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D’un ex-Lehman : Les chasseurs me ferment la porte du marché

Il y a deux bonnes raisons pour lesquelles les gens affluent vers les business schools : 1) pour le réseau ; 2) parce que ça ouvre des portes. Leur service carrière vous fournit une incroyable plateforme pour interagir avec des employeurs d’industries diverses et accroître vos chances de réussir une réorientation de carrière. Un Gordon Ramsay* peut se voir ainsi transformer en Gordon Gekko. Cependant, une fois que vous êtes sorti de l’école, lâché sur le marché de l’emploi, ce service de première classe s’évapore.

Je m’explique : après avoir décroché mon diplôme, j’ai rejoint Lehman dans sa division marchés de capitaux il y a un peu plus de deux mois. Mon but était de devenir trader. Je crois avoir les compétences pour cela – je suis modeste, honnête, volontaire pour apprendre et payer mes dettes, avec une bonne compréhension des marchés et un intérêt profond pour l’économie. Problème : j’ai choisi la mauvaise banque, dans la mauvaise ville et le mauvais service (fixed income). Il y a un mois, on m’a indiqué la sortie.

Depuis lors, je n’ai pas cessé de chercher un job. Naturellement, personne n’est intéressé pour me recruter comme trader vu que j’ai zéro expérience et que je ne pourrai pas faire augmenter d’un centime leur résultat financier dans un futur proche. Pas de problème, j’adapte mon approche, axe ma candidature sur mes compétences en comptabilité (je suis certifié chartered accountant), et mise sur un job de research analyst. Je suis capable de disséquer des données financières même à moitié endormi, j’ai personnellement investi sur les marchés depuis plus de huit ans, et j’ai aussi travaillé comme analyste et conseiller dans le domaine de la fiscalité. Assez pour convaincre, non ? Hum… Pas si sûr. Une fois encore, je suis gentiment remercié en raison de mon manque d’expérience adéquate et de l’abondance de profils qualifiés disponibles sur le marché.

Étant donné le fonctionnement du marché de l’emploi à Londres, basé sur l’intermédiation des chasseurs de têtes, les chances pour des personnes dans ma situation d’accéder au marché sont minimes. Pourquoi ces derniers s’embêteraient-ils à considérer un simple associé avec un an d’expérience quand il y a pléthore de MD (managing directors) et de VP (vice-presidents) disponibles ? Ça m’a pris deux semaines et des douzaines de coups de téléphone avant qu’un cabinet de chasse respectable accepte simplement de me rencontrer en personne.

Après avoir vu une douzaine de chasseurs, je me retrouve à nouveau dans une impasse. Je ne cherche pas à me donner des excuses ou pleurnicher sur mon sort, mais à mes yeux, leur système de primes et de rémunération fonctionne à l’encontre des profils comme le mien. Ils cherchent des candidats/CV qui vont satisfaire leurs besoins, plutôt que d’essayer de m’aider à trouver ce que je cherche. Les mauvaises conditions du marché sont très vite mentionnées pour me convaincre de retourner à ce que je faisais avant de décrocher mon MBA. Désolé, mais je ne suis pas prêt à renoncer à mes rêves aussi vite.

C’est la principale différence entre les services carrière des écoles de commerce et les chasseurs. Les premiers travaillent avec vous pour trouver ce que vous voulez, en vous donnant l’opportunité de rencontrer des employeurs potentiels, de décrocher un entretien, et de mettre un pied dans la porte.

Les chasseurs, eux, sont payés pour présenter les candidats les plus adéquats . Vous seriez peut-être capable de convaincre un employeur de vous embaucher, mais comment le faire si le chasseur ne vous permet pas de vous le faire rencontrer en premier lieu ?

