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Tout ce que le marché suisse de l’emploi en finance a à offrir en 2015

Swiss thumb up

Des chasseurs de têtes suisses ont accepté de regarder dans leur boule de cristal et de donner leurs prédictions pour le marché de l’emploi en Finance à Genève et à Zurich. Si une forte reprise des recrutements a été d’emblée écartée, des opportunités demeurent et se développent dans certains métiers et sur certaines fonctions. Voici les principales pistes à suivre pour les dénicher :

Dans la gestion les spécialistes convoités

« Nous voyons une demande soutenue pour les profils experts », explique Thomas Bossard  du cabinet de chasse Bianchi & Partner, spécialiste de la gestion d’actifs à Zurich. Beaucoup de gestionnaires d’actifs sont enclins à étendre leur gamme de produits : lancer de nouveaux fonds, de nouveaux produits, de nouveaux thèmes d’investissement sur de nouveaux marchés, en employant de nouvelles méthodes. Pour cela, des profils spécialistes intéressent potentiellement toutes les équipes : de la gestion à la vente en passant par la recherche et la distribution des produits. Et les recherches ne se limitent pas à la Suisse, assure Thomas Bossard, qui chasse les talents ailleurs, notamment à Londres.

De son côté, Stephan Surber du cabinet Page Executive prévoit de renforcer l’équipe dédiée à ce secteur en 2015. « Ce sont plutôt les petites boutiques avec des produits porteurs qui se renforceront », prédit-il, en particulier sur la vente auprès des institutionnels. À Genève, le marché de l’emploi dans ce secteur est plus restreint néanmoins toutes les maisons européennes et américaines y disposent d’un bureau (Amundi, AXA, Fidelity, Aberdeen, Capital International, Shroeders, Carmignac, Fidelity…). Associé au sein du cabinet de chasse international Odgers Berndtson en Suisse, Guy de Brabois s’attend à une bonne dynamique dans ces bureaux sur des postes de vendeurs institutionnels, auprès des fonds de pension mais aussi des tiers-gérants (gérants indépendants).

La Suisse bénéficiera aussi du regain d’activités en corporate banking

La vague d’activités en corporate banking a gagné la Suisse Share on twitter. L’annonce par Commerzbank du développement d’une division dédiée aux services bancaires aux entreprises en Suisse et la création de 100 emplois en est la meilleure illustration. « Nous avons généré sur le marché suisse beaucoup plus de mandats ces derniers mois », témoigne Chris Lawson du cabinet de chasse Selby Jennings à Zurich. Ce chasseur se montre confiant pour la première moitié de 2015 avec des établissements étrangers et de taille moyenne susceptibles de se développer notamment sur le marché des PME suisses.

En outre, l’activité sur le marché est telle que les mobilités créent régulièrement des fenêtres d’opportunités. BNP Paribas, Deutsche Bank et HSBC se montrent particulièrement actives en Europe et sont en capacité d’aider les entreprises suisses à se développer à l’international. Les spécialistes du trade & commodity finance sont les experts les plus en vogue. Si la demande restera solide à Zurich l’an prochain, elle se concentrera plutôt sur des postes de front office et notamment des spécialistes du marché des changes et du crédit, anticipe Stephan Surber de Page Excutive.

Genève pourrait également offrir des opportunités nouvelles pour les banquiers d’investissement Share on twitter. « Face aux mutations en cours dans le private banking, les acteurs du secteur cherchent à proposer une nouvelle offre de services de banque commerciale à leur client (financement, trade finance…). Les plus gros établissements en particulier essayeront de créer davantage d’interaction avec leur division Banque d’Investissement », analyse Guy de Brabois de Odgers Berndtson.

