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Ce qu’il faut retenir de l’épisode “stress tests”

Le sondage posté sur notre site anglais indique que vous, professionnels de la finance, ne donnez pas la meilleure note aux stress tests. 40% des répondants ont jusqu’ici répondu qu’il s’agissait d’inutiles balivernes ; le reste pense qu’ils étaient trop cléments pour être significatifs.

Les marchés semblent plutôt d’accord.

Et, comme les analystes de BarCap l’indiquent, avec ou sans stress test, les banques européennes ont toujours €1.5trn de dette arrivant à échéance d’ici à 2012, sans compter qu’elles ont également besoin de rembourser €500bn aux banques centrales.

Les tests ont auront au moins eu le mérite de forcer les banques à rendre public des informations précédemment inconnues sur leur exposition aux risques.

Comment les grandes banques s’en sont tirées

Un ratio Tier One inférieur à 6%=recalé. Les sept (des 91 grandes banques européennes soumises aux tests) qui ont échoué sont mentionnés ici. Les banques françaises se sont qualifiées haut la main

(Pour des informations sur le scénario de référence, le scénario défavorable et le choc souverain, cliquez ici et allez à la page 3).

Pourquoi les stress tests ne sont pas particulièrement crédibles

Comme divers analystes ont aimé à le répéter, les stress tests, bien qu’intéressants, ne sont pas tout à fait crédibles. Et ceci, pour plusieurs raisons:

1) Plus de banques que prévu ont réussi l’examen

Quand les Etats-Unis ont fait passer leurs stress tests en mai 2009, seulement 47% de banques les ont réussis. Cette fois, les analystes de BarCap s’attendaient à ce que 75-85% des banques européennes y parviennent. In fine, 92% ont obtenu l’examen concocté par le Comité des régulateurs européens (CEBS).

2) Les critères de défaut de prêts n’étaient pas très exigeants

Les pays ont pu utiliser des critères différents évaluant eux-mêmes les hypothèses de défaut de prêts. En Espagne, par exemple, la supposition était que les prix de l’immobilier commercial baisseraient de 55% cumulatifs. En Grèce, l’hypothèse retenue était une baisse de 7%.

Les analystes de Morgan Stanley indiquent que l’Allemagne et l’Italie semblent avoir été particulièrement clémentes à cet égard.

3) Seule l’exposition aux obligations d’État inscrit au trading book ont été prises en compte, et non celles inscrites au bilan de la banque

C’est LE point qui suscite la polémique, étant donné que les évaluations tiennent seulement compte des pertes potentielles sur les obligations d’Etats traitées par les banques, plutôt que celles qu’elles détiennent jusqu’à leur échéance.

Pourquoi les stress tests ne changeront rien ou presque

Les analystes de BarCap soulignent qu’après les stress tests réalisés aux Etats-Unis, l’indice du secteur bancaire américain a grimpé de 70%. Cette fois, un tel scenario semble peu probable, pour les raisons suivantes :

1) Le climat est différent

Les stress tests américains ont coïncidé avec une économie en plein rétablissement. En outre, comme les analystes de Morgan Stanley l’indiquent, la politique fiscale du moment était différente (l’austérité n’était pas à l’ordre du jour).

2) Il y a toujours toute cette dette dans les tuyaux

Les stress tests ne feront pas disparaître la dette détenue par les banques. Les stress n’ont pas fait grand-chose pour améliorer les défis de financement structurel auxquels font face les banques européennes, écrivent les analystes de BarCap.

Pour quelle banque européenne devriez-vous finalement travailler ?

Les analystes de BarCap pensent que HSBC et BNP Paribas s’en sortent bien. Cependant, Dirk Hoffman-Becking indique que la BNP n’est pas si saine une fois que l’ensemble du portfolio de dettes sur le bilan de la banque est pris en considération. Il penche beaucoup plus en faveur des banques suisses, puis suivent BarCap et SocGen.

Cela dit, Dirk Hoffman-Becking indique aussi qu’une crise de la dette souveraine européenne vous atteindra où que vous travailliez. Ainsi, tranche-t-il: Nous ne croyons pas qu’un défaut souverain d’une économie européenne majeure (c’est-à-dire l’Espagne) peut être modélisée avec réalisme. Les implications sur la liquidité et le financement laisseraient, en toute probabilité, seulement un très petit nombre de banques viables dans ce pays. Étant donné les liens de financement à travers la Zone Euro, cela mènerait à une réaction en chaîne impactant les autres banques européennes. Dans un troisième temps, les préoccupations liées à un Euro en chute libre entraînerait un écroulement du système .

Ou cette autre analyse presque toute aussi réjouissante formulée par Etienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit au sein de Edmond de Rothschild Investment Managers: A moyen terme, cinq à six ans, le monde bancaire ne ressemblera pas du tout à celui dans lequel nous sommes aujourd’hui. Toutes les banques ressembleront plus ou moins à La Banque Postale française.

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