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Combien vaut un économiste junior dans une banque internationale?

Un panel de chasseurs de têtes spécialisés donnent leur avis sur le package typique payé à Londres: économiste junior, banque internationale – salaire compris entre 65 000 et 72 000 euros; bonus compris entre 14 000 et 36 000 euros.

L’historien Thomas Carlyle décrivait l’économie comme une “science misérable”. Quelqu’un de moins connu, constatant le penchant des économistes pour les paradoxes, soulignait que la grande majorité d’entre eux ne pouvait construire de raisonnement sans utiliser la formule pratique d’une part et d’autre part .

Bien que cela puisse paraître incroyable pour ceux qui accordent plus de crédit aux boules de cristal qu’aux prévisions des économistes, les banques ont toujours trouvé une utilité aux économistes. De nos jours les situations de marché haussier, de déficits grandissants et d’augmentation des taux d’intérêt ne sont pas exceptionnelles . Les économistes sont souvent recrutés à la sortie des universités: les théories apprises peuvent alors être appliquées immédiatement.

La tendance est de faire travailler les économistes à côté des traders plutôt que de les isoler dans une pièce séparée loin de l’action. Cela les prépare à ce jour inévitable où ils devront expliquer et vendre leurs recherches aussi bien en interne qu’à l’externe.

De nos jours, il est plus difficile d’intégrer directement une entreprise prestigieuse. Disserter de manière convaincante sur le PIB, l’inflation et le chômage, ou les spécificités d’un pays ou d’un secteur n’est plus suffisant; il faut également avoir d’excellentes compétences quantitatives.

Paul Tapp, de chez Longbridge Associates, explique: “Les banques exigent aujourd’hui des qualifications plus élevées; typiquement elles demandent des compétences solides en économétrie et en statistiques, en plus des compétences classiques en économie. Les doctorats sont de plus en plus exigés.”

D’après Rebecca Lea, de chez Alexander Mann Global Markets, de bonnes capacités de communication à l’oral et à l’écrit sont vitales, sans mentionner les qualités relationnelles.

Elle explique: ” il y a un retournement de la demande pour des économistes hautement qualifiés, ce qui implique d’avoir au moins une maîtrise en économie, des compétences quantitatives solides et posséder une bonne expertise en modélisation.

Mme Lea affirme que les salaires se sont plutôt bien maintenus – pour les bonnes personnes. Elle estime qu’un économiste junior, avec trois à cinq ans d’expérience peut gagner un salaire moyen de 87 000 euros, plus un bonus compris entre 29 000 et 58 000 euros; d’après M. Tapp, un économiste débutant ou ‘associé’, peut espérer un salaire compris entre 50 000 et 65 000 euros, avec un bonus approchant 14 000 euros.

Quand un employé atteint le niveau de vice-président et devient économiste senior – en général trois ou quatre ans plus tard – il peut s’attendre à des salaires bien meilleurs : ceux qui ont entre 10 et 15 ans d’expérience peuvent demander un salaire de base approchant 145 000 euros, avec un bonus compris entre 290 000 et 435 000 euros.

M. Tapps explique: “Les bons salaires viennent tardivement, surtout pour ceux qui passent du coté buy-side et qui possèdent les compétences requises en management dans ce domaine.”

Les chasseurs de têtes s’accordent sur le fait que les jours des économistes traditionnels – ceux qui se contentent de réaliser de la recherche, et qui se tiennent relativement à l’écart des problèmes quotidiens de leur entreprise sont comptés; les économistes agissent de plus en plus comme des stratégistes – et peuvent meme parfois porter ce titre plus que celui d’économiste.

Savoir s’adapter est vital, ainsi que d’accepter de ne pas toujours faire les recherches qui vous intéresserent le plus. Beaucoup d’économistes changent de poste pour rejoindre de plus petites structures ou des hedge funds, trouvant par eux-mêmes une niche qui paie mieux et qui peut offrir plus de sécurité qu’une grande banque.

En plus d’avoir de la chance et de bons contacts, quel est l’élément déterminant pour poursuivre une carrière d’économiste ? M. Tapp affirme qu’il faut avoir un enthousiasme sans limite pour le sujet – ce qui n’est pas difficile, pour une profession qui se prend très au sérieux par rapport au reste de leurs collègues de la City.


Chiffres et commentaires fournis par Alexander Mann Global Markets et Longbridge Associates.

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