* Chef cuisinier anglais très médiatisé.

commentaires (14)

Comments
  1. Pas de chance pour le timing, j’en suis désolé, mais il faut ouvrir les yeux et être moins naif, les chasseurs de tête font leur boulot, ils sont payés par les entreprises pour faire un “premier tri” des candidats parmi les centaines qui existent sur le marché et dénicher les profils qui correspondent le mieux à leurs critères. Si leurs clients cherchent des gens avec 5 ans d’expérience, le chasseur leur trouvera des profils qui correspondent. Ce sont les boites qui les rémunèrent pour ce service, pas vous, leur job n’est pas d’ “essayer de m’aider à trouver ce que je cherche” !

    Votre profil ne les intéressera que s’ils ont une recherche en cours correspondante ou s’ils veulent nourrir leurs fichiers de potentiels pour l’avenir (mais en ce moment ils font comme tout le monde, la plupart se préoccupent surtout de survivre à court terme, l’avenir passe après).

    Pour ce qui est des services “carrière”, c’est vous qui les payez indirectement à travers vos frais de scolarité, c’est normal qu’ils soient de votre coté !

    Vous disiez que votre business school vous a apporté un réseau et vous ouvre des portes, c’est le moment de s’en servir !

  2. Exactement, ceux qui ont la chance d’avoir pu se trouver dans des structures (écoles de commerce) où on privilégie la construction de réseaux et l’aide à l’insertion proffesionnelle par le biais de stages privilégiés, vont logiquement y faire appel, même les chasseurs sont superflus quand le réseau est solide. Quoique depuis un an, même le réseau n’est plus garanti de succès.

    Mais pour les autres qui ont connus des cursus égoïstes (universitaires ) où rien n’est fait pour maintenir des liens entre les générations de même formation, ils sont vraiment dans l’impasse, ayant le plus souvent construit seuls leurs expériences professionnelles, souvent cumulant les expériences diverses qui au bout du compte ne leur donne aucune expertise concrète sur le CV. Et alors là, à moins d’avoir de la famille ayant le pouvoir d’embaucher dans un autre secteur, c’est une impasse dont on ne peut sortir

  3. Exactement Ben, notre objectif est de satisfaire notre client en premier lieu en répondant au cahier des charges fixé (comme toute société privée) et pas d’aider les candidats (qui sont nos produits à vendre, ça peut choquer mais c’est la réalité !). Bien évidemment, si on peut faire une pierre 2 coups alors tant mieux mais nous ne sommes ni des assistants sociaux ni des bureaux de reconversion ! Pour cela il faut aller voir l’ANPE puisque, cette fois, tu es leur client en tant que contribuable !
    De plus, pour un poste de junior, les sociétés ne mandatent pas de chasseurs car en passant une offre sur le web ou via les relations des écoles de commerce et ingénieurs, ils trouvent pléthore de candidats ! Si tu veux un conseil, oublie les chasseurs pour le moment et concentre toi plutôt sur du démarchage/networking direct au sein des sociétés, ça sera beaucoup plus efficace !
    Good luck

  4. A Londres les chasseurs s’intéressaient aussi aux juniors. Je ne sais pas ce qu’il en est maintenant, mais il y a un an j’ai passé des entretiens dans des sociétés où j’ai été envoyé par des chasseurs et où le client (cad la société qui fait appel au chasseur) m’a avoué que j’étais en concurrence avec des juniors. Outre que ça m’a pas tellement fait flatté, c’était surement la raison pour laquelle ils ont préféré un autre candidat, junior avec très peu d’expérience et payé au lance-pierres.

    Malheureusement, je crains que même le net working n’est plus ce qu’il était, en cette période où il est difficile de se projeter d’ici la fin de l’année, alors pour l’année prochaine…

  5. avis aux juniors: “Dubai, Shangai, Mumbai or Goodbye!”

