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La tentation des banques étrangères de fuir la Suisse

Des groupes bancaires français pourraient vraisemblablement vendre leurs succursales en Suisse, comme ce fut le cas pour des établissements allemands , a déclaré Patrick Odier, associé senior de la banque genevoise Lombard Odier & Cie dans le journal alémanique Finanz und Wirtschaft (F & W). Le banquier privé estime ainsi que l’abandon de leurs activités en Suisse pourrait résoudre le conflit entre les droits helvétique et hexagonal auxquels sont exposés des établissements comme Crédit Agricole, BNP Paribas et Société Générale (Tribune de Genève).

La déclaration de celui qui, depuis le 17 septembre, préside aux destinées de la puissante Association suisse des banquiers (ASB), ne manque pas de susciter des réactions dans le landernau financier helvétique. À commencer par Martin Maurer, directeur de l’Association des banques étrangères en Suisse (AFBS), qui réfute catégoriquement la pertinence de la comparaison avec l’expérience récente de banques allemandes : leur vente était préparée de longue date et elle était liée à l’état lamentable de leur maison mère .

Par contre, ce dernier ne cache pas son inquiétude concernant d’autres banques étrangères. Récemment, une banque du Proche-Orient a tiré un trait sur son projet d’installation sur le marché helvétique et une banque suisse a choisi le Liechtenstein pour y établir son siège tout en ouvrant une société de gestion de patrimoine en Suisse. Hasard ou avertissement ? Il faut se demander pourquoi des banques et des transactions évitent la Suisse , avance Martin Maurer (Le Temps.ch).

À noter que les banques ne sont pas les seules à lever le camp. Ainsi, le géant de l’audit et de conseil Deloitte & Touche va réunir ses opérations au Royaume-Uni et en Suisse au sein d’une seule entité basée à Londres. Pour ce faire, Deloitte & Touche LLP reprendra la totalité des sociétés Deloitte en Suisse (City AM).

Des milliers d’emplois en jeu

Les banques étrangères en Suisse sont toujours plus nombreuses à ouvrir des succursales ou des filiales à l’étranger. À quoi bon maintenir le nombre des banques étrangères présentes en Suisse à un niveau élevé pour perdre des transactions, la valeur ajoutée qui va de pair et des emplois ? s’interroge Martin Maurer, pour qui la stabilité du nombre d’établissements masque le risque d’une rapide baisse de l’intérêt que peut représenter la place financière helvétique.

La tentation de quitter la Suisse est d’autant plus grande que l’an dernier, dans le sillage de la crise financière, le résultat cumulé des 155 banques étrangères suisses a plongé de 38 %, après un repli de 31 % en 2008, d’après les données de l’AFBS (Romandie.com). Le nombre d’employés a baissé de 8%, pour s’établir à 20.000 personnes fin 2009 (dont 34% travaillent à Genève et 24 % à Zurich). Et même si le creux de la vague a été dépassé, les déclarations de Patrick Odier n’ont rien de réjouissant lorsque l’on sait que BNP Paribas Suisse, Credit Agricole Suisse et Société Générale Private Banking Suisse emploient respectivement 1429, 660 et 545 collaborateurs rien qu’à Genève.

La Suisse doit donc trouver un nouvel attrait pour les banques étrangères, qui représentent 50% des banques opérant en Suisse. Dans d’importants segments du marché suisse de l’emploi, les banques sont sérieusement concurrencées par des prestataires de services financiers non réglementés. Ainsi, bon nombre de banques étrangères se trouvent prises entre le marteau de la délocalisation et l’enclume de la concurrence. La recherche d’un écart de réglementation raisonnable est une revendication ancienne qui n’en reste pas moins urgente. Il faut s’y attaquer , conclut Martin Maurer.

commentaires (1)

Comments
  1. Hum, risible, après que les Suisses aient capitulé devant les minables de l’OCDE, devant le G20 qui n’a aucune mais aucune crédibilité juridique mis à part celui du plus fort, on s’étonne maintenant que certaines banques ne veuillent plus être dans ce pays.

    Le Delaware considéré par Tax Justice Network comme le premier paradis fiscal ne risque rien car il se trouve aux USA.

    Les Suisses n’ont que ce qu’ils méritent, quand on se couche sans combattre voilà ce qui arrive.

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