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Boostez votre carrière avec un CV percutant

“Gary Kasparov – meilleur joueur d’échecs du monde” ne fait qu’une ligne mais a peu de chances d’être écarté par mégarde. Le plus blasé des recruteurs se réveillera en lisant “Hank Paulson, directeur général de Goldman Sachs” et il lui pardonnera de ne pas avoir décrit plus précisément sa fonction ou ses hobbies.
Il faut aller droit au but. Pour sortir du lot et savoir quoi dire, beaucoup demandent conseil auprès d’experts. Autant demander à n’importe qui les numéros pour remplir sa grille de loto et empocher le jackpot !
Un site sur deux contient une section “Comment rédiger son CV” et Google vous dirige vers des centaines de pages offrant des trucs et astuces sur le sujet, bien souvent payants.
Toutefois dans le monde très spécialisé de l’industrie financière, il peut être rentable de consulter quelqu’un qui connaît bien le secteur.
Chris Church, une ancienne banquière aujourd’hui chasseur de tête à Londres pour Fairplace, un cabinet d’outplacement de la City, conseille ceux qui n’ont pas fait leur CV depuis des années soit parce qu’ils n’ont pas changé d’employeur soit parce qu’ils ont changé de travail grâce à leurs contacts. Selon elle, un résumé de sa carrière en haut du CV peut être payant. Il faut être concis, pas plus de 50 mots, indiquer ce que vous savez faire le mieux ou bien le nom de vos principaux employeurs et les périodes correspondantes.
Pour le corps du CV, on est assez libre. Les CV américains tiennent généralement sur une seule page, en Europe ils ont tendance à être plus longs. “le CV ne devrait pas dépasser deux pages mais en informatique ou en corporate finance, vous pouvez joindre une annexe qui détaille vos expériences. Dans des métiers techniques, ces détails peuvent faire la différence” affirme Church.
Les “bullet points” marchent bien selon elle. Ils économisent des mots et rendent inutile le “je” qui peut tendre à l’autosatisfaction. Ils épargnent au lecteur les affirmations du genre je suis loyal, méthodique et travailleur. Et ils guident le recruteur directement jusqu’au bas de la page précise Church.
Tout l’art du CV consiste à savoir se vendre de façon subtile. Pour Monima Siddique, chasseur de têtes chez City Analytics, “les hommes sont nuls en CV. Ils ne savent pas se mettre en valeur correctement. Les femmes sont bien meilleures, elles donnent des informations plus pertinentes.”
Les consultants en CV disent que mentionner ses centres d’intérêt est une perte de temps. Church n’est pas de cet avis et pense que savoir d’un candidat qu’il est, par exemple, supporter d’un club de foot peut le rendre plus humain.

Ce n’est pas le cas de tout le monde. Siddique se souvient d’un homme, analyste quantitatif, qui avait pour hobby les mathématiques récréatives. Vrai ou pas, cela ne laisse pas vraiment la place à une accroche légère en début d’entretien.
Paulson semble plus intéressant. Il est obsédé par les serpents et les tarentules ” écrit dans un article de Fortune, un reporter qui l’a rencontré dans la jungle.
Le bon CV en banque d’affaires pourrait peut-être alors se résumer à “Hank Paulson, directeur général de Goldman Sachs. Centres d’intérêts: serpents et tarentules.”
Les styles de CV peuvent varier d’un pays à l’autre en Europe malgré la mondialisation des activités bancaires. Ainsi Nicolas , un français qui travaille pour HSBC, mettrait sa photo sur son CV pour un emploi en France mais il sait que ça serait mal vu en Grande Bretagne.
Il est plus courant de mettre sa date de naissance en Allemagne et en France qu’en Grande Bretagne indique William Jutsum, consultant en ressources humaines chez Fairplace. Mais un candidat britannique peut aussi l’indiquer. De toutes façons, le recruteur va calculer votre âge à partir de votre date de naissance, pourquoi lui compliquer la tache relève Church.
Le CV doit être envoyé par email dans le cadre d’une candidature spontanée préconise Church. Il peut être facilement effacé mais il a aussi moins de chance d’être perdu et il peut être facilement transféré au sein de l’entreprise. Il doit être accompagné d’une lettre de motivation, rédigée avec autant de soin que s’il s’agissait d’une lettre manuscrite. Pour une candidature spontanée, un court paragraphe peut suffire.
Bon nombre de banques préfèrent que le CV soit posté sur leur site qui contient souvent un formulaire à compléter dans un espace limité et parfois selon des modalités de saisie pour le moins originales !
Ainsi, Merrill Lynch demande une description de vos compétences métiers en 512 caractères maximum, puis de vos compétences techniques toujours en 512 caractères maxi. Penser en termes de caractères plutôt qu’en mots est en soi une compétence technique !
Merrill vous demande ensuite vos objectifs de carrière sans spécifier de taille limite. Mais quand on a fini de remplir avec enthousiasme cette rubrique, un pop up apparaît pour nous gronder d’avoir utilisé plus de 50 caractères. Ça ne laisse pas beaucoup de marge pour écrire autre chose que “Gagner le plus d’argent possible et m’amuser’.
Ce que Merrill cherche en imposant un tel format n’est pas très clair. Ce qui est certain, c’est que six semaines après avoir rempli ces rubriques, le candidat attend toujours que le téléphone sonne.

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