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D’un ex-Lehman : Traitons les banquiers comme des consultants

Quelle semaine ! Les plans sociaux pleuvent de partout. Les rescapés ont peu de raisons de se réjouir. Après tout, ils vivent dans la peur d’être bientôt les prochaines victimes sur la liste. En ce qui me concerne, j’ai trouvé une petite caverne où me cacher. Un abri temporaire duquel je peux observer le carnage. Si j’en crois les images de CNBC, diffusées en continu sur un écran de mon bureau, le pire est encore à venir.

Le massacre semble ne suivre aucune logique. D’un côté, les profils seniors voient leur poste supprimé car ils coûtent trop cher. De l’autre, les juniors sont licenciés parce que l’on ne s’attend pas à ce qu’ils génèrent rapidement des revenus. C’est un peu comme si on brulait une cigarette par les deux bouts.

Au plus fort de la crise Internet, les banques étaient accusées de supprimer prématurément des postes (je me souviens à ce sujet de Lehman qui criait alors haut et fort sur le campus qu’elle ne mettait personne à la porte, sept ans plus tard elle s’est bien rattrapée…). Les banques vont-elles répéter les erreurs du passé ?

Je ne pense pas. Elles vont probablement saisir cette opportunité pour faire de l’ordre. Cela signifie peut-être se séparer de personnes embauchées ces dernières années qui ont rejoint cette industrie pour les mauvaises raisons.

Les banques devraient également en profiter pour traiter leurs troupes différemment, plus à l’image de ce qui se fait dans les cabinets de conseil en stratégie. Ces deux industries ont beaucoup en commun : les cabinets de conseil sont extrêmement profitables, ils gagnent leur vie en produisant de la valeur immatérielle (autrement dit intellectuelle) et rémunèrent très bien leurs consultants pour leur emploi du temps chargé.

Contrairement aux cabinets de conseil en stratégie, les banques ont fait deux grosses erreurs:

– Elles ont offert des salaires démesurés. Les consultants gagnent bien leur vie, mais jamais de manière extravagante ni précipitée. Les détenteurs de MBA ont rejoint en masse les banques pour faire de l’argent facile, qui leur ont permis de rembourser leur emprunt en un rien de temps. De la même manière, les analystes qui sont allés vers le trading ont été leurrés par la perspective d’un bonus à six chiffres à un horizon de moins de quatre ans. Pour beaucoup, la banque est une machine à se financer, pas un choix de carrière.

– Elles ont encouragé beaucoup à foncer dans le mur. Pour un forçat qui fait toute sa carrière dans la banque, combien doivent quitter le secteur faute d’être capable de gérer la pression ou d’en avoir seulement envie. Le taux de professionnels qui tournent le dos à leur cabinet de conseil est également élevé. Mais, au moins, les consultants peuvent retrouver un poste de manager dans l’industrie. Les possibilités de reconversion pour un trader CDS sont, elles, franchement limitées.

Les risques en question associés à certaines carrières bancaires suscitent un certain appétit pour le risque justement. Ceci aboutissant à des résultats en dents de scie. Au lieu de l’argent, les banques ont donc plutôt besoin d’offrir de véritables carrières à l’image de ce qui existe dans le consulting. La stabilité donnerait aux traders et banquiers d’affaires la confiance nécessaire pour jouer le jeu sur le long terme, plutôt que de tout miser sur un coup.

commentaires (6)

Comments
  1. C’est plutôt bien vu et louable sur le principe.

    Il y a toutefois une différence fondamentale entre les cabinets de conseil en strat et les banques d’affaires: les premiers sont dans l’immense majorité des groupes privés détenus par leurs associés sous forme de partnerships, les seconds sont généralement des boites cotées, qui ont des actionnaires par définition volatils et avec des intérêts divergents. La plupart des métiers de banque d’affaires exigent d’avoir des capitaux et un bilan importants, pour le conseil pas besoin de bilan et capitaux minimum, c’est donc difficile d’avoir la même approche de gestion dans les deux cas car pas le même risque.

    Sur long terme, les partnerships s’en sortent souvent mieux: cf succès de Rothschild, de Lazard en son temps ou de nombreux hedge funds, mais pas dans tous les métiers.

    De plus, les métiers de banque d’affaires sont encore plus cycliques que ceux de conseil en strat, cela rend une approche “investissement long terme” encore plus difficile à tenir.

  2. Je ne crois pas que la comparaison banking/conseil en stratégie est très pertinente.
    ->Ces deux industries ont des configurations de marché propre à chacune d’elles…
    En ce qui concerne les acteurs, c’est vrai qu’il y a quelques passerelles entre les deux, mais le profil d’un consultant en strat et est vraiment super différent de quelqu’un en investment banking.

  3. Cet article n’a rien de pertinent… La comparaison n’a pas lieu d’etre, ce sont des metiers differents.

  4. Serait-ce vraiment mieux pour les banquiers? Ou plutôt mieux pour les profits des banques, de moins payer leurs salariés?

  5. Traiter les banquiers comme des banquiers et les consultants comme des consultants.
    That’s it guys!

  6. Le trading est incomparable!! On confie des millions à des gens de moins de 30 ans pour faire des leverages de “n ” fois le nominal en leur racontant qu’ils sont les génies du business.
    Comment? en appliquant des méthodes mathématiques qui sont et qui resteront théoriques, ou le risque encouru est vendu à un client de la place qui le revend à un autre jusqu’à ce que mort s’en suive.
    Un jour la réalité rattrape la fiction, et elle est moins sexy.
    Pour moi, le manque de maturité fait la différence entre les gens responsables et les autres.
    A force de penser cash à CT et bonus, on oublie qu’il y a des lendemains. De fait, la cote des banquiers n’est pas prete de remonter dans l’opinion publique.

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