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Connaître son chasseur de tête

Vous êtes soit en train de parler à un journaliste ou à une autre de ces catégories d’intouchables : un chasseur de têtes. Dans ce dernier cas, l’appel peut marquer le début d’une belle relation – ou au moins d’une relation qui devrait vous donner accès à un emploi plus intéressant, même si vous n’en recherchiez pas un.

Il faut garder plusieurs choses en tête, surtout lorsque le secteur de la banque d’investissement et des securities commencent à s’impatienter de connaître des jours meilleurs, et lorsque le téléphone sonne de plus en plus souvent, offrant de nouveaux challenges. Cela commence par l’un de ces appels secrets, qui mérite que l’on s’y intéresse dès le début.

D’après un banquier travaillant à Francfort, les chasseurs de têtes n’ont souvent pas la moindre idée de ce qu’implique le poste qu’ils essaient de pourvoir: Ils m’appellent pour me demander si je connais quelqu’un qui conviendrait pour un poste en produits dérivés actions. Pourquoi ne me demandent-ils pas tout simplement de faire leur boulot à leur place ?

Il faut se méfier des démarcheurs. Ils ne s’intéressent pas exactement à ce que vous faites et à vos objectifs. Ils sont bien plus motivés par la commission qu’ils pourraient toucher.

Actuellement, la plupart des chasseurs de têtes sont soit très bons, soit très mauvais. La pénurie de contrats a forcé les meilleurs à être plus professionnels, mais il en reste d’autres prêts à remplacer sur-le-champ les plus mauvais qui ont échoué.

Vous devez vous renseigner sur celui qui vous a contacté de façon si inattendue. Cela vous servira, même si le chasseur de têtes se révèle être le meilleur des meilleurs.

Une gestionnaire de fonds basée à Londres, qui a récemment changé de job, explique : Préparer vos questions. Ces types sont payés par la société qui recrute pour vendre sa marque aux candidats potentiels, et de nos jours, ce sont des vendeurs comme les autres.

Elle affirme qu’il ne faut pas avoir peur de poser des questions délicates, surtout si, lors du premier appel, la nature du poste proposé est mal définie. Parler de cet appel, en privé, avec des amis, des collègues de confiance, ainsi qu’avec des confrères du même secteur. La plupart auront déjà eu affaire à ce chasseur de têtes, et pourront vous dire s’il faut ou non continuer votre enquête.

Laissez vos préjugés de côté : une grosse société n’est pas forcément excellente, et les boutiques ne sont pas toujours des spécialistes. Toby Boyle, de chez Henderson Private Capital, qui fait appel à des chasseurs de têtes pour former ses équipes, explique : Nous avons tendance à préférer les petites structures de conseils en recrutement, car elles connaissent mieux notre métier. Cependant, pour les entreprises qui préfèrent disposer d’un réseau plus large, les grands groupes de recrutement conviendront mieux.

Il ne faut jamais oublier de demander qui règle la note. Cela explique souvent pourquoi cette offre est arrivée jusqu’à vous. Un banquier en fusions-acquisitions, qui a quitté Francfort, explique : Je ne recherchais pas vraiment un nouveau job, et si le chasseur de têtes ne m’avait pas appelé, j’aurais raté l’occasion de changer d’emploi.

Le chasseur de têtes embellit souvent le poste présenté à cause du client. Si vous vous fiez aux propos du chasseur de têtes, des banques assez modestes deviennent des acteurs de premier plan, et l’opportunité d’augmenter considérablement votre salaire pourrait bien n’être qu’une illusion.

Un gestionnaire des risques pour une banque suisse indique : Les chasseurs de têtes peuvent être assez efficaces pour répondre aux attentes de leur client. Ils peuvent se révéler des médiateurs très utiles dans les négociations. Mais ne comptez pas sur eux pour vous négocier un bon salaire : ils ne sont pas payés pour cela.

A l’inverse, notre gestionnaire de fonds londonienne affirme qu’il faut essayer de les mettre de côté le plus tôt possible : Faites confiance à vos instincts, et si vous avez de bonnes intuitions, négociez vous-même. Débarrassez-vous des intermédiaires. Cela peut vous aider à écarter certains de vos concurrents, qui s’accrochent au chasseur de têtes dans l’espoir de faire partie des quelques élus. Vous n’êtes jamais le seul candidat. Ils misent sur plusieurs chevaux jusqu’aux derniers mètres, car ils courent après la commission.

Même si votre réputation est entre les mains du chasseur de têtes pendant quelque temps, c’est vous qui subirez les entretiens ; c’est votre curriculum vitae que l’on étudiera de près. La balle est dans votre camp. Le plus souvent, les expériences avec les chasseurs de têtes sont positives. Un banquier recruté par un chasseur de têtes explique : C’est comme le courtage. Certains font du courtage sur des titres, d’autres sur des gens. Les bons sont vraiment faits pour ça et ils s’efforcent véritablement de comprendre les individus et ce qu’ils recherchent, de voir s’ils conviendraient à l’équipe. Ils aident à restructurer le secteur, pas simplement à placer des gens.

Cette opinion est aussi partagée par les employeurs, et cela indique peut-être un profond changement du rôle du chasseur de têtes, qui devient moins opportuniste, et cherche de plus en plus à construire des relations durables. Pour les candidats chassés, cela ne peut être que bénéfique.

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