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Le banquier d’investissement du futur : entrepreneurial, « compliant », et efficient

Future

Les études sur le futur de la banque d’investissement ne manquent pas. Cependant la plupart se concentrent sur la nécessité pour les établissements d’engager un retrait de tel ou tel ligne de métiers et de réduire les effectifs. Parallèlement, avec un niveau de rémunération en baisse et une sécurité de l’emploi plus incertaine, les banques se trouvent en difficulté pour attirer les professionnels dont elles ont besoin.

Depuis 2010, la rémunération dans les banques d’investissement a chuté de 25%, selon une nouvelle étude de Boston Consulting Group. L’écart avec les autres secteurs s’est réduit et les banques vont par conséquent avoir de plus en plus de mal à attirer les talents face à la compétition des entreprises des nouvelles technologies, des médias sociaux et du buy-side.

Dans le même temps, les établissements bancaires ont besoin d’attirer un autre type de professionnels. Loin de l’approche du « moule unique », qui consiste à intégrer des profils académiques exceptionnels doués pour le travail en équipe et passionnés par la finance, les banques devront plutôt chercher à embaucher des gens dotés d’un «esprit entrepreneurial et innovant », expliquent les consultants de BCG, tout en possédant un «sens culturel profond du respect, de la collaboration et du service client ». Ah, et vous aurez également besoin de super compétences en matière technologique et d’analyse des données.

Cela peut sembler un peu vague, mais le BCG a d’autres vues intéressantes sur les perspectives de l’industrie.

1 – La baisse des rémunérations n’est pas terminée

On pouvait s’y attendre – quand la réduction des coûts reste une priorité – les banques continuent de réduire l’enveloppe des rémunérations de leurs employés tout en stabilisant les autres dépenses.

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2 – Les spécialistes des dérivés seront traqués sur le marché de l’emploi

BCG décompose le monde de la banque d’investissement en six grands business models, comme nous vous l’avions déjà indiqué. Les maisons de « haute couture », qui fournissent des produits structurés et dérivés sur-mesure aux hedge funds, aux banques privées et aux fonds souverains, auront non seulement besoin de personnes pour développer les produits, mais aussi pour fournir « de bout en bout, une forme d’excellence en matière de ‘time-to-market’  ». Ce résultat étant, selon BCG, conditionné par le fait que ces entreprises devront avoir de très bons RH capables d’attirer les meilleurs talents.

3 – Les « rainmakers » suscitent le plus grand intérêt

Nous avons observé cette tendance avec l’émergence au cours des dernières années de « kiosques » proposant quelques services de banque d’investissement – de petites équipes autour d’un homme capable de générer quelques gros deals. L’importance de ces «faiseurs de pluie» ne fera que croître pour ces boutiques qui veulent rivaliser avec les « flow monsters ». Une partie des mandats de conseil passeront dans les mains d’acteurs de niche – du fait de volumes à la baisse dans les grands établissements. Cela ne signifie pas pour autant que ces petites équipes vont croitre. « Nous nous attendons plus à une marchandisation du travail d’exécution en M&A (certaines tâches étant prises en charge par les corporate), une moindre valeur ajoutée en matière de distribution sur les marchés de capitaux de dette (avec des émissions sursouscrites par les investisseurs), et peu d’innovation dans les structures de marchés de capitaux actions », peut-on lire. L’accent est donc mis clairement sur une poignée de « rain makers ».

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4 – Le relationnel l’emportera

Nous avions déjà repéré une scission au sein de l’industrie entre les « fourmis ouvrières » s’assurant du bon fonctionnement des systèmes, et les banquiers seniors dotés d’un carnet d’adresses bien rempli. BCG confirme cette tendance, mais dit également que la spécialisation est la clé de la réussite : « développer la proximité et une connaissance personnalisée pour construire des liens profonds et sur le long terme avec les clients » sont tout aussi nécessaires, explique le cabinet de conseil.

5 – Même les grandes banques se spécialiseront

La banque d’investissement devient une activité ennuyeuse. Les grands établissements leaders délaissent l’exécution des transactions et creusent davantage sur la « compensation et la gestion des collatéraux (gestion du risque de credit) », et l’acquisition d’un avantage concurrentiel grâce à la création de synergies avec d’autres activités comme l’administration et la gestion de titres (“asset servicing”) ou les paiements.

Et comme si cela n’était pas assez excitant, les grandes banques d’investissement vont arrêter d’essayer de rivaliser sur toutes les lignes de produits, comme cela se passe déjà, et vont se concentrer plutôt sur des “types de produits pour lesquels elles peuvent proposer une vrai avantage compétitif sur la base d’économies d’échelle ». En d’autres termes, il vous faut vous spécialiser mais après il y aura moins d’opportunités pour changer d’emploi.

6. Aucune ligne de métiers ne semble vraiment tirer son épingle du jeu

Vous vous demandez où vous positionner afin de travailler dans un secteur d’activité en pleine croissance ? Les estimations de BCG soulignent que l’évolution des revenus reste assez similaire quelque soit la division pour laquelle vous travaillez.

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