☰ Menu eFinancialCareers

OPINION : Avouez-le, vous n’êtes pas assez bon pour travailler en M&A

Alors comme çà, vous imaginez que vous pouvez facilement travailler dans le secteur des M&A ? Vous pensez que parce que les M&A ne nécessitent pas un doctorat en mathématiques, ce sera une partie de plaisir ? Détrompez-vous.

Les M&A sont une activité exigeante. Si le travail n’est pas tout le temps stimulant, c’est sans compter l’incroyable pression qui s’exerce lorsque deux sociétés géantes fusionnent ou cèdent leurs actifs entre elles. Le patron de votre patron n’est autre que le PDG de l’entreprise, un homme (et c’est généralement un homme) constamment sous la pression massive de son conseil d’administration et de ses actionnaires à qui il doit rendre des comptes quotidiennement. Il a un ego et un bulletin de salaire à l’avenant. Et aussi sûrement que l’eau dévale la colline, la pression vous concernera très rapidement.

Les banquiers M&A doivent maîtriser à fond leur métier. Comme toute entreprise qui perçoit des commissions exorbitantes pour un travail assez basique, les mondanités des évaluations arithmétiques se sont suffisamment développées pour mériter pleinement l’accusation de mxxxx en boîte. Si vous avez déjà plongé le nez dans l’une des bibles d’évaluation produite par les banques à destination des programmes de formation de leurs nouvelles recrues, vous saurez ce que je veux dire. Un spécialiste M&A doit pouvoir expliquer aux clients, avec un visage impassible, pourquoi telle analyse complexe est nécessaire tout en leur faisant sentir qu’ils obtiendront une meilleure évaluation contre des espèces sonnantes et trébuchantes.

Le souci du détail , n’est pas seulement une qualité anecdotique que l’on trouve dans les descriptions de postes, c’est une qualité essentielle à la réussite des transactions. Si vous ne pouvez pas vous rappeler ce que sont les multiples d’une petite transaction listée à la page 96 de l’ancienne version de l’attestation d’équité, le dimanche soir à 22h30 après trois jours sans avoir fermé l’ceil et que vous êtes en pleine conférence téléphonique avec toute votre équipe ainsi que le client, alors il y a une forte probabilité que votre carrière se termine là.

Ironie du sort pour un travail si chronophage : on vous rappellera à votre bon souvenir la moindre erreur !

Somnambules Abordons l’absence de sommeil. En plein milieu d’une transaction, vous êtes peu susceptible d’avoir du répit. Êtes-vous prêt à vieillir de cinq ans en trois mois ? J’ai vu cela se produire. Peut-être aurez-vous la chance de vous reposer un peu sur les cuvettes des WC. Pour ma part, j’avais pris l’habitude de me faufiler dans le bureau du président de la zone EMEA de la banque d’investissement pour faire la sieste dans son grand fauteuil de cuir… entre 3 heures et 5 heures du matin.

Quand vous quitterez le travail, vous serez trop détruits physiquement pour vous faire plaisir. Vous aurez beau avoir un lit douillet qui vous attend à Notting Hill, vous ne serez jamais là pour en jouir. Vous sacrifierez votre vie sociale à rattraper le sommeil. La prochaine fois que vous verrez quelqu’un somnoler à une table dans un night club un vendredi soir alors que tout le monde fait la fête, vous saurez pourquoi.

Je pourrais continuer encore longtemps, entre les voyages non-stop, la hiérarchie brutale et une politique de présence intensive (si vos clients sont des entreprises, votre équipe deviendra un appendice de ces entreprises). Mais je préfère vous laisser découvrir par vous-même. Après tout, n’importe qui peut le faire, n’est-ce pas ?


L’auteur est un ancien banquier M&A qui a décidé de se reconvertir dans le capital investissement à Londres.

commentaires (17)

Comments
  1. A la lecture de votre article, je préfère le titre “Avouez le, vous nêtes pas assez con pour vouloir travailler en M&A”

    Blague à part, votre article est criant de vérité.

  2. Article intéressant. Mais, à la lumière de cet article, j’ai presque envie de remplacer la lettre b de “bon” par la suivante dans l’ordre alphabétique.

  3. “Si vous ne pouvez pas vous rappeler ce que sont les multiples d’une petite transaction listée à la page 96 de l’ancienne version de l’attestation d’équité, le dimanche soir à 22h30 après trois jours sans avoir fermé l’ceil et que vous êtes en pleine conférence téléphonique avec toute votre équipe ainsi que le client, alors il y a une forte probabilité que votre carrière se termine là.”

    Fleure bon le cliché…

  4. J’avoue, je ne suis pas assez .on pour accepter un job où il faut bosser non stop 3 jours de suite, dormir sur des toilettes, tout ça parce que M. X veut racheter l’entreprise de M.Y

    Quitte à me donner autant, je préfère encore bosser dans un service d’urgences à l’hôpital : les horaires sont les mêmes et il y a toujours un lit à disposition si on veut (et si on peut) dormir. Certes ça gagne un peu moins, et on n’a pas la satisfaction de voir le sourire de M. X mais on a celle, légèrement plus gratifiante, de sauver des vies…

  5. A quoi sert de cracher dans la soupe comme vous le faites, Monsieur Anonyme? Vous enfoncez des portes ouvertes, tout le monde sait très bien que le M&A est un secteur exigeant et pas toujours très humain. Quel rapport avec le titre de votre article? En tous cas, si vous le viviez aussi mal, c’est vrai que vous avez bien fait de vous reconvertir…

  6. “Après tout, n’importe qui peut le faire, n’est-ce pas ?” Non. Seulement ceux qui savent dans quoi ils s’embarquent.

