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L’exception Natixis

Et une banque d’investissement française de plus qui a surpris en fin de semaine dernière les analystes, en publiant des résultats de 522 millions d’euros au deuxième trimestre (contre un consensus à 374 millions d’euros !). Natixis a toujours eu et continue d’avoir une place à part dans le paysage bancaire français. Pour les employés du secteur, c’est une option à re-considérer. Voilà pourquoi:

1) Guérie de la crise

Après l’épreuve de la fusion et du choc des cultures entre ‘bleus’ et ‘rouges’, la banque de gros des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires semble s’être tirée à nouveau d’une mauvaise passe.

Se serait-elle définitivement remise de la crise ? C’est ce que l’on serait tenté de croire à la vue de ses résultats, dans le vert pour le 4ème trimestre consécutif (et après cinq trimestres consécutifs de pertes). Et très nettement, cette fois. Les résultats sont en hausse de 12% sur un trimestre, le coût du risque a diminué de 21% par rapport au trimestre précédent. L’essentiel des positions de dérivés complexes de crédit a été cédé, a précisé la banque dans son communiqué.

Confiante, la banque a même confirmé son objectif de PNB supérieur à 6 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année. BPCE, sa maison mère, est également prête à tourner la page puisqu’elle est en mesure de rembourser les 2,4 milliards d’euros qu’elle devait à l’Etat, et ce d’ici au 15 octobre.

2) Une BFI qui surperforme, y compris dans les dérivés actions !

Contrairement à la majorité des banques, y compris ses concurrentes françaises, Natixis a réussi à faire progresser sur ses revenus de BFI en un an, soit +14% et de 4% par rapport au 1T10. La baisse sur la division Taux, Change, Matières Premières et Trésorerie est limitée (-21% sur un trimestre, à 169 millions d’euros). Selon une étude de Nomura, les revenus des divisions FICC (fixed income currencies and commodities) des grandes banques d’investissement* ont baissé en moyenne de 44% sur un trimestre.

Surtout, les activités actions affichent une performance surprenante , selon Jean-Pierre Lambert de KBW. Les revenus enregistrent en effet une hausse de 58% par rapport au premier trimestre, et 15% sur un an (à 172 millions d’euros). Selon l’étude de Nomura, les revenus des divisions Equities sont respectivement en baisse de 32% et 38% en moyenne. La banque explique ces bons résultats par le doublement de la contribution de Corporate Solutions sur un trimestre et une bonne performance des dérivés.

A 327 millions d’euros, la BFI affiche enfin une très bonne performance des Financements structurés (+29% vs 2T09 et +16% vs 1T10), porté notamment par les financements de projets (+40% vs 1T10).

3) L’heure des embauches a (enfin) sonné

Natixis figure parmi les banques françaises à avoir le plus secoué son organisation et son management. Après quelques mois de chamboulements, la banque entame la finalisation de la réorganisation de la BFI. Parmi les grands changements achévés : la modification de l’organisation du Coverage et la mise en place d’une structure de suivi des clients et d’une nouvelle zone EMEA (hors France) au niveau du Corporate et des Institutions Financières.

Surtout, les contraintes liées au dernier plan social sont bientôt levées. On voit d’ailleurs des offres refaire surface sur le site de la banque.

Le plan social a très bien marché, beaucoup de personnes sont parties sur les marchés. De fait, la banque a besoin de reconstruire ses équipes. En raison du plan social, elle n’a pas pu le faire, mais à partir de septembre, elle compte bien embaucher à nouveau, nous a confié à chasseur qui a été récemment en contact avec la banque.

Le groupe vise une croissance des revenus de la BFI uniquement, rapporté au PNB, de 9% dans les 3 prochaines années. En début d’année, le projet stratégique du groupe sur 2010-2013 a spécifié que la BFI se concentrera sur les secteurs énergie et matières premières, les financements structurés, la clientèle des institutions financières, et le développement des activités en Asie.

4) Rémunérations… malheureusement pas de bonnes nouvelles en vue

C’est là que le bât blesse. Plus encore que les autres banques qui n’ont pas reçu les aides de l’Etat, Natixis est vigilante sur le respect des nouvelles règles de distribution des bonus. La dernière session 2010 a montré que les banquiers de Natixis sont le parent pauvre de la banque d’affaires en France. Le bonus moyen en cash pour 2010 s’est établi à 64K euros contre 96K chez SG et 125K chez BNP.

D’ailleurs, signe que les temps n’ont pas complètement changé, les charges sont toujours en baisse au sein de la BFI (de 2% sur le dernier trimestre). Ainsi, le résultat brut d’exploitation est de 49% au second trimestre, contre 52% au premier trimestre, alors que ce même coefficient atteint 55% chez SocGen et 63% chez BNPP.



*Le panel des banques inclut JPM, BAC, Citi, GS, MS, CS, UBS, DBK.

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