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Une journée avec Sharon Wienbar : directrice d’un fond de venture capital

06:15 Je me réveille, je prends une douche, mon café et mon petit-déjeuner. J’ai mes habitudes du matin et je prends mes céréales avec du lait en lisant le journal presque tous les jours, même si mes premières réunions ont lieu très tôt. Mon mari se lève avant moi pour nager avant de se rendre à son bureau.

07:00 Je me connecte à une conférence call d’un conseil d’administration qui a lieu à l’extérieur de la ville. Un de mes associés fait partie du conseil de cette société mais notre fond assigne habituellement deux associés à chaque affaire. Je garde mon téléphone en mode silencieux pendant cette conversation vu que mes enfants descendent prendre leur petit-déjeuner et se préparent pour aller à l’école. Ils sont généralement assez doués pour garder le silence pendant que Maman est au téléphone, et je suis passée maître dans le bisou du matin silencieux. Ils sont en route pour l’école dès 8 heures.

08:30 L’une des sociétés de mon portefeuille organise une conférence téléphonique entre les membres du board plus tard dans la matinée pour approuver un nouveau financement. Cette affaire soulève quelques problèmes que nous devons résoudre avant la réunion. Je m’assure donc auprès de mes co-investisseurs que nous partageons le même point de vue sur ces sujets. J’appelle ensuite le board de la société pour savoir comment nous pourrions mettre en ceuvre différents scénarios. Puis je passe un coup de fil au PDG pour l’informer du statut de l’investisseur et des étapes à suivre. Elle n’approuve pas le retard qui pourrait être pris mais elle le comprend et se réjouit de l’attention qui est portée à sa société. Cette entreprise n’est pas en mauvaise posture, quelques jours ne représentent donc pas la fin du monde. En l’espace de 30 minutes, je passe plusieurs coups de téléphones à chaque business angel, séparément et certains tous ensembles, pour discuter de la façon dont nous financerons notre société.

09:30 Autre réunion téléphonique. Le PDG fait un récapitulatif de l’activité qui est encourageant. Notre nouveau gros contrat génère des bénéfices, tandis que d’autres contrats sont en bonne voie. Le board s’est réuni et recommande que la société accepte les conditions de l’investisseur. Le problème est que tous les investisseurs n’ont pas encore donné leur accord sur la liste de conditions, le sujet reste donc à l’étude pour l’instant. La réunion s’achève tôt mais nous aurons un suivi vendredi.

10:30 J’ai quelques messages intéressants sur mon répondeur aujourd’hui. Un autre fond veut partager les investissements dans un nouveau projet qu’ils étudient concernant la publicité sur Internet, domaine auquel je m’intéresse tout particulièrement. J’y réponds immédiatement mais tombe sur la messagerie. J’ai reçu un message d’une autre agence de publicité sur Internet; il a vu un article que j’ai écrit pour CNET sur l’adware et le spyware (https://news.com.com/The spyware inferno/2010-1032_3-5307831.html), et il souhaiterait savoir si je voudrais investir dans sa société. Mince alors ! Ce truc marketing marche vraiment puisqu’on obtient un deal qu’on aurait pas eu autrement. Le troisième coup de fil intéressant vient d’un conseiller d’une société concernant un deal que j’avais repérée il y a quelques mois, un système de musique numérique pour les consommateurs. Elle veut savoir pourquoi nous avons refusé d’y investir.

12:00 Réunion avec les associés (autour d’un déjeuner): Habituellement, nous avons une réunion avec les associés le lundi. Cette semaine, notre équipe hardware travaille intensément sur un deal important qui dure depuis des semaines. Lundi, nous pensions que la société attendait la liste de conditions des nouveaux investisseurs dans une semaine ou plus, mais un capital-risqueur nous a devancé en proposant ses conditions en avance lundi soir. Nous devons maintenant décider si l’on approuve l’investissement et si l’on soumet notre propre liste de conditions dans la compétition. L’associé en charge nous explique avec talent comment il veut restreindre le risque – qui bien entendu ne disparaîtra pas puisque c’est notre métier. Il a des idées afin que la structure du financement soit avantageuse pour tous : pour le management, les investisseurs internes et nous. Notre associé sait combien la société vaudra au final et par conséquent ce que nous pouvons payer pour obtenir un bénéfice raisonnable. Nous sommes tous d’accord avec ses propositions et nous approuvons par vote l’affaire. Il a maintenant la tâche difficile de négocier avec les insiders. J’ai mal à la tête à force de me concentrer intensément et rapidement sur un secteur technologiques loin de mon propre domaine de compétences. Mais c’est justement ce qui est amusant dans le capital risque: il n’y a jamais de temps morts, on apprend toujours de nouvelles choses.

14:00 Un associé qui se trouve dans un fond en création à l’extérieur de la ville a prévu une réunion téléphonique avec moi. Il a une société dans son portefeuille disposant d’une technologie intéressante qui n’a pas encore généré de bénéfices. Il veut savoir si l’une des sociétés de mon portefeuille, déjà très profitable, voudrait racheter sa société pour étendre son domaine. J’écoute l’autre capital risqueur mais lui explique que nous avons déjà considéré l’idée et que nous ne souhaitons pas le faire.

