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La règle d’or du banquier junior : ne jamais brûler les étapes !

Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

2014 aura été une bonne année pour les banquiers juniors : du travail à la pelle et des talents plus difficiles à attirer vers le secteur ont placé les jeunes recrues dans une position bien plus favorable pour négocier. Ils ont vu leurs salaires grimper, ont bénéficié d’une interdiction de travailler les week-ends et ont eu la possibilité de débuter leur carrière à un échelon plus élevé que de coutume. Mais si les hausses de salaire et les week-ends à la maison sont plutôt une bonne chose, les recruteurs tirent la sonnette d’alarme sur le fait que ceux qui ne commencent pas au bas de l’échelle courent plus de risques… de ne jamais atteindre le haut de l’échelle !

« Nous commençons à voir des établissements embaucher des financiers fraichement diplômés au rang d’associate 1ère année, au lieu de les faire commencer à des postes d’analystes de niveau 2 ou 3, observe Andy Pringle, directeur du cabinet de recrutement Circle Square Consulting. Si vous êtes candidat, la démarche peut s’avérer dangereuse – ce genre de phénomène se produit généralement lorsque le marché est au top, mais au prochain crash, les banquiers entrés directement comme associates sont les premiers à se retrouver sur la touche. »

Les analystes constituent la base de la banque d’investissement. Recrutés directement en fin d’études, ils passent trois ans à triturer les chiffres, élaborer des modèles financiers et préparer des présentations PowerPoint avant d’obtenir leur promotion au rang d’associate. Les associates aussi triturent les chiffres et préparent des PowerPoint, mais leur véritable rôle consiste à gérer les analystes. Les banquiers qui ne sont pas passés par la case « analyste » sont fragilisés d’emblée Share on twitter.

« Si vous n’êtes pas passé au moins par un poste d’analyste de niveau 3, il vous manquera la compétence essentielle de la modélisation, poursuit Andy Pringle. Et sans cette compétence, c’est votre crédibilité et votre utilité dans l’organisation qui risquent d’être mis en question ». Si ce type de situation est sans conséquence quand les marchés tournent à plein régime, elle peut devenir très risquée en période de restrictions budgétaires et de coupes d’effectifs. « Les banques gardent alors ceux qui ont gravi consciencieusement les échelons et qui peuvent occuper avec la même efficacité des postes d’analystes, d’associates ou de VP », assure le chasseur de têtes.

Les recruteurs indiquent que les diplômés de MBA qui intègrent une banque d’investissement directement au rang d’associates, sans passer par un poste d’analyste, sont tout aussi vulnérables, pour les mêmes raisons. « Les titulaires de MBA embauchés sont aussi les premiers à partir en cas de réductions d’effectifs », précise le directeur d’un cabinet de recrutement en banque d’investissement s’exprimant sous couvert d’anonymat. Les banques ont besoin d’employés capables de jouer avec les chiffres et de procéder à des valorisations. Les titulaires de MBA touchent aux chiffres durant leur formation, mais ils n’arrivent pas à la cheville d’un analyste qui a passé trois ans à élaborer des modèles financiers jour après jour ».

Heather Katsonga-Woodward, ancienne analyste en M&A chez Goldman Sachs, est aussi l’auteur d’un ouvrage fournissant quelques pistes pour entrer dans le secteur. Elle reconnait que les compétences en modélisation des titulaires de MBA sont souvent limitées : « Les associates sont censés vous aider sur certaines modélisations à intégrer aux présentations, mais si leur expérience en la matière se résume à celle du MBA, ils manquent d’assurance et dépendent beaucoup trop de vous », nous confiait-elle l’été dernier.

Si vous voulez que votre carrière en M&A ou IBD (Investment Banking Division) perdure au-delà des périodes fastes des marchés, ne brûlez pas les étapes. Ne négligez aucun stade de la carrière d’analyste et résistez au chant des sirènes – ne vous laissez pas séduire par une banque qui vous propose un titre bien ronflant. Share on twitter Elles ne font que céder à la panique face au manque de candidats. « Même les banques de 2e et 3e rang ont été pillées et beaucoup de leur juniors déjà débauchés », indique un recruteur. Si une banque vous propose un poste d’associate alors que vous n’avez aucune expérience en modélisation, c’est juste qu’elle est aux abois. Mais la situation peut toujours évoluer. »

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