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Prise de position à Pittsburgh : qui veut quoi sur les bonus

Pittsburgh se prépare pour le sommet du G20, qui débute ce jeudi. La réforme des bonus va dominer l’agenda. D’après une approche pays par pays, voici qui veut quoi :

LE ROYAUME-UNI

Le Royaume-Uni veut :

· L’interdiction des bonus garantis sur une durée supérieure à un an, comme indiqué dans la déclaration politique de la FSA sur la réforme des rémunérations.

· Des bonus basés sur une évaluation pluriannuelle de la performance. La FSA a préconisé de différer le versement des deux tiers des bonus. Ceci ne s’appliquerait pas aux profils juniors.

· Des bonus calculés par des comités de rémunération, et basés sur un pourcentage du bénéfice et non pas du chiffre d’affaires.

· Des salaires davantage proportionnels aux bonus. La FSA a initialement recommandé que les banques versent des salaires suffisamment élevés pour ne pas avoir à payer des bonus. Suite au refus des banques, la FSA a changé cette recommandation en simple orientation .

· Des ratios sur fonds propres plus élevés. Le président de la FSA Adair Turner a suggéré que les grandes banques qui faisaient de gros profits devraient être tenues d’augmenter leurs fonds propres.

· Une plus grande transparence. Un rapport rédigé par Sir David Walker, chargé d’examiner au nom du gouvernement britannique la gouvernance d’entreprise dans le secteur bancaire, a recommandé que les salaires des plus gros revenus de la banque soient rendus publics.

Le Royaume-Uni ne veut pas :

· Limiter les bonus. Ces limitations sont inapplicables , explique Alistair Darling, le Chancelier de l’Échiquier.

C’est dit :

Le premier Ministre Gordon Brown a dit qu’il était consterné par les bonus et qu’il n’y aurait pas de retour à la structure de bonus du passé .


LES ÉTATS-UNIS

Les États-Unis veulent :

· Des bonus pondérés aux risques. La Fed se fait la championne des bonus fondés sur des profits adossés aux risques. Le concept manque cependant de clarté.

· Des régulateurs qui siègent au sein des banques et surveillent les politiques de rémunération. La Fed propose que les régulateurs situés dans les banques puissent rejeter les politiques salariales perçues comme trop risquées.

· Payer en actions, avec des malus. Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, a appelé à ce que les salaires soient essentiellement payés sous forme d’actions et puissent être récupérés si les rendements ne se matérialisent pas .

· Des règles plus sévères en matière de fonds propres. Geithner lance également un appel pour que les grandes banques détiennent davantage de capitaux et de fonds propres. Il veut que des normes soient arrêtées à la fin 2010 et mises en ceuvre avant fin 2012.

· Limiter l’effet de levier. En adéquation avec ses exigences sur l’augmentation des capitaux, Geithner veut aussi limiter les effets de levier.

· Une plus grande transparence. Le tsar des rémunérations Kenneth Feinberg a prévu de divulguer la rémunération des salariés les mieux payés de chez Bank of America et Citigroup.

Les États-Unis ne veulent pas :

· Limiter les bonus. Avec le Royaume-Uni, les États-Unis considèrent comme frustrants les appels à une limitation des bonus à la réunion préparatoire du G20 à Londres.

C’est dit :

Le Président Barack Obama a dit : Nous ne retournerons pas aux temps où le comportement irresponsable et les excès sans bornes au cceur de cette crise n’étaient motivés que par l’appétit pour des coups fumants immédiats et des primes trop gonflées… Nous allons également exiger de ces sociétés financières qu’elles répondent aux fortes exigences en capitaux et en liquidité ainsi qu’elles encadrent mieux les comportements à risque.

Mais Obama a également dit : … pourquoi limiter la rétribution des dirigeants des banques de Wall Street et pourquoi pas les entrepreneurs de la Silicon Valley ou les joueurs de football de la NFL ? , la Ligue de football américain.