14:30 Coups de fils avec des business angels qui ont des questions complémentaires sur les nécessités futures de financements, les conditions…. Je me promets de ne jamais être un business angel.

15:00 J’assiste à de nombreux rendez-vous avec des personnes en recherche d’emploi -ces rendez-vous peuvent être vraiment ennuyeux ou au contraire drôles et utiles mais il est difficile de savoir ce qui nous attend en entrant en réunion. Le rendez-vous de cet après midi est avec un ancien PDG intérimaire (il passe de société en société pendant que le conseil d’administration cherche un nouveau PDG à plein temps) qui recherche un poste de PDG permanent . A la suite de cette réunion, je le présente par email à un excellent recruteur qui travaille fréquemment avec nous.

16:00 Entre deux rendez-vous, je discute par téléphone avec le conseiller qui s’occupe du deal dont nous assurons le financement. L’avocat pense que les conditions que j’ai élaborées avec les business angels sont convenables. Il est d’accord pour que nous commencions à rédiger les termes du contrat, même si nous n’avons pas encore l’accord officiel du board. Je rencontre ensuite un vrai candidat pour un vrai poste de directeur financier dans l’une des sociétés de mon portefeuille. La société prévoit un premier appel public à l’épargne pour l’année prochaine et un directeur financier extrêmement fiable est donc indispensable. Heureusement, ils ont déjà une solide équipe de direction et sont dans une excellente situation. Il est donc facile d’attirer des talents par le biais de notre meilleur recruteur. La personne que j’ai rencontrée cet après-midi a tout fait : appel public à l’épargne, Fusions et Acquisitions internationales, spin-outs et spin-ins, structures de financement et création d’infrastructures. Nous passons presque tout l’entretien à parler de la société et de son domaine de compétence mais nous enchaînons sur une discussion ouverte sur la musique en ligne : les consommateurs qui paient préfèrent-ils acheter de la musique ou la streamer ? Pourquoi Apple continue-t-il à augmenter ses parts de marché ? Est-ce que Yahoo profitera de la nouvelle acquisition de MusicMatch dont tout le monde parle ?

17:00 J’essaie à nouveau de retourner l’appel du co-investisseur potentiel qui souhaite partager son opportunité de deal dans le domaine de la publicité sur Internet, je parviens cette fois à le joindre. Il décrit la société et les investissements potentiels qui ont l’air intéressants. Je conviens de réarranger mon emploi du temps du lendemain afin de rendre visite à cette société se trouvant à une heure de trajet à l’est. Nous voulons agir rapidement.

17:30 Je suis généralement de retour à la maison pour l’heure du dîner mais j’ai ce soir une obligation professionnelle. J’appelle donc la maison pour m’assurer que les enfants vont bien, que leur journée s’est bien passée, qu’ils ont fait leurs devoirs… mon mari sera bientôt de retour, j’appelle donc notre baby-sitter puis papote avec chacun de mes enfants. Ils attendent que leurs costumes de Halloween commandés sur eBay arrivent. La question Quand est-ce que mon costume de Juliette va arriver ? occupe presque toute la conversation après avoir vérifié l’avancée des devoirs.

18:30 Dîner d’affaires avec deux PDG de mon portefeuille qui devraient se connaître mais qui ne se connaissent pas. Ils ont tous deux beaucoup d’expérience dans leur domaine (le marketing consommateur) et ont même parfois été PDG de sociétés presque concurrentes, mais ne se sont jamais rencontrés. J’ai proposé de les présenter et j’organise donc un dîner ce soir pour nous trois au restaurant Chez Spencer, un restaurant français dans un mauvais quartier de San Francisco mais proche de l’autoroute. Nous abordons de nombreux domaines; ces deux entrepreneurs, brillants et extravertis, ont une conversation délicieuse que je me contente d’écouter pour une partie de la soirée. Après avoir partagé un parfait à la noisette à trois, nous achevons le dîner. L’un des PDG s’en va tandis que je discute rapidement avec l’autre dirigeant de notre candidat pour le poste de directeur financier. Il est temps de rentrer en banlieue à la maison.

21:30 En rentrant, je commence par le plus important : je tiens la promesse faite aux filles de les border en leur faisant des bisous. Ils dorment pendant que je leur fais un câlin, mais j’aime bien ça! Mon mari me raconte sa journée et nous discutons du reste de la semaine. Après notre discussion, je vérifie rapidement mes emails. Je réponds à plusieurs courriers et décide que le reste peut attendre le lendemain. Je lis le journal pour me relaxer un peu avant d’aller au lit, puis quelques magazines. Les livres conseillés par mon club de lecture devront patienter jusqu’au week-end.

commentaires (1)

Comments
  1. Le rythme de travail semble purement artificiel. Entre les rendez-vous bidons avec les personnes en costume qui se prétendent intelligentes et cette femme qui devrait rester dans son salon à s’amuser avec ses enfants, le texte se révèle drôle.

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