  7. Ne faisons pas peur à la jeunesse dont la naïveté nous a procuré énormément de plus values dans l’exercice de la fonction (peu importe) dans le secteur financier. M&A ou autre, dans le métier de la finance, le sommeil est un luxe, même pour moi qui suis un professeur. Nous avons besoin des gens qui se sacrifient pour que ce métier puisse exister.

  8. Il y a une part de vrai dans la pression qui regne dans ce métier et le niveau d’exigence mais le tout est très caricatural et très “cliché”, l’auteur anonyme n’a pas du regarder bien plus loin que sa page 96 de multiples!
    Concernant la dureté du métier, c’est la dure loi du business, pas seulement du M&A, quand le gateau est gros il y a beaucoup de gens prêts à se battre pour l’avoir.
    J’encourage l’auteur à aller faire un tour en salle de marchés pour se faire un avis sur ce qu’est la compétition!

  9. M&A vu sous le seul angle aigu de la banque : trop partisan, trop restrictif et avec des oeillères, car trop financier.
    Vu sous un angle obtus incluant les entreprises en jeu ( acquéreur / cédant ; absorbé / absorbant) là ça devient intéressant car on inclut le commercial,l’industriel et les hommes: C’est du vécu.
    Arrêtons de mettre au centre la finance et toute la technocratie qui s’y rapporte.
    En replaçant les hommes et le business concret dans une dynamique de croissance, le métier “M&A” est palpitant.
    Malheureusement l’auteur de l’article ne l’a pas vécu et c’est ce qui le rend aigri.
    Conclure une transaction n’est pas qu’un exercice financier fort heureusement,c’est aussi une perspective et un devenir pour ceux et celles qui vont pérenniser cette transaction sur le long terme.

  10. il y a en effet beaucoup d’autres moyen de gagner de l’argent dans des conditions beaucoup plus relaxantes … il faut être fou ou terriblement complexé pour imaginer faire partie des “gagnants” lorsqu’on mène ce type de vie … mais bon, c’est comme les comptables ou les auditeurs, heureusement qu’il y en a pour faire ces boulots ….

    peut être même aiment ils ca allez savoir ???

  11. ben c facile ce job si c qu’une question de résistance physique et nerveuse.

    Arrêtez avec le flokore des jobs de traders et de banquiers d’affaires. C bon que pour les films-épate-bourgeois

  12. les articles de la rubrique infos et opinions sont toujours aussi caricaturaux

  13. “Avouez-le, vous n’êtes pas assez bon pour travailler en M&A” :

    Il est marrant votre article! A première vue, il laisse penser que les deux seules compétences pour réussir en M&A sont la mémoire et la capacité de résistance au stress (dont la capacité à absorber de longues journées de travail). Immédiatement, cela m’a penser au sort de nos collègues informaticiens.

    Perdu, forcément, car il est notoire qu’un excellent informaticien est largement moins payé qu’un spécialiste en M&A!

    Ceci dit, quand on creuse votre discours, vous y ajoutez un savoir nécessaire : connaitre les Bibles.

    OK, cela a l’air de ne pas être de tout repos, surtout le “M”. Maintenant, puisque vous posez un défi, je tenterais bien l’an prochain le “A” à temps perdu, juste pour voir si c’est aussi invivable que vous le dites…

  14. Ca fait 5 and que je fais du M&A, et ce dans un bulge bracket (d’abord Londres, puis Paris). Depuis que j’ai commencé il m’est arrivé une seule fois de faire une nuit blanche – c’etait ma premiere semaine. Lors de grandes operations le stress est effectivement très élevé, mais ce n’est pas non plus insupportable. Le sentiment de fierté quand une transaction aboutie est par contre plutot stimulant.
    D’une maniere générale, je pense que le genre de recit qui a été publié ici émane de qqn qui ne sait pas organiser son travail et a du coup été systématiquement mal ranké. Heuresement que tu es partie en fonds, car on a pas besoin de boulets comme toi.

  15. 5 ans sans nuit blanche ce n’est pas possible dans une banque sous-staffée qui fait véritablement des execs (entendre GS, MS…), à tous les grades en m&a généraliste il y a parfois plusieurs exécutions à gérer concomitamment.

    Ca veut dire nuits blanches + we jusqu’à jeune associate et horaires tardifs (22h Minuit) meme au niveau de certains ED/MD (les markups sont donnés par le MD très tard pour le lendemain, il est donc impossible de ne pas finir avant 2/3h du matin dans ces conditions).

  16. Je trouve l’article un peu négatif et un rien populiste ! IMHO

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici