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Les chasseurs ont consulté leur boule de cristal pour 2010

Nous avons déjà succombé à la tentation de prédire l’avenir et nous vous avons soumis quelques suggestions sur les secteurs qui pourraient faire la Une en 2010 pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Cette fois, nous avons demandé à des chasseurs seniors de nous livrer, en trois points, leur sentiment sur ce que la nouvelle année vous réservera. Voici leurs conclusions.

Béatrice Andurand, associé, cabinet Hoffmann & Baretti

– L’année à l’international sera celle des pays du Golfe (hors Dubaï où une inauguration de tour ne cachera pas longtemps d’autres problèmes d’insolvabilité) qui origine l’argent, encore de la Chine, qui dynamise sa consommation intérieure, mais aussi de l’Amérique du Sud, marché prometteur.

– Travailler dans la finance continuera à être très rémunérateur, mais attention, si votre idée est de trouver une nouvelle petite amie ou un mari, dites plutôt que vous travaillez dans le ferroviaire ou l’énergie, ou mieux, dans le développement durable, dont l’image est incontestablement plus porteuse et l’activité pérenne.

– Enfin les valeurs sûres vont vraiment vaciller et beaucoup d’entreprises sont à la recherche du nouveau business model qui assurera leur pérennité. Le low-cost, l’éphémère et la souplesse seront plus que jamais nécessaires en 2010 pour rebondir. Donc soyez imaginatif.

Marc Lamy, PDG et managing director, Boyden France

– Le secteur des Assurances ( Liabilities and Asset Management) est en pleine expansion et affiche des résultats records. Les rémunérations et les bonus flambent.

– Les M&A spécialement dans les financial institutions affichent des résultats records et recrutent à nouveau mais surtout des seniors confirmés. Pendant ce temps, les fonds de Private Equity commencent à renaitre lentement de leurs cendres, les banques ayant réouvert petit à petit le robinet des financements de LBO.

– Zurich devient la première place financière d’Europe en attirant les meilleurs traders qui reçoivent les bonus les plus élevés d’Europe.

Xavier Logeais, partner, NESS (New Executive Search Solution)

– 2010, année amnésique ? Le moral, les projets, les revenus des BFI sont indexés sur le niveau et l’évolution du CAC… après plusieurs mois de hausse spectaculaire, il s’est symboliquement installé au dessus de 4000 pts. S’il ne flanche pas, c’est le retour vers le business as usual garanti pour le secteur !

– Un grand appétit de changement chez les candidats : les candidats profiteront de la moindre embellie pour changer de décor et de collègues, trop contents d’oublier les têtes qui leur rappelleront le cauchemar de la crise.

– 2010 sera une année sucré salé : Ceux qui ont connu de grosses difficultés résultant de la crise, suite notamment à des restructurations, toujours en cours, ne sont pas sortis d’affaire. A l’autre bout du spectre, les plus agiles et ceux qui sauront passer à l’offensive bénéficieront de leur audace. En cela, 2010 sera une année discriminante, où l’écart se creusera entre les gagnants et les perdants.

Etienne Maillard, associé gérant, THEMIS Executive

– 2010 sera une année de transition pour de nombreux acteurs dont l’activité a sensiblement reculé en 2009 comme les banquiers conseil en M&A, les fonds LBO, les équipes de financements d’acquisition notamment mais également pour ceux qui ont surperformé en 2009 comme les acteurs du restructuring.

– Nous anticipons une année prospère pour l’Export & Trade Finance, les commodities, les équipes ECM, les acteurs en Projets et Infrastructures.

– 2010 sera une année d’opportunités à saisir aussi bien en termes de deals que d’évolution de carrière. Les réorganisations fonctionnelles, opérationnelles et structurelles des industries et secteurs touchés par la crise vont générés de vraies opportunités de carrières pour ceux qui seront les saisir.

Denis Marcadet, président et fondateur, Vendôme Associés

– Grandeurs et servitudes du chasseur de tête. Plus que jamais, vu les difficultés à appréhender et à convaincre les meilleurs , le sur -mesure est requis.

– Crise, réglementations, crise….la roue tourne. Aujourd’hui, de nouvelles règles se mettent en place mais, à nouveau, on retrouve beaucoup d’appétit : business is back, but not as usual !

– Le cocktail financier de l’année : une dose obligataire, assaisonné d’un zeste de sous-jacent sans exotisme, d’un zest de structuration, de quelques pincées d’equities marché euros et émergents, une bonne rasade d’agressivité commerciale et du risque à gogo ! Digeste et anti gueule de bois.

Eric Singer, fondateur, Singer & Hamilton

– Une distorsion salariale entre BFI françaises et BFI anglo-saxonnes croissante : Les banques anglo-saxonnes ont augmenté de 50% leur grille de rémunération fixe au 2ème semestre 2009 et au 1er trimestre 2010. Le salaire d’un MD atteint €300.000 alors que celui de son collègue français s’élève à €180.000 (front office /BFI). Cette distorsion salariale sera renforcée par le niveau des rémunérations variables structurellement plus élevé chez les anglo-saxons. Un MD M&A dans un établissement français aura un bonus d’environ €400/500.000 alors que son collègue anglo-saxon se situera au-delà de $1M.

– Une pénurie de dirigeants : le marché français des cadres dans le secteur financiers (banque, assurances, immobilier) souffre d’un surplus de spécialistes et d’un manque chronique de dirigeants-leaders à profil international.

– Fragilité sociale : L’Europe et la France seront confrontées à un chômage croissant ou au mieux stable. En France, le taux de chômage des jeunes est deux fois plus important que la moyenne. Les jeunes diplômés sont particulièrement touchés. Parallèlement, les actifs ressentent une perte de pouvoir d’achat, en dépit d’une très faible progression des salaires. Dans un tel contexte, l’ensemble des populations concernées, dont les 380.000 salariés du secteur bancaire, pourraient créer de fortes tensions sociales.

commentaires (5)

Comments
  1. Fine, if there is a real lack of international leaders in French banking, insurance and real estate, what are the qualities you are looking for? Having spent ten year outside my country, I do find anglo-saxon people much more open-minded, they believe very much in transferability skills & aptitudes; Anglo-saxon consultants are very professionnal & try to make the most of candidate interaction, everything seems to be possible. the idea is to create added value!!! You can leran & improve yes you can!!Those kind of concepts and ideas have never really been accepted in France. Will it change one day? I am an optimistic but a bit skeptical about this!!

  2. I totally agree with you Pascal and, like you, hope it will change one day.

  3. Et oui en France la règle est devenue depuis dix ans de faire payer le client en rallongeant au maximum les délais des livrables et tous les cabinets ou SSII pratiquent ce genre de méthode de travail. La qualité est une notion ridicule aujourd’hui ce qu’il faut c’est de garder le plus longtemps possible une mission, quitte à perdre toute notion de qualité, raison pour laquelle j’ai changé de métier et je retourne travailler à l’étranger.

  4. >Pacal Aumont et ktalbot
    Et pourquoi réagissez-vous en anglais ?

  5. Parcequ l’anglais est LA langue internationnal…et non le français.

    D’ailleurs, l’égocentrisme propre à la France explique pourquoi les diplômés français sont les plus médiocre en langue étrangère mais bon, il suffit de voir l’enseignement des langues en France pour vite comprendre pourquoi.

    Si vous savez parler anglais, vous pouvez vivre et travailler dans n’importe quel pays, si vous ne parler que le français alors il faut mettre une croix sur l’internationnal.

    Même en France, les offres d’emploi exige un anglais impéccable

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