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Journal d’une jeune diplômée en recherche de premier emploi (première partie)

Me lever, allumer mon ordinateur, consulter mes e-mails, répondre aux nouvelles offres puis passer quelques coups de téléphone aux banques et institutions financières que j’ai déjà contactées par courrier : voilà mon programme quasi quotidien depuis maintenant presque 6 mois. Après un troisième cycle de finance, j’ai décidé il y a maintenant trois ans de quitter la grisaille parisienne pour rejoindre la Côte d’Azur où je suis née afin d’y faire une thèse dans le but inavoué d’enseigner. Deux ans plus tard et quelques centaines de pages de recherche accumulées, il n’en était déjà plus du tout question (avis aux repreneurs : thèse inachevée à céder !).

Je donnais des cours en école de commerce tout en menant mes recherches lorsqu’un de mes contacts professionnels m’a proposée en octobre 2004 un stage en gestion de fonds dans la région. Il s’agissait pour moi d’aider des praticiens à rationaliser leur méthode d’investissement. Cette expérience tombait à pic dans la mesure où je sentais que je n’avançais plus ni dans la recherche, ni dans l’enseignement et que je devais renforcer ma pratique. Ces sept mois d’activité au sein de cette petite équipe de professionnels de haut niveau m’ont confortée dans l’idée qu’il était temps pour moi de chercher un premier emploi. Ils étaient intéressés par mon profil mais n’avaient pas la possibilité de créer un poste alors même qu’ils étaient en sous-effectif.

J’ai donc commencé par contacter spontanément les quelques grandes institutions financières qui m’intéressaient entre Marseille et Monaco sur tous les postes susceptibles de m’offrir une évolution : gestion de fonds, salle de marché, commercial… Le résultat s’est montré peu concluant : deux entretiens sur une vingtaine de candidatures. L’un d’entre eux m’a fait patienter de juin à septembre me promettant un poste (en salle des marchés sur le desk change) pour finalement pourvoir le poste en interne. Je me suis peu à peu résolue à utiliser mon réseau de contacts professionnels. Là encore : peu de résultats.

Je ne prends pas ces refus personnellement : la région est pauvre en offres (une offre en finance pour 10 offres de commercial de type attaché de clientèle) et mon profil est rarement en adéquation avec le poste. Je suis parfois trop junior ou souvent trop diplômée. La pénurie d’offres ne permet pas aux employeurs de prendre des risques en embauchant une personne ne correspondant pas exactement à la description de poste. Beaucoup sont frileux et ne veulent pas d’un cursus comme le mien qui est loin d’être formaté.

Depuis septembre, j’ai recommencé à envoyer des candidatures: je réponds aux offres de journaux, d’eFinancialCareers, de l’ANPE et de l’APEC, j’appelle mes contacts personnels, je contacte les recruteurs… L’idéal serait de trouver un premier emploi en banque privée ou en gestion d’actifs. A la différence de l’année dernière, j’ai rationalisé ma recherche : je ne commets plus les mêmes erreurs et j’applique ces quelques règles d’or :

Regarder les offres tous les jours : cela me permet d’être réactive, de prouver à l’employeur que je ne suis pas dilettante et de ne pas perdre de temps à répondre à des offres déjà pourvues.

Ne pas envoyer de CV pour des postes qui ne me correspondent pas. D’expérience, il s’agit d’une perte de temps et d’énergie qui n’aboutit pas.

Préparer chaque candidature soigneusement. J’essaie de faire un discours cohérent en adéquation avec l’offre au lieu d’envoyer une cinquantaine de candidatures standard .

Limiter mon temps de recherche quotidien à quelques heures. Rien de plus déprimant que de passer 12 heures par jour devant son écran d’ordinateur ! Je sélectionne les offres qui m’intéressent et j’y réponds dans la foulée afin de garder du temps pour faire du sport, donner mes cours et maintenir une vie sociale très active.

Essayer d’avoir des retours de la part des recruteurs. Lorsque je reçois une réponse négative, je cherche à savoir pourquoi : savoir s’ils cherchent un profil plus expérimenté ou plus complet afin de réorienter ma recherche si nécessaire.

Etendre sa recherche géographiquement. J’ai compris qu’il était difficile de tout avoir : le poste de ses rêves dans la région de son choix. Je préfère étendre ma recherche à Londres, Paris et l’étranger (un VIE serait parfait) pour me donner plus d’opportunités.

Ne pas hésiter à contacter son réseau de relations professionnelles et personnelles. Je suis aujourd’hui convaincue que c’est un excellent moyen pour obtenir une proposition.

Ne pas attendre une réponse négative avant de continuer à chercher. Les recruteurs ont la fâcheuse tendance (et c’est particulièrement vrai dans le sud) de repousser le moment de la décision. Vous m’intéressez beaucoup, je vous rappelle le mois prochain pour vous confirmer . Plus question pour moi d’attendre car on peut passer à côté d’offres intéressantes.

La recherche d’un emploi n’est pas une période facile à vivre. Le plus difficile pour moi est d’avoir l’impression que je ne correspond jamais au poste et qu’aucun employeur ne me donnera la possibilité de montrer ce que je sais faire. Je ne me décourage pas pour autant et je garde à l’esprit qu’il me reste la solution utilisée par José Garcia dans le Couperet !

commentaires (9)

Comments
  1. Si la capacité de créer un poste était le seul motif pour lequel Marie n’a pu être recrutée au sein de l’entreprise dans laquelle elle a effectué son stage de 6 mois, je peux penser que cet obstacle aurait pu être levé en sollicitant l’aide des acteurs comme l’Etat (contrats aidés) ou la région (exemple du contrat ARPEGE pour la Bourgogne ou ARDAN).

