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Ce que le rapport Camdessus nous apprend (vraiment) sur les derniers bonus

Remis vendredi dernier à Christine Lagarde, le rapport du Contrôleur des rémunérations des professionnels de marché livre une mine d’infos sur les derniers bonus et accessoirement quelques propositions menaçantes.

1 – 2009 : un bon cru (surtout pour les plus hauts bonus)

L’enveloppe totale versée par les quatre grandes banques françaises en 2010, au titre de l’année 2009, soit 3 milliards d’euros, était en hausse de 60% par rapport à l’enveloppe précédente. Elle affichait cependant un recul de 800 millions d’euros par rapport à l’année 2007 dite de référence .

Les professionnels qui ont eu la chance de faire partie du petit groupe select des collaborateurs les mieux payés ont peu de raisons d’être nostalgiques de la période d’avant-crise. <i< Les plus hauts bonus n'ont pas diminué en montant par rapport aux niveaux atteints en 2006 et 2007, même si la part versée immédiatement en numéraire a été réduite , note le rapport.

2 – Inégalités de traitement, toujours et encore

La fourchette des bonus distribués par les banques françaises est extrêmement large, s’étalant de 100.000 à 10 millions d’euros. Les femmes sont sous-représentées puisqu’elles représentent seulement 5% de l’échantillon.

Les professionnels basés en France représentent, quant à eux, seulement 40% des bénéficiaires. Londres (26%) et New York (16%) dominent parmi les places étrangères.

On note aussi la surreprésentation des professionnels de marché parmi les principaux bénéficiaires. Ils consomment les deux-tiers de l’enveloppe totale. Ainsi, à de rares exceptions près , les 400 premières rémunérations (environ 660 millions d’euros) leur sont attribuées. Avec un bonus moyen de 242.000 euros, les opérateurs des lignes de métiers taux et actions – près de 8.200 personnes – sont les principaux concernés.

Parmi les autres chiffres glanés dans le rapport : le montant moyen des cent premiers bonus, qui s’élève à 1,65 million d’euros et celui des dix premiers bonus, soit 4 millions d’euros. De fait, les quarante premiers bonus individuels alloués l’an dernier sont tous supérieurs aux rémunérations perçues la même année par les dirigeants du CAC 40, y compris les responsables de banques figurant sur l’indice français.

Ces données cachent cependant de fortes disparités entre établissements et au sein même des BFI. Tous secteurs confondus, la médiane des bonus se situe, selon les établissements, de 0,4 à 2,5 millions d’euros. La moyenne varie de 0,5 à 3,1 millions d’euros.

3 – L’argument de la fuite des talents et de la baisse de la compétitivité mis à mal

Dans les mois qui ont suivi la distribution des derniers bonus, les banques françaises qui se mesurent aux leaders mondiaux ont été capables de recruter plus de collaborateurs qu’elles n’en ont perdus et ce, dans des proportions très importantes : les embauches atteignent selon le cas deux à trois fois les démissions enregistrées, selon le rapport. Et ce mouvement s’observe dans toutes les zones géographiques, y compris les États-Unis et l’Asie où les établissements français sont mis dans une situation délicate compte tenu des écarts de règles.

En outre, l’âge moyen des collaborateurs est de 41 ans et leur ancienneté moyenne de neuf ans ! Cette donnée tord le cou à l’opinion fréquemment répandue d’une forte mobilité des financiers.

4 – Des rémunérations protégées à la baisse

En 2008, alors que la totalité des établissements a enregistré des pertes au titre des activités financières, l’enveloppe de bonus n’a été réduite que de moitié. En 2009, cette attitude ultra-protectrice s’est de nouveau manifestée , dit le rapport, qui explique que les périmètres des BFI ont été modifiés dans le but d’améliorer des résultats de gestion et d’afficher une maîtrise des taux de distribution tout en autorisant une remontée sensible de l’enveloppe de bonus .

Si le renforcement de la réglementation a incité les directions à la modération, elle n’a pas modifié le rapport de force très favorable aux professionnels, qui explique principalement les sur-rémunérations observées .

L’intervention du contrôleur des rémunérations n’y aura rien fait ou presque. Trois groupes se sont vus remontés les bretelles. Des réductions d’enveloppe et/ou des différés de paiement plus importants et/ou encore une mise en paiement de la partie payable en numéraire conditionnée à l’arrêt des pertes ont été demandés. Ces recommandations n’ont été que partiellement suivies , révèle le rapport.

En outre, le rapport confirme que les banques françaises ont participé au mouvement général de hausse des fixes. C’est ainsi que plusieurs d’entre elles ont pratiqué de façon sélective des augmentations allant de 10 à 20% , peut-on y lire.

commentaires (2)

Comments
  1. TROP DE DISCRIMINATIONS SEXE ET AGE EN SALLE DE MARCHE
    TROP DE SUREPRESENTATION DES MEMES ECOLES VEROUILLANT LES POSTES DE TRADING ET BONUS EN PACKAGE
    C’EST CRIANT EN FRANCE CALYON, SGCIB, BNP PARIBAS ? HSBC IB
    TROP C’EST TROP CELA SUFFIT
    SURTOUT AVEC LEUR FORTE COMMUNICATION EN DEVELOPPEMENT DURABLE NON DISRIMINATION ETC…C’EST DU BLUSH TOTAL

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