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Les banquiers d’investissement au top de la pyramide des salaires : la preuve par les chiffres, même si…

Banquier européen ? Peu probable…

Banquier européen ? Peu probable…

Si l’argent constitue votre principale motivation professionnelle, ne vous orientez pas vers la gestion d’actifs ou la banque de détail. Un nouveau rapport de l’Autorité Bancaire Européenne (ABE) révèle que parmi les professionnels régulés, les banquiers d’investissement affichent des rémunérations bien supérieures à celles des retail bankers ou des asset managers.

À la lumière de ce rapport, les professionnels de la banque de détail ressortent comme les plus mal lotis. D’après le tableau ci-dessous, les banquiers d’investissement ont gagné près de trois fois plus que les banquiers de réseau en 2012 (derniers chiffres disponibles). Ces mêmes investment bankers ont également perçu des bonus très largement supérieurs à tous les autres, même si la baisse se poursuit année après année dans ce secteur.

La rémunération des professionnels régulés en banque d’investissement, banque de réseau et gestion d’actifs : 

EBA report

Source: ABE 

Il semble néanmoins que la suprématie des banques d’investissement touche à sa fin. Comme chacun sait, elles ont introduit les « role-based allowances » afin de contourner le plafonnement des bonus institué par l’Union Européenne, lequel prévoit que les salariés preneurs de risque ne pourront percevoir des bonus supérieurs à 100% de leur salaire (ou 250% à titre exceptionnel). Et comme nous l’évoquions le mois dernier, ces indemnités liées à la fonction se sont révélées être un excellent filon pour les banquiers européens. Tout d’un coup, les voilà avec leur salaire, leurs bonus différés et ces « indemnités » intégralement payables en cash.

Quoi qu’il en soit, l’ABE a pris la mesure de la ruse autour de ces « indemnités ». Dans la préface de son dernier rapport, elle précise qu’elle « analyse actuellement cette nouvelle pratique et définira des lignes directrices en vue de clarifier la nature – variable ou fixe – de ces éléments de rémunération, afin de s’assurer que ces pratiques ne reviennent pas à contourner le récent plafonnement des bonus entre les composantes variables et fixes de la rémunération. »

Quelles seront les conséquences à terme pour les banques ? Et les implications pour les employés des banques européennes qui un peu partout dans le monde profitent de ce nouveau système ?

Pourquoi les banques conserveront ces nouvelles indemnités liées à la fonction (ou autres primes similaires)

Pour les avocats spécialistes de la rémunération, la tentative d’intimidation de l’UE revient à un coup d’épée dans l’eau.

« Tout ceci a déjà fait l’objet de nombreuses réflexions, indique sous couvert d’anonymat une avocate londonienne travaillant avec le secteur bancaire. Les indemnités ont été structurées de manière à ce que les banques puissent attester qu’il s’agit de salaires fixes et non d’une forme de bonus. »

Elle précise que les indemnités les plus solides légalement sont celles liées à la fonction, et non à la personne. Les salariés la perçoivent tant qu’ils exercent cette fonction spécifique. Suivant cette définition, les banques peuvent continuer à modifier ces indemnités, à condition que les fonctions soient également modifiées.

Par comparaison, cette avocate ajoute que les indemnités les plus attaquables juridiquement sont celles qui laissent aux banques toute latitude pour les modifier, les réduire, voire les retirer sans qu’il soit fait référence à la fonction occupée. Celles-ci correspondent en réalité à des bonus déguisés, susceptibles d’être dénoncés par l’ABE lors de la publication des nouveaux « guidance criteria ».

Sam Whitaker, conseiller juridique au bureau londonien de Shearman & Sterling, est spécialiste des pratiques de rémunération des dirigeants et des avantages sociaux des salariés. Il concède que les banques recherchent des alternatives à ces indemnités, qui constituent un pis-aller. Parmi les diverses pistes explorées, on trouve la renégociation fréquente des contrats de travail pour permettre la fluctuation des salaires en fonction du climat économique, ou des paiements temporaires aux banquiers en contrepartie de la signature d’une clause de non-concurrence.

Les règles de rémunération de l’UE restent une question purement annexe

En tout état de cause, au milieu de ces interminables débats, il est bon de rappeler que le plafonnement des bonus ne concernent au final que très peu de banquiers. Seuls 4,4% des effectifs des banques d’investissement sont soumis à régulation suivant la nouvelle directive de l’UE sur les salaires. Quant à la gestion d’actifs, le chiffre est dérisoire, à peine 1%.

EBA chart 2

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