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Les hommes sont « pro » mixité, en fait

Gender equality of man and woman on a balance

Le sujet de la mixité continue de faire son chemin dans l’industrie financière. Il y aurait même des « avancées notables » en matière de perception et de confiance dans les dispositifs mis en place dans les entreprises de la part de leurs salariés – femmes comme hommes. C’est en tout cas la conclusion de la 2e consultation lancée par Financi’ELLES, la fédération des réseaux de femmes cadres du secteur de la banque, finance, et de l’assurance créée en 2010, et dont la moitié des 11 réseaux d’entreprise sont désormais mixtes.

Trois ans après la 1ère consultation, il allait donc de soi de solliciter les hommes pour cette nouvelle grande enquête “Confiance et Mixité”, à laquelle ont répondu près de 24.000 cadres de 11 entreprises du secteur financier (SG, HSBC, CA, BPCE, CDC, AXA, Eurazéo…). Si le taux de retour des hommes est inférieur à celui des femmes (19% versus 34%), CSA et Deloitte, partenaires de l’étude, ont jugé que l’intérêt et les attentes sur ces questions étaient forts des deux côtés.

Plus d’1/3 des employés masculins favorables à des quotas dans les instances de direction

Les hommes répondent d’ailleurs assez souvent comme les femmes, malgré des écarts de perception encore significatif en matière d’égalité de traitement. « Ils ont des problématiques communes en matière de gestion des carrières, du pilotage des trajectoires, de l’accès aux postes de responsabilité ou encore de l’équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle », explique l’étude.

Le dépassement du plafond de verre pour accéder aux plus hauts niveaux de l’entreprise est loin d’être une problématique exclusivement féminine, par exemple : les 2/3 des hommes (versus 75% des femmes) le vivent également comme une difficulté.

« Plus étonnant encore, les professionnels masculins de la finance sont assez demandeurs de mesures coercitives pour promouvoir une plus grande mixité au sein de leur entreprise », relève Camille Dupuy-Olleon, Responsable Talent Management du groupe SCOR et présidente de l’observatoire de Financi’ELLES à l’origine de l’étude. Concernant les quotas, sujet hautement polémique s’il en est et dont l’efficacité a pourtant été prouvée, les cadres masculins de la banque-assurance sont par exemple plus d’un tiers (35%) à les juger utiles dans les instances de direction pour favoriser la mixité. Alors que sur cette question, les femmes sont elles-mêmes encore très partagées (45% seulement d’entre elles les jugent favorablement).

Les employés masculins de la finance se montrent également plus convaincus par la nécessité de développer une plus grande visibilité sur les indicateurs de mixité au sein de leur entreprise que leurs collègues femmes (35% versus 25%).

Comment expliquer cette (relative) bienveillance des hommes à l’égard de ces problématiques ?

« La problématique de la mixité a été mise en lumière ces dernières années grâce au travail des Ressources Humaines et des réseaux qui ont permis aux Directions générales de s’approprier ce thème. Cet engagement a été perçu et apprécié », avance l’étude. Les hommes ont par ailleurs ces rejoint les réseaux de femmes et cette tendance devrait se poursuivre, anticipe la fédération.

Intérêts communs

Chez ING, le réseau Opening a dès son lancement en 2013 été un réseau mixte, comme la moitié des réseaux fédérés par Financi’Elles aujourd’hui. Car « la diversité bénéficie au développement de tous les salariés, pas seulement aux femmes, grâce à une démarche de partage, de mentoring, et de lutte contre les stéréotypes. Le tout au service de la performance de l’entreprise », confie Muriel Rocher, DRH d’ING France, membre de Financi’ELLES. L’établissement a même rejoint en parallèle le réseau Happy Men, qui permet aux hommes de réfléchir aux moyens de favoriser l’égalité professionnelle ainsi qu’aux progrès managériaux et personnels qui en découlent. Tout cela permet de générer de la confiance et de transformer la culture des entreprises de l’industrie financière, facteur le plus impactant selon les répondants pour aider à concilier vie pro et vie perso.

De manière générale, les hommes ont compris qu’ils avaient autant à y gagner que les femmes dans cette histoire : 19% des hommes ont le sentiment de bénéficier des actions mises en œuvre pour la promotion de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes (flexibilité horaire, cadrage des horaires de réunion, outils nomades, télétravail…). C’est seulement deux points de plus que les femmes, indique l’étude. Le bénéfice de ces actions est même plus important aux yeux des hommes dans les niveaux hiérarchiques plus élevés que le sentiment des femmes à cet égard.

Autre phénomène d’importance : La gestion des doubles carrières. Aujourd’hui, 78% des cadres de l’industrie financière déclarent que leur couple mène aujourd’hui des doubles carrières (carrière de la femme et de l’homme sont aussi importantes), parmi lesquels 42% disent les gérer conjointement. Aussi ce qui profite à l’un profite aussi à l’autre.

Le changement sur le terrain : pour demain ?

Tout cela n’empêche pas les hommes de se montrer parfois inquiets : 9% d’entre eux ont le sentiment d’être traité de manière plus défavorable que les femmes. « D’où l’importance de les inclure dans ce mouvement », insiste Camille Dupuy-Olleon.

Que ces derniers se rassurent cependant : l’égalité de traitement, ce n’est pas encore pour maintenant. Les instances dirigeantes des entreprises de la finance française comptent seulement 16% de femmes, alors qu’elles sont 44% dans cette population cadre. « Au-delà de la prise de conscience, la transformation du réel va demander encore de longues années, probablement une génération », prévient Philippe Burger, Associé Capital Humain chez Deloitte.

Ça tombe bien, « la nouvelle génération affiche des attentes très similaires à celles des femmes au travail (schéma collaboratif, management participatif, meilleur équilibre vie pro / vie perso…) », se réjouit Anne Guillaumat de Blignières, conseillère du comité de direction de la Caisse des Dépôts et Consignation, et co-présidente de Financi’Elles.


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