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Cinq « vulgarités » qui peuvent désormais vous coûter votre poste à Deutsche Bank

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Une nouvelle page se tourne pour les employés de la banque d’investissement de Deutsche Bank. Exit la vantardise et la vulgarité, officiellement irrecevables depuis l’intervention vidéo de Colin Fan, co-responsable de la banque d’investissement du géant allemand, à laquelle nous étions parmi les premiers à faire écho la semaine passée.

Désormais, les vendeurs et traders sont donc tenus de faire table rase des erreurs langagières et comportementales passées, rendre leurs e-mails plus propres que propre, tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant de parler… Bref, la politesse et la modestie doivent devenir aussi innées pour les collaborateurs que la lecture d’un terminal Bloomberg.

Colin Fan a déjà menacé : « être vantard, indiscret et vulgaire, tout ceci n’est pas convenable. Et cela aura des conséquences graves pour votre carrière ». Pour les détails, vous pouvez écouter le directeur s’adresser à ses équipes dans la fameuse vidéo diffusée en interne :

Mais au fait, les collaborateurs des salles de marché de Deutsche Bank sont-ils à ce point triviaux qu’il faille soudainement  les remettre dans le droit chemin ? Société Générale s’est par exemple contentée dans son dernier plan stratégique la semaine dernière de mentionner subtilement quoique de manière répétée le « changement de culture » en cours au sein de l’établissement.

Le message de Colin Fan chez Deutsche Bank laisse à penser que la banque pourrait avoir déterré des communications intolérables au cours de son enquête sur la fixation des taux changes, qui a déjà conduit à la suspension de plusieurs traders. Le contenu de ces échanges n’a pas été encore rendu public. En attendant, on peut se remémorer d’autres comportements border-line à la Deutsche Bank, qui désormais ne passeront plus…

1. Des « blagues festives » sur le fait de manipuler les marchés

Plus tôt cette année, la Deutsche Bank aurait licencié trois des ses traders sur les changes basés à New York. Parmi eux, figure Robert Wallden, directeur au sein de l’équipe Forex de la banque. Celui-ci aurait « fait une blague, par écrit, sur sa capacité à manipuler les marchés ». Le professionnel a ensuite été interrogé par le FBI, qui s’est rendu chez lui avec une copie de la plaisanterie, qui était soi-disant une simple façon de se décontracter au moment des fêtes de fin d’année.

2. Des messages légers et bourrés de fautes sur les systèmes de messagerie instantanée

Deutsche Bank a interdit à tous ses traders sur les marchés de taux l’utilisation des « chat rooms » fin 2013. Comparés à leurs confrères d’UBS et de RBS (et plus récemment de RP Martin), les traders de DB n’étaient au centre des échanges les plus scandaleux relevés au cours de l’enquête du Libor. Néanmoins Guillaume Adolph, trader sur des produits dérivés du Yen employé par Deutsche apparaît bien dans des échanges avec Tom Hayes, l’ex-trader d’UBS, accusé de manipuler le marché du Libor, dans lequel il répond favorablement à la demande de ce dernier de l’aider à pousser le marché du Libor à la hausse.

3. Agiter des billets de banque à la fenêtre devant des manifestants dans la rue

Rappelez-vous, c’était en 2011, la Deutsche Bank avait suspendu un structureur sur le marché des changes, un Français employé à Londres, pour avoir nargué des infermières et des médecins en grève contre les restrictions budgétaires en agitant un billet de 10 livres sterling. À l’époque, il y avait eu également des rumeurs non confirmées selon lesquelles des employés de la banque avaient photocopié des billets pour les lancer sur les manifestants.

4. Arroser les clients

Plus tôt cette année, Shigeru Echigo, un vendeur chez Deutsche Bank à Tokyo a avoué avoir « acheté » un client en dépensant 8,8k dollars en divertissements à une quinzaine d’occasions. Le collaborateur a assuré qu’il n’avait pas agi seul et que ce genre de dépenses somptueuses pour les clients faisait partie de la norme au sein l’unité de courtage japonaise de la banque.

5. Sexisme ordinaire

Deutsche Bank a été impliquée dans plusieurs affaires récentes impliquant des accusations de sexisme au sein de sa banque d’investissement. Dans ces dossiers, la banque allemande n’a pas été aidée par la quasi-absence des femmes dans les postes de direction. Sans parler des propos de l’ancien PDG, Josef Ackermann, qui maladroitement disait au conseil d’administration que la direction de la banque serait plus « jolie » avec un peu plus de femmes. Avant cela, en 1999, Deutsche avait été contrainte de verser 1 million de livres de dommages et intérêts à Kay Swinburne, une banquière M&A, qui avait fait l’objet de remarques sexistes de son patron, Hugh Tidbury. Ce dernier était resté en poste cinq ans après l’affaire avant de rejoindre Greenhill à Londres.

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