Banque privée : des opportunités malgré la consolidation du secteur  

Le secteur de la gestion de fortune traverse une période de consolidation, notamment liée aux nouvelles contraintes réglementaires. Ce qui fait dire à Peter Vogler du cabinet Kessler.Vogler à Zurich que la « reprise des embauches ne sera probablement pas encore à l’ordre du jour dans le secteur en 2015 ».  Sur le fond, même constat à Genève où la « banque privée continue de souffrir du mouvement de consolidation toujours en cours », relève Guy de Brabois. Néanmoins, ce dernier temporise : « certains acteurs devraient tirer leur épingle du jeu en particulier les pure players dont la gestion de fortune est le cœur de métier, à l’instar de Pictet, Mirabeau, Julius Baer, Lombard Odier ou encore Rothschild ».

Après un calme relatif, les banques privées pourraient vouloir se renforcer sur la partie investissement en 2015. Les chasseurs zurichois voient arriver à nouveau des mandats. À Genève, « les nouvelles réglementations et le passage à l’onshore accentue la compétition avec les établissements étrangers. De ce fait, les établissements devraient réinvestir sur la gestion et rechercher des profils de spécialistes comme des advisors, spécialistes des hedge funds ou du private equity, et des profils de gérants discrétionnaires », anticipe Guy de Brabois.

Parallèlement, la « guerre des banquiers privés » à Genève va rester d’actualité en 2015, prévient de son côté Jérôme Jouanneau-Courville, CEO et associé du cabinet de chasse Norman Alex à Genève. « Il y aura toujours un intérêt marqué pour les banquiers privés avec un important portefeuille de clients avec des actifs déclarés, que ce soit de la part des banques, des multi-family offices ou des sociétés de gestion », explique le chasseur, qui travaille également sur le marché parisien.

La banque privée suisse est en quête de clients en dehors de l’Europe et de gros comptes (à partir de 10 millions d’euros). De ce fait, explique Jérôme Jouanneau-Courville, les établissements vont continuer à vouloir renforcer 1-  leurs desks dédiés aux marchés émergents (Amérique Latine, Moyen-Orient, Russie & Europe Orientale)  2 – des expertises pointues sur toute la chaîne de métiers pour accompagner des clients plus exigeants, notamment dans l’ingénierie patrimoniale.

Les fonctions supports, une valeur sûre

« Les thèmes relatifs à la régulation restent une priorité », constate le chasseur de têtes Mark Swerissen du cabinet Stamford Consultants à Zurich. L’autorité des marchés financiers suisse, la FINMA ne cesse de revoir ses exigences à la hausse. « La mise en œuvre du règlement Fatca a joué un grand rôle tout au long de l’année », précise Mark Swerissen. En principe bouclé en fin d’année, ce sujet devrait voir la demande de recrutements baisser l’an prochain.

À Genève, si l’on constate également un ralentissement de la demande, les postes de legal / compliance et les fonctions liées aux risques (middle office) bénéficient toujours d’une lame de fond positive. « En matière d’embauche, cette tendance profite désormais plus aux prestataires (cabinets d’avocats, cabinets de conseil et d’audit) qu’aux banques elles-mêmes », relève Guy de Brabois.

En revanche, tout le monde est d’accord pour tabler sur une demande solide sur les compétences liées aux systèmes d’information. « De façon générale, les banques continuent de composer avec une structure informatique très complexe, sur la base de multiples solutions propriétaires vieillissantes », fait remarquer Mark Swerissen, qui voit des recrutements croissants d’analystes, de responsables de projets et d’ingénieurs d’affaires. En outre, d’importants investissements sont actuellement réalisés sur le digital, ce qui devrait également entrainer des embauches de profils IT de haut niveau dans la banque privée, le retail banking et les organismes de crédit.

Enfin, les professionnels du back-office n’ont pas de souci à se faire sur Genève. Les sociétés de conservation de titres, au service des sociétés de gestion, devraient continuer à recruter des comptables OPCVM sur un rythme de croisière, du fait des contraintes réglementaires et du turnover assez élevé sur ces postes. Un comptable OPCVM perçoit une rémunération moyenne à Genève de 120k CHF (100k €).

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