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Parcours professionnel: Jon Moulton, fondateur d’Alchemy Partners

J’ai grandi à Stoke dans le Trent, je n’aspirais pas à travailler dans le private equity. La voie que j’avais choisie était plutôt la chimie. J’ai terminé mon baccalauréat de chimie à 14 ans et suis parti étudier à l’Université d’Aberystwyth, c’était assez ennuyeux. Après un semestre, j’ai quitté l’Université pour travailler dans le secteur des technologies de l’information. Après, je suis entré à l’Université de Lancaster, où j’ai poursuivi mes études de chimie. Je me suis investi sérieusement dans les rallyes automobiles et j’ai construit un avion.

Après quelques années à Lancaster, j’ai soudainement réalisé que la chimie n’était pas un secteur lucratif et j’ai alors décidé de devenir comptable. Mon diplôme en poche, j’ai rejoint Cooper Brothers, devenu par la suite Coopers & Lybrand et j’ai découvert le Liverpool effervescent des années 70. Chez Coopers, je devais occuper la fonction de manager en audit informatique mais, pour une raison ou pour une autre, je me suis occupé de liquidations.

Il y avait beaucoup de travail dans ce domaine à Liverpool à cette époque et cela a été une vraie formation accélérée. J’avais une vingtaine d’années, beaucoup de pouvoir et aucune responsabilité. Au travail, j’étais en charge d’à peu près tout, du licenciement des employés à la vente des activités. J’ai travaillé avec quelques bonnes sociétés comme Bear Brand Limited, fabricant de bas et de collants qui a subi 11 ans de perte avant d’être mis en faillite et qui imprimait ses comptes annuels sur de la soie.

En 1978, après avoir pendant cinq ans liquidé des sociétés de Liverpool, Coopers m’a envoyé à New York effectuer un programme accéléré dans leur nouveau groupe américain de fusions et acquisitions. J’ai passé les trois années suivantes à travailler très dur sur des deals de fusions et acquisitions en mid-market.

Je me souviens que je n’avais alors rien d’autre à proposer que ma motivation et mon arrogance démesurée mais, cela ne semblait pas poser de problème. Coopers était prêt à me rapatrier au Royaume-Uni, où j’aurais pu devenir associé. Cependant, je ne pouvais pas m’y résoudre, compte tenu du rapide déclin de cette activité. En 1980, j’ai changé de société et rejoint Citicorp Venture Capital à New York, société de management en buyout (MBO).

Citicorp était ma première expérience dans le domaine des MBO et j’entrais ainsi dans la cour des grands. La première affaire sur laquelle nous avons travaillé était un rachat de 186.000.000 € pour un groupe d’usines Coca-Cola de mise en bouteille. C’était des années avant que je ne retravaille sur un projet de cette envergure cependant, cette expérience m’a donné un avant-goût de ce qu’un MBO pouvait être.

En 1981, je suis rentré à Londres afin d’aider à la création de Citicorp Venture Capital, devenu CVC, au Royaume-Uni. Je n’ y suis pas resté longtemps. À l’époque, Citicorp était une société difficile à vivre et très politisée : l’unité de corporate finance essayait de diriger l’unité de private equity et mon supérieur était le genre de personne à vous faire passer un entretien avec un pack de bières sur la table. Heureusement, j’ai été contacté par un chasseur de tête, quatre ans plus tard, afin de lancer Schroder Ventures, branche de private equity de Schroders.

J’ai crée Schroder Ventures en 1985 et j’ai passé les huit ans qui ont suivi à diriger les opérations au Royaume-Uni. Nous avons connu quelques beaux succès, parmi lesquels Parker Pen, qui a été un grand tournant. Cependant, en 1992, alors que je me trouvais à une conférence à Porto Rico, Schroders a décidé d’ignorer un contrat et a voté la liquidation du partnership présidant la société de private equity. J’ai négocié un arrangement à l’amiable, avec une somme substantielle pour me remonter le moral et j’ai pris une semaine de vacances.

J’ai ensuite travaillé pour Apax Partners, société de venture capital. Ronald Cohen, fondateur et président, m’avait demandé de les rejoindre afin de les aider à diriger leur activité de buy-out qui battait de l’aile. Cependant, j’avais obtenu, suite à mon départ de chez Schroders, six mois d’indemnités grâce auxquelles j’ai pu diriger pendant quelques temps une société de conseil en corporate finance dénommée Amity Capital. Ça m’a rapporté tellement d’argent que, au moment de devoir rejoindre Apax, je l’ai regretté.

J’ai passé trois ans chez Apax à améliorer l’entité de buyout, qui n’était pas en grande forme. Pourtant, il n’a pas fallu longtemps pour que je me lasse de cette organisation centrée autour de Ronald Cohen, véritable détenteur de l’activité.

Pour faire court, j’ai quitté la société et le 20 janvier 1997 nous avons ouvert les portes d’Alchemy Partners. Nous avons travaillé sur plus de 100 transactions, avec plus de 1,8 milliards d’euros de capitaux propres investis à ce jour. Les maisons de retraite Four Seasons ont été notre meilleur deal , puisque cela nous a rapporté plus de quatre fois l’investissement de départ de 107 millions d’euros.

Je crois beaucoup aux petites opérations. Nous dirigeons un fonds de 2,8 milliards d’euros, même si Alchemy n’emploie encore que huit personnes. Certaines personnes apprécient le pouvoir et les titres mais, cela ne m’a jamais intéressé. J’ai crée Alchemy de façon à ne pas avoir de contrôle majoritaire : mes collègues peuvent me mettre à la porte quand ils le souhaitent. J’aime Ies deals et l’activité.

Réussir sa carrière nécessite de se fixer des objectifs et de les atteindre, d’être confiant dans ses propres capacités et d’accepter que l’on puisse faire des erreurs. J’ai de la chance : en 1990, j’ai atteint le stade où je ne travaille plus pour l’argent mais pour le plaisir. Ça fait toute la différence : depuis, je n’ai plus eu à faire de compromis et j’ai envie d’aller travailler tous les matins.

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