☰ Menu eFinancialCareers

Horizon 2022 : les jeux ne sont pas faits pour les professionnels français de la finance !

roulette

Faites vos jeux, rien ne va plus ?

Quel est le bilan de l’emploi dans l’industrie financière française depuis la crise et à quelle sauce seront mangés les financiers d’ici à 2022 ? Deux récentes études permettent de répondre à ces deux questions aussi délicates que légitimes pour les professionnels de cette industrie frappée de plein fouet par les restructurations, les délocalisations et les mutations technologiques. Et les nouvelles sont plutôt meilleures que prévu.

Coup d’œil dans le rétroviseur : ouf, les financiers français l’ont échappé belle !

Les entreprises qui créent de l’emploi en France ne sont pas celles que l’on croit. Voilà l’accroche de l’étude réalisée par Xerfi, qui a réalisé un palmarès des entreprises créatrices nettes d’emploi en France établi sur la période 2008-2013. Seuls 8 groupes du CAC 40 se hissent dans les 100 premières entreprises du top 500.

« Cette faible proportion s’explique notamment par la quasi-absence des grands groupes financiers et d’assurance », peut-on lire dans l’étude. Et d’ajouter : « certains bastions ‘traditionnels’ de notre économie ne figurent pas dans le classement, comme la banque ». Oubliez donc les BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Credit Agricole, absents du classement. Un seul acteur de la bancassurance est en mesure de se hisser dans le Top 100 – à la 74e place – et il s’agit du Crédit Mutuel CIC (avec 250 emplois nets créés depuis 2008).

Quand le status quo devient performance

Malgré cette présence pour le moins anecdotique dans ce classement, les activités financières et d’assurances sont parvenus à échapper au Top 10 des secteurs destructeurs d’emplois, en tête duquel figurent les travaux de construction spécialisée, la métallurgie, et le commerce de gros, qui à eux seuls ont perdu 220.000 emplois en 6 ans.

Car le secteur financier, bon gré mal gré, a bien réussi à créer des postes depuis 2008. Il se retrouve même juste à la marge du Top 10 des secteurs créateurs d’emplois, à la 11e place avec 13.000 nouveaux emplois en 6 ans. Progression que l’on doit surtout aux acteurs de l’assurance (70% du total). Quoi qu’il en soit, il s’agit évidemment d’une goutte d’eau dans une population de 810.000 actifs, mais constitue une petite performance comparée au bilan sectoriel chez nos voisins européens : stables en Allemagne (+600), en retrait en Italie (-11.700), et baisse plus marquée en Grande-Bretagne (-62.200) et surtout en Espagne (-82.900).

creation-emploi-europe

Ce bilan ne réserve pas cependant que des bonnes surprises. À l’image de ce qui se passe ailleurs sur le marché de l’emploi, la précarité s’installe en finance : près des 2/3 des nouveaux emplois crées dans le secteur sont en temps partiel (61%) ; 22% sont des contrats temporaires alors que ceux-ci ne représentent que 12% des emplois, ce qui provoque fatalement une plus forte hausse de l’emploi temporaire dans cette population (+7,8%) que des CDI (+5,8%).

Boule de cristal : dis-moi qu’il y aura plein de jobs encore dans 10 ans !

Au bout du compte, l’industrie financière n’aura donc pas détruit d’emplois depuis le début de la crise. Mais va-t-elle continuer à en créer ? La réponse est OUI. Dans les métiers de la banque et des assurances, 35 % des actifs occupés en 2009 devraient cesser leur activité d’ici 2020, indique une étude de l’INSEE ce matin.

Chez les cadres du secteur, où l’âge médian est de 45 ans contre 42 ans pour la moyenne nationale, le chiffre est plus élevé encore, montre l’étude « Les métiers en 2022 » dévoilée la semaine dernière par France Stratégie, unité de recherches et de prospectives rattachée au service du Premier Ministre, en partenariat avec la Dares, cellule statistique de Ministère du travail.

« Du fait du vieillissement important de cette catégorie d’actifs, les postes à pourvoir vont représenter chaque année 4% de cette population. C’est l’un des chiffres les plus importants, tous secteurs et métiers confondus. Cela signifie que sur 10 ans, on va assister à un renouvellement de 40% des cadres de la banque et des assurances », explique Sandrine Aboubadra-Pauly, responsable de projet prospectives des métiers et qualification au sein de France Stratégies, et coordinatrice de l’étude. Parallèlement, le secteur bancassurance va continuer à créer de nouveaux emplois cadres (50.000 d’ici à 2022), anticipent les chercheurs.

haut-du-tableaudetail-chiffres-banques-ass

Résultat des courses : 124.000 postes – de cadres uniquement – dans le secteur seront à pourvoir entre 2012 et 2022. Alors que, dans le même temps, le nombre de ‘techniciens’ dans le secteur devrait se stabiliser, et le nombre d’employés (les moins qualifiés) baisser. C’est l’un des grands enseignements de cette étude : une polarisation des emplois se met en place entre les métiers les plus qualifiés et à forte valeur ajoutée, qui sont en forte croissance, et les autres qui se contractent.

Alternatives : il n’y a pas que la bancassurance

Fort de ce dernier constat, et au vu des départs massifs dans l’ensemble des métiers (30% des actifs d’ici à 2022), les cadres de l’industrie financière ne devraient pas trop s’en faire, « à condition de se former tout au long de leur vie professionnelle », précise Sandrine Aboubadra-Pauly. Car d’autres secteurs connexes à la bancassurance offre de nombreuses opportunités d’ici à 2002, comme la gestion et direction des entreprises (320.000 postes de cadres et dirigeants) ; les études et la recherche qui intègrent les métiers du conseil et de l’audit (156.000 postes cadres) ou encore l’ingénierie informatique (136.000 postes à pourvoir).

Certains de ces secteurs ont déjà fait leurs preuves, si l’on en croit l’étude Xerfi. Les activités informatiques apparaissent ainsi comme le 5e secteur ayant créé le plus d’emploi entre 2008 et 2013 (28.000 emplois, soit +8,5 % des effectifs). Les activités juridiques, conseil, ingénierie se placent, quant à elles, en 3e position de ce palmarès  (45.900 emplois nets crées, et effectifs en hausse de 5,2%).

Des noms ? Prenez SOPRA (conseil, services technologiques et édition de logiciels notamment pour la bancassurance) : 2.000 emplois créés depuis 2008 ; DELOITTE : 1.500 nouveaux emplois en 6 ans ; NEURONES, ALTRAN, ALTEN, toutes orientées vers l’ingénierie et le conseil technologique servant notamment des clients dans les services financiers, ont créé depuis le début de la crise 1.500, 1.200 et 1.100 nouveaux emplois respectivement.

Et rappelez-vous que la mine d’emplois ne se trouve pas forcément là où les offres sont les plus visibles. Parmi les 100 premiers créateurs nets d’emplois du top 500 de Xerfi, 63% sont des entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Enfin, sachez que le salariat n’est plus la seule règle, y compris dans les activités financières et d’assurances où il n’a concerné « que » 63% des créations nettes d’emploi depuis 2008. Les indépendants sans salariés et les indépendants avec salariés constituant respectivement les 23% et 14% restants.

LIRE AUSSI : 

Recrutements : Le secteur financier, champion de l’optimisme !

Trois secteurs financiers, trois jobs « en or »

Voici comment les banques et assurances vous sourcent et vous recrutent

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici