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Reprise des embauches en banque d’investissement et en gestion, pour qui exactement ?

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Voilà quelques mois maintenant que le mot « reprise » revient de plus en plus dans la bouche des recruteurs en finance parisiens. Avec plus ou moins d’aplomb. Depuis la rentrée, la confiance semble enfin s’installer. Selon les secteurs, les candidats ne sont cependant pas tous logés à la même enseigne.

Après le gel des embauches au lendemain de la crise, le marché de l’emploi dans la banque de financement et d’investissement (BFI) et de la gestion (traditionnelle et privée) est passé par différentes phases : reprise de la veille sur les candidats à forte valeur ajoutée, recrutements opportunistes à la marge, et depuis fin 2013 plus d’embauches qui se concrétisent grâce à la fois à une attitude plus conquérante des établissements financiers, mais aussi à une moindre frilosité des candidats.

« Les volumes de recrutement en BFI et en Asset Management n’ont pas bondi en France en l’espace de 6 mois. Cependant, les institutions financières nous ont confié des mandats clairement définis avec des dates d’entrée pré-déterminées et l’accord de la direction en amont. Ces recherches font écho à un besoin de structurer des équipes, notamment au travers de créations de postes », confie Amaury La Clavière, senior consultant de la division banque d’investissement chez Robert Walters.

Lignes de métiers haut de bilan à l’honneur

Depuis le dernier trimestre 2013, les investisseurs internationaux manifestent en effet un regain d’intérêt vis à vis des places européennes, ce qui a eu pour effet de « relancer l’activité des institutions financières, contraintes de restructurer leurs équipes sur l’ensemble de lignes métiers haut de bilan (M&A, coverage, private equity) et sur les activités de marché, avec un focus sur les profils de vendeurs asset management en Europe (Allemagne, Benelux, Italie, Espagne) », résume un communiqué du cabinet.

Pour autant, les besoins restent très identifiés et les profils recherchés très calibrés.  Dans un environnement extrêmement compétitif, les banques d’affaires cherchent surtout à gagner en visibilité en recrutant des professionnels capables de faire la différence :  des « managing directors » (MD) capables d’amener des mandats, à l’instar de Citi qui repasse à l’offensive en Europe et notamment à Paris, et des « vice presidents » (VP) qui vont avoir une vraie valeur ajoutée en matière d’exécution des deals. « Il y a aussi un intérêt renouvelé pour certaines expertises très pointues tournées vers l’économétrie et les statistiques, telle que la titrisation », explique Amaury La Clavière.

Etienne Maillard, fondateur et associé du cabinet de chasse Themis Executive Search, confirme l’ouverture des vannes du recrutement sur de nombreuses fonctions, y compris juniors. Mais relativise : « s’il y a beaucoup de signes encourageants en M&A, ECM, DCM et dans le coverage notamment,  les recrutements sont principalement le fait de remplacements et non de développements. Quand il y a « création » de postes, ce sont en réalité des postes qui avaient été laissés vacants suite à des départs au cours des derniers années, et nous sommes encore loin des niveaux d’emploi de 2007 ». Le « remplacement systématique » des partants est néanmoins une bonne nouvelle en soi, concède le chasseur de têtes.

D’ailleurs, les candidats ne feront pas la fine bouche et sauront apprécier les opportunités quand elles se présentent. Pour Les Echos, le départ de Nicolas Darius, responsable M&A en France de Barclays, augure à nouveau, « d’un renouvellement des équipes et d’un appel d’air pour les plus jeunes » ainsi qu’un renforcement de l’équipe conseil à Paris constituée actuellement de 25 professionnels. Et ce, malgré le plan de réduction des effectifs en cours dans la banque d’investissement britannique, les activités de fusions-acquisitions n’étant pas concernées.

Accélération des recrutements dans l’asset management

Côté asset management, aucune ambiguïté en revanche sur l’accélération des recrutements. « Depuis fin 2013, il y a une montée en régime des embauches, confirmée cette été, sur un large spectre de fonctions : des marketeurs aux vendeurs en passant par les product specialists et les spécialistes du client servicing, témoigne Odile Couvert, co-fondatrice du cabinet de chasse Amadeo Executive Search Managing Partner. La plupart de ces recrutements sont le fruit de développements lancées par des petites structures, mais aussi de créations de postes dans les grands établissements ».

Rappelons à cet égard que de nombreux établissements bancaires ont fait de l’asset management, l’un des fers de lance de leur nouvelle stratégie, à l’instar de BNP Paribas qui s’est fixé un objectif de 10% de hausse des revenus de ses activités de gestion d’actifs d’ici à 2016.

Renaud Pechoux, associé du cabinet Themis Executive Search, en charge de la practice gestion d’actifs et gestion privée, témoigne, pour sa part, d’un « jeu de chaises musicales très animé en ce moment sur les fonctions commerciales (sales institutionnels et distributeurs), et au-delà de nombreux mouvements liés notamment à des changements de direction ». Il y a eu cet été le départ de Laurent Seyer à la tête du Client Group d’AXA IM et son remplacement par Christophe Coquema, promu en interne, et peu de temps après un autre mouvement de taille : le départ de Nuno Teixera, directeur général du bureau parisien de Schroders, remplacé en cette rentrée par la directrice générale de JP Morgan AM en France Karine Szenberg. La banque américaine vient, de son côté, de promouvoir à la place Pietro Grassano à la rentrée, tout en continuant de renforcer son équipe commerciale.

Une autre fonction semble également sortir actuellement son épingle du jeu dans ce secteur : le RFP manager (RFP pour ‘request for proposal’), qui travaille aux côté du marketing, devenu un maillon essentiel pour aider les sociétés de gestion à s’affirmer dans la compétition mondiale. « Et ce n’est pas toujours aisé car l’on recherche des professionnels bilingues, de même que pour les chargés de relation consultants, responsable du développement des référencements de la société de gestion auprès des institutionnels européens », relève Renaud Pechoux.

Rémunérations et activités marchés : R.A.S !

Pour autant, aucun des consultants n’évoque de tensions salariales à l’embauche, mais plutôt une tendance légère à la revalorisation des fixes, notamment pour éviter un total décrochage avec les établissements anglo-saxons. Mais pas encore de signe probant « d’allowance » à la manière de la City.

Enfin du côté des activités marchés, rien à signaler. Et probablement encore pour longtemps, s’accordent les recruteurs parisiens, témoins ces dernières années des transferts d’activités et d’équipes sur Londres. « Il y a peu de chances que ce marché reparte un jour à Paris », tranche Odile Couvert.


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