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Chez les avocats d’affaires, big n’est plus synonyme de beautiful

Le recrutement redémarre mais les profils rajeunissent et une très grande exigence est placée du côté de la formation. Recul du nombre de deals, séparation des métiers du conseil de ceux de l’audit, multiplication des petits cabinets indépendants, arrivée de nouveaux concurrents américains : le marché français du droit est en pleine mutation.

En trois ans, licenciements, démissions forcées et plans de départs volontaires se sont multipliés au sein des cabinets rois du conseil juridique français, les fameux big , en particulier chez Landwell (PricewaterhouseCoopers), EY Law (Ernst & Young) et Deloitte et Touche J&F.

En cause bien sûr, la baisse du nombre d’opérations financières, mais aussi la loi de sécurité financière inspirée du fameux Sarbanes Oxley Act aux Etats-Unis. En interdisant à un cabinet d’offrir simultanément à un même client des prestations d’audit et de conseil, cette nouvelle législation a fait perdre beaucoup de contrats à ces temples du droit.

Mais attention, les big n’ont peut-être pas dit leur dernier mot. Après s’être séparés de plusieurs centaines d’avocats, ils pourraient bientôt se remettre à embaucher grâce à une légère amélioration de la conjoncture.

Les cabinets d’avocats internationaux se sont mieux sortis de la période de vaches maigres des trois dernières années. Les plus connus, comme Simmons & Simmons, Clifford Chance, UGGC ou encore Baker & McKenzie, ont tout au moins réussi à stabiliser leur activité et pu garder un bon rythme de croisière. Parallèlement, une nouvelle génération de cabinets américains a jeté récemment l’encre en France, attirée par de nouvelles opportunités, à l’image de Paul Hastings, Orrick ou encore Latham et Walkins.

Plus flexibles que les big , les réseaux de taille plus réduite ont eux aussi mieux tenu le coup. Ainsi, le cabinet Allen & Overy a recruté une dizaine de collaborateurs depuis le début de l’année. Cette année, nous recherchons plutôt des profils juniors avec 2-3 ans d’expérience, explique Nicolas Bichot, avocat associé. Cela fait partie du rajeunissement des équipes car nos collaborateurs les plus anciens ont dix ans d’ancienneté.

La vague de départs des big n’a pas été perdue pour tout le monde. Elle a donné l’occasion à de nombreux associés de grands cabinets de lancer leurs propres structures. Ainsi, Philippe Nègre et Dominique Solé ont quitté Landwell pour monter en mars leur propre structure de conseil, NS2A. Au départ, nous étions cinq, rapporte Philippe Nègre. Aujourd’hui nous sommes déjà une dizaine d’avocats seniors, tous d’anciens membres de cabinets internationaux. Le mois prochain, nous rejoindront deux autres avocats, une ancienne de chez Landwell spécialisée en droit social et un juriste spécialiste des fusions-acquisitions.

Ce qui motive les avocats des grands cabinets à rejoindre les petits cabinets en création ? Le modèle, le challenge , avance Philippe Nègre. Mais surtout les perspectives en terme d’évolution de carrière : Des collaborateurs qui entrent chez nous avec 5 ou 6 ans d’expérience peuvent devenir associés au bout de 2 ans au lieu de 10 ans dans un big four souligne l’ancien associé de Landwell.

NS2A compte également embaucher des juniors, mais pas avant l’année prochaine : On a les piliers, il nous faut maintenant des jeunes dans les domaines du contentieux commercial et de l’arbitrage, de la propriété intellectuelle et des médias, du droit de la distribution. Les profils recherchés sont issus d’école ou avec 2 ans d’expérience et une double formation (science-po/droit-ESC ou Dauphine-doctorat).

La tendance au rajeunissement des équipes se généralise. Globalement, les cabinets d’avocats recherchent aujourd’hui plus de profils juniors, souligne Dominique Baud-Bertrand, directrice du cabinet de recrutement FutureSteps. Mais les candidats doivent avoir une approche à la fois juridique et financière, plutôt que simplement technique . Dès lors, la demande est beaucoup plus exigeante en terme de diplômes. Une double, voire une triple formation est appréciée. Le must : une formation en droit couplée avec un troisième cycle en grande école de commerce.

Les cabinets sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à se rendre directement à HEC ou à l’Essec pour accroître leur notoriété, en participant à des rencontres ou forums étudiants. Le droit est de plus en plus considéré comme un métier de l’entreprise et les filières mises en place dans les grandes écoles de commerce sont très cotées précise Anne-Sophie Saulnier, responsable du recrutement de collaborateurs chez Allen & Overy.

Très recherchés également, les éléments internationaux, avec une formation à l’étranger : LLM aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, job fair de Bruges pour le droit de la concurrence. L’expatriation est devenue signe d’ouverture dans les cabinets d’avocats, en particulier dans les réseaux internationaux dont la langue de travail est l’anglais.

Enfin, il est bon de savoir que le métier d’avocat d’affaires ne se pratique pas qu’à Paris. Bien que la part des avocats parisiens augmente chaque année de plus de 5%, les cabinets de conseil de province constituent toujours plus de 60% de l’effectif des avocats français.

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