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D’ici à 2018, quelles promesses le secteur du Conseil a-t-il à offrir ?

Future

Les big four, le mois dernier, avaient donné le ton en annonçant des objectifs de recrutements pour 2015 en hausse de 20% sur un an avec plus de 3.500 CDI à décrocher. Ces « poids-lourds » de l’audit et du conseil sont-ils pour autant représentatifs du secteur, et notamment des cabinets intervenant au service de l’industrie financière ?

Cet été le SYNTEC Conseil en Management, qui regroupe 80 cabinets (plus de 60% du marché du conseil en stratégie et management en France) confirmait le retour du secteur sur le chemin de la croissance avec un taux de +0.8% en 2013, après un résultat négatif de -2% l’année précédente. L’année 2014 s’annonçait même prometteuse avec un taux de croissance de +2% à +3% confirmé au 1er trimestre, tandis que les services financiers renouaient avec leur position de leader avec 26% du marché total du conseil, selon l’étude du Syntec. Cependant, le Syndicat professionnel se montrait prudent pour la suite. Il avait raison.

Selon la note trimestrielle de l’Apec, publiée aujourd’hui, la situation apparaît « défavorable » dans le secteur Conseil et services aux entreprises (voir graphique ci-dessous). Les prévisions de recrutement affichent une baisse de 5 points au 4e trimestre 2014 et seules 52% des entreprises de ce secteur ont recruté au moins un cadre au troisième trimestre 2014, soit une légère baisse d’un point en un an.

Baromètre du recrutement des cadres dans le secteur Conseil et services aux entreprises

apec-conseil

Source Apec. En noir : Entreprises ayant recruté au moins un cadre. En vert : Entreprises prévoyant de recruter au moins un cadre.

Une nouvelle étude indépendante sur « Les cabinets de conseil en management en France à l’horizon 2018 » réalisée par Precepta (groupe Xerfi) indique, pour sa part, que la crise que traversent les cabinets de conseil en management persiste. Selon les experts Philippe Gattet et Emmanuel Basset, le chiffre d’affaires des cabinets en France progressera en moyenne au rythme de 2,5% par an en valeur de 2014 à 2018, soit à un rythme inférieur à sa moyenne de long terme. En cause ? Le lent retour à la croissance économique globale, la montée du conseil interne dans les grands groupes, l’intensification de la concurrence avec l’arrivée de nouveaux acteurs et de nouveaux business models… graph perspectives 2018 dans le secteur du conseil

Mais derrière cette reprise en demi-teinte se cachent de fortes disparités. Les études de Precepta et du Syntec montrent que les grands et moyens cabinets ont su tirer leur épingle du jeu (+ 5% de croissance en moyenne), alors que les « majors » et les petits ont davantage peiné.

Côté embauches, on retrouve des anticipations positives chez Mazars et de Grant Thornton par exemple, qui chacun prévoit 50 embauches de plus l’an prochain avec respectivement 500 et 400 CDI prévus. Le cabinet BearingPoint fait partie des plus ambitieux, passant de 170 recrutements en 2014 à 240 programmés en France en 2015. Kurt Salmon, de son côté, vise les 150 recrutements l’an prochain, des prévisions qui renouent avec les années 2010-2011.

La taille du secteur n’est pas cependant le meilleur indicateur pour les candidats à un emploi dans le conseil ou les financiers et autres banquiers qui s’interrogent sur une reconversion dans le secteur.

En effet, on assiste d’un côté « au retour en force des grands cabinets d’audit, les Big Four, sur le segment du conseil en management », ces « nouveaux géants du conseil pouvant rebattre les cartes du secteur en profondeur », selon Philippe Gattet et Emmanuel Basset, auteurs de l’étude Precepta. Et de l’autre, on voit la « percée très rapide de jeunes cabinets de conseil ». Et l’étude de citer SIA Partners, fondé en 2001. Ce cabinet généraliste, très présent auprès de l’industrie des services financiers, compte aujourd’hui plus de 500 consultants dans 12 pays et génère 75 millions d’euros de revenus. Ce cabinet compte « recruter massivement d’ici à 2016 », selon l’étude Precepta. Cet été nous vous parlions aussi d’Aurexia, tout jeune cabinet de conseil en organisation exclusivement orienté vers le secteur des services financiers, qui embauchent activement.

Aussi, si ce n’est la taille, quels autres critères peuvent-ils se réveler utiles pour sélectionner les employeurs dans le secteur du conseil ?

–          Le numérique est le seul véritable relais de croissance pour le conseil, démontrent toutes les études. Aussi le moyen le plus sûr de miser sur des cabinets en croissance est de s’assurer de leur investissements sur les activités IT, autrement dit soit des groupes avec de fortes compétences technologiques qui renforcent leur département conseil à l’image d’IBM Global Business Solutions ou de CGI Business Consulting, soit parmi les cabinets qui n’ont pas cette dimension IT ceux qui ont développé une expertise en la matière via des partenariats avec des entreprises ou des centres de recherche spécialisés, la création en interne d’unités de recherche ou encore par une spécialisation sur des solutions opérationnelles reliées au digital (ex : Sterwen, cabinet de conseil dans la finance, qui s’est spécialisé sur les services de la banque digitale).

–          Les cabinets les plus porteurs sont aussi ceux avec une véritable stratégie de « Brand Content » centrée sur une politique de publications et un effort de recherche, indiquent les experts de Precepta. Un moyen de gagner en crédibilité et en visibilité auprès des clients de plus en plus exigeants mais aussi auprès des potentiels collaborateurs.

–          L’international est devenu aussi un facteur différenciant essentiel en matière de croissance, pour Syntec Conseil en Management. L’activité à l’international peut représenter jusqu’à 15 à 25% du chiffre d’affaires des cabinets aujourd’hui. « C’est, en général, elle qui explique le retour de la croissance », explique le syndicat.

–          Enfin, les cabinets qui sauront tirer leur épingle du jeu dans les prochaines années sont ceux qui travaillent concrètement à la fidélisation des collaborateurs. Comme les acteurs de l’industrie financière, le secteur du conseil a subi les revers de la crise en matière d’attractivité (voir graphique ci-dessous). Or pour attirer et fidéliser les collaborateurs, les cabinets doivent apporter des gages en matière de responsabilisation rapide des jeunes collaborateurs, de culture d’entreprise stimulante et collaborative, de formations variées et de haut niveau… L’étude Precepta cite à cet égard Weave, un cabinet de conseil en stratégie opérationnelle, présent notamment dans le secteur de la bancassurance, qui a mis en place une Weave Université pour ses collaborateurs. Pas surprenant donc que nous l’ayons inclus dans les startups en finance qui ont le vent en poupe au printemps dernier. De manière générale, le label Great Place to Work et/ou la présence dans un classement du type Top 25 de Vault des cabinets de consulting en Europe, ou encore des commentaires positifs sur des sites comme glassdoor.fr sont autant d’indicateurs clés pour les candidats. Car l’enjeu ici n’est pas seulement individuel, il conditionne la réussite des cabinets à long terme.

les jeunes dip et le conseil étude precepta


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commentaires (1)

Comments
  1. Citer les classements comme Vault.com et ne pas mentionner du tout les grand cabinets de conseil en stratégie c’est étonnant :)

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