  6. désolé mais ca t’apprendra un peu la vie durement certes mais il n’y a pas de voie tracée et le type de monoprofil école business ou ingénieur + tout de suite backé sur les marchés ca n’avait déjà ni queue ni tête et on s’apervçoit
    1) que le niveau de formation s’est nettement détérioré depuis 15-20 ans
    2) qu’il y a trop de gesn dans la finance
    donc ca va écrémé
    la seule bone chose est que dans 1 ou 2 ans il y aura nettement moins de candidats à la finance à la sortie d’écoles et beaucoup plus vers le marketing, la tréso ou autre chose….
    rappellez vous que pour être trader il faut avoir la mentalité d’un cow boy or cette mentalité est à milles lieux de celle des écoles de commerce

  7. Pas de chance, mais ne pas accabler les chasseurs, ce n’est pas vraiment leur job de placer quelqu’un avec 2 mois d’expérience.

  8. moi je considère que c’est un signe, casse toi de la finance pendant qu’il en est encore temps franchement ! le nombre de personnes qui viennent là dedans pour des mauvaises raisons….moi j’ai l’honneteté de le dire je suis totalement tombé par hasard dedans , en fait je ne savais meme pas à l’époque que c’était sur les marchés alors t’as qu’à voir…..

  9. en gros tu te présentes comme un honnete homme qui n’a pas de chance. No free lunch. Il faut savoir sentir le marché pour être trader, et manifestement tu as plus voulu le devenir que su sentir les métiers, les produits, la qualité des intervenants.
    Par expérience (des autres hihi) c’est plus grave qu’un défaut de jeunesse, c’est assez cognitif, moutonnier, représentatif d’une génération et d’une attitude. En un mot, tu n’as rien montré de plus ou de moins que les autres mais tu pensais réussir quand même rien que parce que tu voulais suivre une voie toute tracée.

    Bah… ça marche pas toujours comme ça (mais bravo à ceux qui résistent – ou qui font les bons choix volontairement ou non), et véritablement si tu as la fibre analytical skiils (pas sur le CV, mais le sens de l’analyse…) t’inquiete pas tu t’en sortiras.

  10. Ne le prends pas mal (je m’adresse à l’auteur de l’article) mais je serai un peu plus dur que les autres commentaires.

    Tu te dis féru d’économie, tu connais donc le couple risque/rentabilité. Tu as voulu faire de la finance en sachant très bien que c’est un secteur très volatile et où en période de crise il n’est pas rare de perdre son emploi. Tu y as ajouté le fait de t’expatrier à Londres, où tu as certainement rejoint ceux qui crache sur la France parce qu’on y gagne moins, en oubliant probablement que la sécurité de l’emploi y est plus importante.

    Aujourd’hui tu trouves injuste que des chasseurs de têtes (qui, je le rappelle, ne sont pas des assistantes sociales, loin s’en faut) ne se préoccupent pas de ton sort.

    Tout ceci faisait pourtant partie des règles du jeu.

    Ne te méprends pas, je te souhaite sincèrement de t’en sortir mais il faut assumer ses choix et sa part de responsabilité même si, je l’avoue, ce n’est vraiment pas de chance.

  11. A vous lire j’aurais tendance à vous donner 3 conseils:

    1/ Ne vous découragez pas, vous me paraissez bourré de qualités
    2/ vous ne me paraissez pas fait pour être trader
    3/ postulez à Paris, à Londres vous n’avez aucune chance (trop de gens sur le carreau)

  12. de toute façon si tu manques de chance vaut mieux pas traverser la rivière en barque avec toi ….et ou n’oublie pas dans ce métier si tu veux un ami achète toi un chien lol !

  13. et oui, qui dit banque d’affaire dit salaire plus élevé car prime de risques.
    En echange on peut etre “remercié” rapidement.

    That is life.

  14. Pour avoir eu une p’tite expérience avec des headhunters à Londres (je suis junior), c’est sûr leur coeur de métier est le marché juniors conifrmés senior. Mais parfois y a des demandes très ponctuelles pour des juniors débutants.
    Donc faut tenter sa chance!

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