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Dix signes qu’il est temps de changer d’emploi dans la banque en 2017

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Si vous voulez trouver un nouvel emploi dans le secteur bancaire, les premiers mois de l’année sont théoriquement le moment idéal. Les budgets ont été votés, les bonus sont sur le point d’être versés, et vous débordez d’enthousiasme juste après vos vacances d’hiver.

Quitter un emploi bancaire n’est cependant pas si simple qu’il n’y paraît. Primo, il est devenu plus difficile de trouver un nouveau job- surtout si vous ne pouvez pas justifier d’excellentes performances alors que vous touchez un bon salaire. Secondo, les banques font tout pour retenir leurs meilleurs éléments. Tertio, il est plus difficile que jamais de retrouver un salaire analogue à celui de la banque si vous quittez l’industrie financière.

Alors que faire : rester ou partir ? Il y a les signaux d’alerte classiques bien sûr à ne pas négliger comme le fait que votre entreprise connaisse des difficultés, que vous ne soyez plus en phase avec les valeurs de votre employeur, que vous n’ayez plus le cœur à l’ouvrage, que vous soyez trop stressé, que vous ne vous entendiez plus (du tout) avec votre boss… Mais ces arguments – dans lesquels beaucoup pourront se reconnaître – suffisent-ils ?

L’industrie financière a cela de particulier qu’elle produit des signes qui ne laissent pas de place aux doutes ou presque, d’après les recruteurs et chasseurs de têtes en finance parisiens et londoniens interrogés. Voici donc les six critères annonciateurs d’un très probable départ…

1. Vous avez reçu zéro bonus ou un bonus ridiculement bas

Si théoriquement vous pouvez passer outre le fait de ne pas avoir reçu de bonus et vous accrocher à votre job comme un zombie, c’est en réalité un mauvais calcul. “Si vous obtenez zéro bonus, il faut partir“, conseille Michael Karp, directeur général de Options Group basé à Londres. “C’est la preuve que vous faites partie des derniers de la classe. Même s’il n’est pas facile dans ces conditions de changer d’employeur, cela restera le meilleur moyen de revenir un jour dans le bonus pool“.

D’autant plus que changer d’employeur en affichant zéro bonus ou un bonus en forte diminution n’est pas rédhibitoire. “Lors du processus de recrutement, les banques demandent souvent aux banquiers de leur indiquer non pas le montant de leur dernier bonus, mais de leurs trois derniers bonus. Les banques qui recrutent ont également tendance à prendre en considération le contexte général de réduction des bonus qui a touché de nombreuses banques d’investissement ces dernières années et ne tiennent donc pas rigueur au candidat d’afficher un faible bonus“, indique Thierry Carlier-Lacour, directeur associé chez Traditions & Associés Executive Search Consultants.

Cela dit, « quitter votre job simplement parce que votre bonus est trop bas n’a pas de sens à l’heure où la plupart des desks de trading ont enregistré de mauvaises performances », tempère David Reynolds qui travaille dans le fixed income au sein de la société de recherche Scott Reynolds Partners. « Par contre, la question du départ se pose  lorsque votre contribution aux résultats a été significative et que vous n’avez pas été payé en retour ».

2. Votre bonus est plus faible que celui de vos collègues

Tout est une question d’équité. “Si vous n’êtes pas payé à votre juste valeur, notamment par rapport à vos pairs, vous devez partir“, conseille sans détours Zaheer Ebrahim du cabinet de recrutement londonien Kennedy Group.

Dans les métiers de front office, percevoir un bonus inférieur à celui des autres membres de votre équipe signifie très clairement qu’il est temps d’aller voir ailleurs“, nous confirme pour sa part un chasseur de têtes parisien spécialisé en finance.

3. La banque a embauché quelqu’un pour faire votre job

Les banques vont trouver quelqu’un qu’elles pensent être mieux habilité que vous pour faire votre job. Elles savent qu’elles ne peuvent pas vous licencier si vous avez bien performé. Aussi vont-elles vous faire évoluer vers une fonction administrative (ex : directeur des opérations) ou créer un nouveau poste pour vous. Après quoi il est tout à fait normal pour elles de se séparer de vous 12 à 18 mois plus tard“, explique Zaheer Ebrahim.

