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Ouverture de la saison des migrations post-bonus : bougera, bougera pas ?

C’est une période propice aux départs, où les compteurs sont remis à zéro. Après la distribution des bonus, les mois d’avril et mai marquent le début des grandes migrations dans le secteur financier.

A l’orée d’une reprise annoncée, candidats et recruteurs sont dans les starting blocks, après deux ans de vaches maigres.

Les bonus sont en nette hausse par rapport à l’an passé, mais ils ne sont pas à la hauteur des attentes, compte tenu notamment des polémiques sur les montants distribués dans les salles de marché, explique Laurent Chabannais, fondateur du cabinet Solusearch, selon qui 50% des professionnels aspirent à changer d’établissement en raison d’une grande frustration accumulée pendant les dernières années.

Déception et frustration

L’ensemble des cabinets de chasse contactés témoignent de mauvais retours sur les bonus. Odile Couvert, fondatrice et managing partner du cabinet de chasse spécialisé Amadeo Executive Search dit avoir reçu beaucoup d’appels:Il y a clairement une certaine forme de déception surtout du côté des banques d’investissement françaises. On ne parle pas là de quelques stars mais du gros des troupes. Sur les marchés des taux notamment, qui ont enregistré des résultats record, les professionnels s’attendaient à beaucoup mieux.

Se plaindre est un exercice coutumier, presque obligé, des floors bancaires. Quitter le navire est une autre histoire. Certains évoquent une certaine résignation, comme s’il on avait intégré l’idée qu’on ne pourrait pas revenir à des niveaux de bonus d’avant-crise.

Attendre 2011 ?

La crise a aussi laissé des traces : une certaine frilosité liée au souvenir encore vivace des plans sociaux. 2010 apparaît comme une année charnière:on ne licencie plus, mais on ne recrute pas encore franchement. Du coup, à part les stars ou les personnes avec un track record conséquent, les professionnels préfèrent se projeter sur 2011, témoigne Bruno Sahok, président du Club des Jeunes Financiers.

Toutefois, tout le monde est à l’affût des opportunités, des établissements qui ont le vent en poupe, et des marchés porteurs. Mais comment ne pas voir dans les commodities, en vogue aujourd’hui, une nouvelle bulle spéculative, qui éclatera demain ? La difficulté aujourd’hui, c’est qu’il est difficile de se positionner. Avant, les candidats pouvaient jouer la carte de leur expertise “produit” (dérivés actions, crédits structurés…). Aujourd’hui, on s’intéresse plus à des zones, des secteurs que des produits en tant que tels, poursuit Bruno Sahok.

Partir, mais où ?

En outre, le jeu des chaises musicales à Paris est limité en raison de l’étroitesse du marché parisien et d’équipes surstaffées. Autrement dit, pour les professionnels du front-office, changer de job implique souvent un départ à l’étranger, explique Laurent Chabannais.

Bien que les missions de recrutements se multiplient, rares sont les cabinets à tenir un discours ouvertement optimistes. Même à Londres, les grandes banques internationales ne recrutent pas encore de façon massive. Il s’agit encore beaucoup d’effets d’annonce, commente un autre chasseur.

Pour autant, des mouvements ont bien lieu, notamment en banque d’affaires. Selon un chasseur, il y aurait eu des départs de chez Lazard et Rothschild vers des fonds d’investissement tels que Carlyle, BC Partners ou vers Blackstone Financial Advisory. Des banques, tels SG ou encore Deutsche Bank, recrutent également en M&A.

L’argent n’est pas le moteur

Il y a clairement un effet timing, un mercato post-bonus plus qu’une véritable reprise, constate Etienne Maillard, associé gérant du cabinet de chasse THEMIS Executive. Pour lui, des opportunités professionnelles, de carrière dictent ces mouvements, mais non des questions d’argent.

Les mouvements sont souvent neutres en terme financier avec l’objectif de ne pas pénaliser les professionnels qui bougent. Il peut y avoir ainsi des rachats de bonus différés ou des swaps d’actions non encore vestées. Les professionnels mobiles recherchent avant tout un établissement plus dynamique, plus fort, mieux positionné après la crise, avec plus de perspectives et opportunités de carrière, conclut-il.

commentaires (1)

Comments
  1. “a la recherche du bonus disparu”
    un bon titre pour un film de serie B tourne dans une banque francaise quelconque

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