    Bon courage et respectez les principes de travail que vous vous ête fixés. Ils sont pertinents.

  2. Je vous encourage à persister dans ce parcours clairement établi. Mathématiquement, vous allez retrouver. Une organisation stricte et l’interaction avec les autres provoquent une émulation saine et vertueuse vers l’emploi. Sans oublier comme vous le faites une vie sociale à entretenir – Maxime personnelle à retenir :
    Les “inactifs” se recrutent parmis les actifs.

  3. Lire le bouquin de porot:
    “Comment Trouver une Situation”: conseils,methodologie,
    exercices, applications.
    l’Anpe proposait des cercles recherche d’emploi (un mois
    de recherche intensive), cet outil a disparu.

  4. PROPOSER LE CONTRAT INITIATIVE EMPLOI PERMET A L ENTREPRISE DE BENEFICIER D UNE PRIME ET D UNE EXO.
    OUVERT POUR TOUTES LES FEMMES IL SUFFIT A L ENTREPRISE DE
    PRENDRE CONTACT AVEC SON ANPE.

  5. Ma fille a 23 ans, elle termine un master de finances ESSEC. Elle est aussi titulaire d’une Maîtrise de finances (IUP Finances), elle est en stage à la BNPParibas. Elle n’a jamais eu de difficulté pour trouver un stage ni un emploi dans une banque en IDF. Elle a travaillé à la Société Générale, Banque Populaire, Banque de France. Je lui communique cet article, elle enverra des conseils et ses recettes à Marie pour vendre ses services et lui dire comment elle réussit toujours à obtenir soit l’emploi soit le stage désiré.
    Bon courage, perceverez.
    Nadine LAMY ANPE 95

  6. Dans la foulée de Mme Lamy, j’aimerais ajouter que la réussite d’un candidat dan sses recherches de stage / premier emploi dépend très fortement de son profil (60%) mais aussi de ses contacts (40%). Ainsi il n’est pas rare de trouver une personne ayant un très bon profil (thèse en finance) et échouer dans ses recherches lorsque celle ci n’a pas “le ” relationnel.
    Cela dit, je suis moi meme en année de césure, suite à une MSG Dauphine et si j’ai à proprement parler “galérer” pour trouver un premier stage correspondant un tant soit peu à mes attentes , le second stage en tant qu’assistant trader est arrivé plus facilemetn après une première expérience. Il se crée ainsi un cercle vertueux après un premier stage réussi. Recherchant un troisième stage (1 an et demi de césure …) j’ai la joie de voir qu’encore plus d’entreprises sont intéressées par mon profil. Aussi à Marie je dirais qu’elle est sans nulle doute dans la bonne voie et que ses recherches ne sauraient tarder à aboutir.

  7. Bonjour Marie,

    Je me trouve dans la meme situation que toi. Je partage ton point de vue.
    J’ai 24 ans et je suis titulaire d’un diplome d’ingenieur en Gestion de Production et cela fait plus de 6 mois que je cherche un emploi.

    Comme toi, j’ai fait de nombreuses démarches au sein de l’ANPE, APEC et autres agences . .mais également les salons de recrutement. Toutes mes candidatures ont aboutis à des réponses négatives.
    Je consulte également quotidiennement les annonces sur Internet & journaux et j’y répond. J’habite pourtant prés de la région parisienne ” berceau de l’emploi”.
    La plupart des refus des differentes entreprises sont dus à mon soi-disant manque d’expérience. Le stage pour les entreprises n’est pas considéré comme de l’expérience professionelle meme si celui ci a duré 2 fois 6 mois.

    Je ne m’etonne donc plus pourquoi beaucoup de jeunes diplomés partent à l’étranger car on ne leur donne pas leur chance en France. Les postes existent mais on nous les propose pas.
    On priviligie un bac+2 avec 3 ans d’expérience plutot qu’un BAC+5 sorti d’école , meme si le bac+2 a cotisé pendant 3 ans alors que le Bac+5 a “galéré “pendant ses 3 années à l’école.
    Au final, le Bac+5 n’a aucune ressource : pas d’emploi; pas d’expérience et pas d’aide de l’état.

    C’est la réalité d’aujourd’hui. Soit tu connais quelqu’un qui te “pistonne” et tu t”en sort ; soit tu dors sous les ponts avec ton BAC+5.

    La France , c’est le pays de légalité des chances mais pas pour nous.

    Bon courage dans tes recherches.

  8. Il est vrai qu’en France, l’égalité des chances se trouvent a l’entrée en école. Par la suite, chaque diplome n’a absolument pas la meme valeur, et dans le domaine financier, un diplome d’ingenieur ou de grande école de commerce vaudra toujours mieux que celui d’une fac, selection oblige.
    Le seul conseil que je peux te donner est de t’expatrier au royaume uni où on prend en compte tes capacités a travailler plutot que simplement le cursus que tu as suivi.Bonne continuation.

  9. reponse d’une grande agence de recrutement en france: “votre candidature n’a pas abouti car votre profil ne correspond pas”.

    Réponse de ma part: un diplome de commerce completé dun master de grande ecole, 2experience à l’etranger notament du secteur etc etc ne suffisent pas à 1 entretien?

    Réponse de l’agence: “je ne remet pas en cause votre formation mais mon client a bien specifié certaines écoles”.

    Le marche de l’emploi en France est sectaire, élitiste, et peu équitable. Certes le diplome n’est pas tout, mais il est LA porte d’entrée.

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