4. Vous occupez une nouvelle fonction à l’intitulé obscur

Attention : dans le cas où la banque vous a attribué une nouvelle fonction, cela ne signifie pas forcément que vous êtes sur la sellette. “Ce peut être un besoin de votre employeur sur une durée ponctuelle, en matière réglementaire ou sur un projet spécifique par exemple, surtout si vous êtes l’un des seuls spécialistes à maîtriser votre sujet”, relativise Karine Favreau, directrice de l’équipe Finance de marché chez Fed Finance.

5 . Vous formez votre futur remplaçant

Dans les fonctions de back-office, vous pouvez être amené à former un remplaçant “low cost”.”Vous devez absolument changer d’emploi lorsque le travail de votre division est confié à des types venus d’Inde qui viennent s’asseoir à côté de vous dans votre bureau pendant plusieurs mois“, prévient Tom Stoddart, directeur du cabinet londonien Eximius Finances. “Lorsque vous formez une version moins coûteuse de vous-même, vos jours sont comptés“.

Il ne s’agit pas toutefois de sombrer dans la paranoïa. Le fait que vous vous retrouviez à former quelqu’un à votre métier ne signifie pas qu’il faut d’ores et déjà songer à partir. “En front-office, il y a beaucoup de traders qui forment à leurs côtés des juniors assistants traders sans que ces derniers ne représentent une menace pour leur emploi“, rappelle Karine Favreau.

6 . La banque annonce un plan social ou la suppression de votre activité

L’annonce d’un plan social est aussi un signe annonciateur. “Intérêt de l’éventuel nouveau poste proposé, état du marché, package seront autant d’éléments qu’un candidat en poste devra prendre en compte, en plus des indemnités de départ proposées par sa banque, pour déterminer s’il doit rester ou partir”, précise Karine Favreau.

Dans le cas où votre banque a décidé de  se désengager de votre ligne de métier, il peut être préférable de privilégier le reclassement interne avant de chercher à travailler ailleurs“, relève pour sa part notre chasseur de têtes parisien. Les changements organisationnels peuvent créer des opportunités de mobilité intéressantes, mais à condition de ne subir aucun choix. Entre le moment de l’annonce d’un plan de réorganisation et sa mise en oeuvre, vous avez généralement plusieurs mois pour prospecter, rencontrer des recruteurs, candidater.

7. Il n’y a pas de possibilités pour vous de progresser

Graham Ward, ex- responsable des actions européennes chez Goldman Sachs qui est à présent professeur en leadership à l’INSEAD, indique qu’il est temps de partir s’il n’y a clairement pas d’opportunités de formation ou d’évolution professionnelle.

« Les carrières bancaires ne durent généralement pas longtemps. Le temps passe plus vite que vous ne le pensez. Ne vous torturez pas à regarder les autres évoluer autour de vous », indique-t-il.

8. Votre équipe est défaillante

Graham Ward conseille également de partir si vous êtes dans une équipe défaillante. « Cela va conduire à une mauvaise performance et vous serez évalué négativement avec l’équipe. Partez là où l’herbe est plus verte. Le dysfonctionnement d’une équipe est notoirement difficile à corriger ».

9. Vous êtes en désaccord avec les conclusions de votre entretien annuel

Si votre entretien annuel remet en cause votre performance d’une manière que vous pensez être déraisonnable et injuste, les choix suivants s’offrent à vous « Soit vous modifiez votre comportement, soit vous contestez le bilan de l’entretien annuel ou bien soit vous partez », poursuit Graham Ward.

10 . Gagner plus vous obsède

Enfin, les chasseurs de têtes font remarquer que, dans ces périodes de bonus réduits, les salaires fixes sont devenus plus importants. Malheureusement, le seul moyen d’obtenir une augmentation de salaire est de décrocher une promotion avec le titre qui va avec. Cependant, les promotions internes sont difficiles à obtenir. Pour preuve, Goldman Sachs nomme désormais ses managing directors tous les deux ans au lieu de chaque année. Si vous ne voulez pas languir au rang de vice-président, partir pour un meilleur job peut permettre d’accélérer votre carrière.

Gardez néanmoins à l’esprit que changer d’employeur n’implique pas nécessairement un saut salarial, même si les banques sont prêtes à mettre le prix quand il le faut, dans la mesure où elles recrutent de manière extrêmement sélective.

Crédits photo : Alexandra Ribeiro / EyeEm / gettyimages

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