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Les résultats de Credit Suisse sonnent la fin de son recrutement frénétique

Credit Suisse vient d’annoncer ses résultats du troisième trimestre, en recul de 74% par rapport à la même époque de l’exercice précédent. Si le pôle Asset Management a plutôt bien performé en enregistrant un bénéfice avant impôts de 135 millions de francs (contre 22 millions au deuxième trimestre) et que le pôle Private Banking, dopé par les afflux de capitaux en provenance de la région Asie Pacifique, a limité les dégâts en affichant une baisse limitée à 4%, on ne peut pas en dire autant des activités d’Investment Banking.

Ces dernières ont en effet enregistré un bénéfice avant impôts divisé par deux, à 395 millions de francs. Au deuxième trimestre déjà, la division avait été particulièrement touchée, avec un bénéfice avant impôts chutant de plus de moitié, tant au regard du trimestre précédent (-56%) que par rapport à la période correspondante de l’an passé (-53%)

Des équipes sur-staffées ?

Dans un tel contexte, il est peu probable que la banque procède à des embauches en banque d’investissement, où les effectifs sont déjà pléthore. En effet, au cours des 12 derniers mois, Credit Suisse a embauché pas moins de 1.900 personnes dans sa banque d’investissement. Dans le même temps, le coefficient d’exploitation dans le secteur a augmenté à 89% pour les neuf derniers mois, contre 65% un an auparavant.

Il s’avère que l’activité est tout simplement trop étendue et a besoin d’être réduite, et rapidement étant donné le faible niveau d’activité, reconnaît Peter Thorne, analyste chez Helvea (Wall Street Journal). D’ores et déjà, la banque a prévu de supprimer 75 emplois dans sa division Investment Banking à Londres (Bloomberg), et selon la rumeur, 15 emplois sur le trading et les sales auraient été déjà supprimés sur les commodities.

Rester attractif

Chez Credit Suisse, on cherche à sauver les apparences. Notre stratégie avait déjà anticipé les conséquences d’un durcissement de la réglementation, tant au sein d’Investment Banking, où nous nous sommes retirés d’activités insuffisamment efficientes en termes de capital, que dans Private Banking, où nous avons renforcé notre présence mondiale onshore et offshore, rappelle Brady W. Dougan, CEO de la banque, dans un
communiqué.

La banque peut aussi se targuer de voir ses effectifs globaux en légère augmentation avec 50.500 personnes recensées dans le groupe au troisième trimestre, soit 3% de plus par rapport au trimestre précédent et de 7% de plus par rapport à l’année précédente. Mais cela ne suffira pas à dissuader les meilleurs éléments à quitter le navire en cas d’aggravation des résultats. Avec le recul, on comprend mieux pourquoi Credit Suisse a choisi de verser un bonus intermédiaire en numéraire le mois dernier à 400 de ses cadres londoniens.

Certes, il faudra de toute façon patienter jusqu’à la fin de l’année pour connaître le montant réel des bonus. En attendant, on observe qu’au troisième trimestre, les rémunérations et les indemnités sont en baisse par rapport au trimestre précédent. Un phénomène que la banque tente de minimiser et qui selon elle reflète principalement l’impact de la conversion des monnaies étrangères. En dollars US, les rémunérations et indemnités ont même légèrement augmenté par rapport au deuxième trimestre, reflétant une légère hausse des rémunérations et indemnités liées à la performance largement compensée par une baisse des cotisations sociales sur les attributions d’awards en actions, explique-t-elle dans le communiqué. L’honneur est donc sauf…

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