FRANCE

La France veut :

· Limiter les bonus. Si la France en avait les moyens, les bonus seraient plafonnés soit en termes absolus ou en pourcentage des bénéfices. Christine Lagarde a appelé à la mise en place de limitations globales des bonus. Lorsqu’il est devenu évident que d’autres pays ne partageaient pas l’enthousiasme de la France, qui à l’origine voulait imposer un plafonnement unilatéral des bonus, elle a depuis abandonné cette menace.

· Des bonus différés et des malus. La France a déjà imposé des règles nouvelles et a nommé un tsar des rémunérations pour suivre les gains des 100 traders les mieux payés dans chacune des banques françaises. Selon les règles, les traders ne peuvent recevoir qu’un tiers de leur bonus la première année, le reste étant versé les deux ou trois années suivantes et retenu si l’activité perd de l’argent pendant cette période.

La France ne veut pas :

· Augmenter les besoins en capital : les banques françaises, relativement sous-capitalisées, jugent cette mesure déloyale.

C’est dit :

Christine Lagarde a dit : Nous voulons quelque chose qui puisse être défini par des paramètres solides… quelque chose qui limite et encadre efficacement les bonus.
Nicolas Sarkozy a dit : Nous voulons mettre un terme au scandale des bonus. Nous voulons que cela cesse.

ALLEMAGNE

L’Allemagne veut :

· Limiter les bonus. Comme la France, l’Allemagne va plaider en faveur de la limitation des bonus lors de la réunion du G20 en septembre. La chancelière Angela Merkel a indiqué que le plafonnement des bonus était l’un de ses objectifs de la réunion. Le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück partage quant à lui la proposition néerlandaise visant à ramener les bonus à un pourcentage du salaire.

· De petites banques. Plusieurs des commentaires de Mme Merkel ont visé la taille des banques et le fait qu’elles ne devaient pas être too big to fail .

C’est dit :

Mme Merkel a dit : Les versements de bonus sont responsables d’avoir précipité bien des gens dans le mur. Et : Une banque ne doit pas de par sa taille et de ses interconnexions nous faire du chantage. Et pour qu’elle ne soit plus en mesure de le faire, il nous faut des règles internationales.

L’UE

L’UE veut :

· La fin des bonus garantis, y compris les bonus garantis sur une seule année.

· Bonus différés et malus.

· Des salaires fixes plus élevés, ou des bonus fixés à un niveau approprié à la rémunération fixe .

C’est dit :

Le président suédois de l’UE s’est lancé dans des phrases provocatrices du style : La bulle des bonus va éclater ce soir. Il a également qualifié les bonus de dangereux, indécents, cyniques et inacceptables .

Le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, a indiqué qu’après le sommet du G20 à Pittsburgh, l’UE devra aller de l’avant en imposant des limites aux bonus des banquiers même si les États-Unis ne le font pas .

LE FSB

Le Financial Stability Board a été créé par le G20 pour suivre et conseiller sur les changements du système financier.

Le FSB veut :

· Le relèvement des exigences en capital : le FSB a suggéré que les banques avec un capital limité ou de faible qualité devraient privilégier le renforcement de leurs capitaux plutôt que le versement de bonus ou de dividendes.

C’est dit :

Mario Draghi, président du FSB, a dit que les bonus ne relevaient pas d’un contrat privé : Il est maintenant tout à fait clair que lorsque la rémunération n’est pas liée à la performance, les régulateurs ont le droit d’avoir leur mot à dire.

LE RÉSULTAT PROBABLE

Sur la base de points d’accord, le G20 optera certainement pour :

· Des bonus différés et des capitaux propres plus élevés.

· Un système de bonus-malus.

· Des exigences de capitaux plus élevés (avec la reconstitution du capital privilégiée au versement des bonus).

Et sans doute également pour :

· Une plus grande transparence : il n’est pas impensable qu’à l’avenir, toutes les banques soient obligées de divulguer leurs plus gros salaires.

· Une interdiction totale des bonus garantis.

· Un plafonnement des bonus versés en fonction d’un pourcentage de la rémunération totale, et ce en dépit des mises en garde des pays anglo-saxons.

commentaires (1)

Comments
  1. Ca n’existe pas les bonus garantis.

    Cela s’appelle du fixe.

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