☰ Menu eFinancialCareers

Coup de sang des conseillers financiers dans une lettre au Président de la République

stop

Le ton est grave. Dans une lettre ouverte envoyée cette semaine au Président de la République, la Chambre Nationale des Conseillers en Investissement Financer (CNIF) réclame « une pause réglementaire » et d’agir vite afin « d’éviter la disparition programmée de [la] profession ».

Pour les quelques 8.000 conseillers en investissements financiers (CIF), qu’ils soient conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et/ou des conseillers financiers aux entreprises, « l’inflation des réglementations nationales et européennes et les lourdeurs administratives deviennent de vrais semelles de plomb bloquant les énergies et freinant la création d’emplois », alerte Stéphane Fantuz, président de la CNIF.

Le tout dans un contexte de vieillissement des effectifs et de difficile renouvellement des générations, observé déjà depuis plusieurs années par la société d’études Apredia, éditeur du Livre Blanc des CGPI 2014. Aïda SADFI, Directrice générale d’Aprédia, constate une « une légère tendance à la baisse des effectifs dans les cabinets en 2013. Par ailleurs, les perspectives d’embauche en 2014 restent assez faibles et témoignent de la prudence affichée par les indépendants ».

courbe-creation-cabinets-Ap

Extrait du Livre Blanc des CGPI 2014, édité par Aprédia.

Depuis janvier, la profession, qui a enregistré une année 2013 plutôt bonne et s’enorgueilli de prendre des parts de marché aux banques, s’inquiète de l’accumulation de trois nouvelles contraintes :

1 – D’abord, au niveau européen la MIF 2 encourage l’émergence d’un modèle économique visant à interdire la perception de commissions au profit des honoraires. « Or notre business model s’appuie sur les commissions sur encours », rappelle Stéphane Fantuz.

2 – Les règles du registre professionnel (dit de l’ORIAS), instauré il y a deux ans, se sont durcies en janvier et empêchent par exemple des diplômés d’HEC et d’autres grandes écoles d’exercer leur métier, alors qu’ils travaillent parfois depuis longtemps – « complètement kafkaïen ! », s’indigne le président du CNIF. Selon un récent sondage, 30% des professionnels intérrogés n’arrivaient pas à obtenir leur immatriculation.

3 – Alors que les conseillers financiers en haut de bilan sont là pour aider les entreprises à trouver des financements quotidiennement, ils n’auraient pas la possibilité d’exercer des activités de crowdfunders, selon l’ordonnance du Gouvernement attendue prochainement sur ce sujet. Ou sinon à devoir créer une nouvelle structure.

« Tout est compliqué », résume Stéphane Fantuz, qui rappelle encore que la profession relève de deux autorités de tutelle (AMF et ACPR). Ou comment faire simple quand on peut faire compliqué. Les CIF réclament la traduction dans les actes du “choc de simplification” promis par le Président de la République. « Les emplois dans nos structures en dépendent », peut-on lire dans la lettre adressée à ce dernier, et à laquelle nous avons pu avoir accès.

LIRE AUSSI :

Plus de 1.700 lobbyistes financiers en Europe : qui les emploient ? combien gagnent-ils ? …

Le métier auquel les financiers ne pensent pas. Et pourtant…

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici