidatures en ligne. Si c’était à refaire, je doublerais ce nombre pour avoir plus d’opportunités. J’étais devenu un expert en candidature en ligne, test numérique, screening du CV et en entretien. Et le réseau que je me suis constitué pendant ces deux dernières années a également été utile, en faisant passer mon CV quand c’était possible en parallèle.

J’ai été convoqué par Merrill Lynch pour une journée marathon de sélection. J’ai eu toute la panoplie : tests, entretien de groupe, déjeuner avec les recruteurs, présentation individuelle et trois entretiens. Le lendemain matin, j’ai reçu un appel pour me dire qu’ils me faisaient une offre cet été pour 9 semaines de summer internship (offre acceptée et avec la ferme intention de décrocher un job dans la foulée) ! Bref, c’est fini…enfin…ça commence je veux dire !

* Le nom a été changé. 

commentaires (1)

Comments
  1. article interesant car je suis dans le meme cas.
    J’aurais cependant aimer savoir ce qu’étaient ces fameux “séminaires de training” destinés à accompagner les candidats ?

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