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Gestion de carrière : les 3 freins à lever pour les jeunes financiers

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Les rencontres avec les professionnels de la Finance permettent de réaliser à quel point le monde de la finance est émaillé de carrières atypiques. D’ailleurs, la crise a bel et bien clôturé l’époque de l’hyperspécialisation. Tel est en tout cas le discours des recruteurs en finance et les attentes des employeurs aujourd’hui.

Pourtant, dans la pratique, je constate en tant que Président du Club des Jeunes Financiers* que les jeunes financiers buttent régulièrement sur trois freins dans le développement de leur carrière. Ces contraintes peuvent être néanmoins dépassées, à condition de s’engager tôt et pleinement dans son projet professionnel et de suivre ces quelques conseils…

1- La sur-valorisation du diplôme chez les recruteurs français

Le premier frein que perçoivent les jeunes tient à l’image véhiculée par le diplôme. Les étudiants et jeunes professionnels qui ne font pas partie de l’élite issue des meilleures écoles s’interrogent sur leur chance de décrocher un emploi dans le métier auquel ils aspirent vraiment.  Plutôt que de rester paralysé face à la dure sélection à l’entrée, mieux vaut s’appliquer à donner de la valeur à son diplôme en le considérant comme un parcours original. Quelque part, on fait sa carrière avant de l’avoir commencée.

Un jeune financier doit faire valoir sa « marque de fabrique ». Et cela, commence dès ses études en mentionnant qu’il a mis à profit son temps pour rencontrer régulièrement des professionnels d’un même domaine, en proposant à un enseignant de réaliser tout au long de sa formation une série d’analyses financières des principales sociétés d’un secteur d’activité, en expliquant suivre sur la durée un certain type d’opérations financières au point de régulièrement en discuter avec des professionnels, qui ont pris goût de le corriger et l’accompagner dans sa compréhension du sujet…

Un recruteur percevra un caractère volontaire : les chances de décrocher un entretien sont ainsi logiquement augmentées. Ou comment créer soi-même la véritable valeur de son diplôme.

2 – La faible culture du réseau en France

Le second frein tient à la mauvaise compréhension de ce qu’est un réseau. Non, un bon réseau n’est pas un moyen rapide de rentrer en contact avec un professionnel. Les réseaux sociaux et les annuaires jouent ce rôle.  La construction du réseau est une démarche qui prend du temps, pour laquelle il faut accepter de ne pas voir d’utilité immédiate. Il faut donc commencer tôt et faire preuve de constance (fixer des rendez-vous téléphoniques ou autour d’un café tous les 3 à 6 mois).

Subsiste également le mythe  selon lequel un bon réseau est forcément un large réseau, or multiplier les contacts menace la qualité de chacune de vos relations faute de temps pour les construire convenablement. Un réseau de qualité est constitué d’un nombre restreint de professionnels évoluant dans d’autres domaines que le vôtre, et qui ont pris le temps de se faire une opinion favorable à votre sujet à force de vous côtoyer en direct ou à des occasions publiques.

Et contrairement à ce que beaucoup de jeunes financiers pensent, ces professionnels expérimentés sont souvent en attente d’échanges que ce soit par curiosité à l’égard d’une génération si différente de la leur, par solidarité (eux-mêmes ont rencontré des difficultés similaires aux vôtres par le passé), par goût de faire comprendre leur métier surtout s’ils sont passionnés…

Dernier point : travailler sur la qualité de la relation. Cela passe par une énonciation claire de votre  situation (profil, projet, particularité), de vos attentes mais aussi de vos questionnements professionnelles. Au-delà de la transparence, il faut veiller à faire preuve d’une réelle curiosité. S’il y a un véritable intérêt à connaître, comprendre, se familiariser : les questions affluent et l’atmosphère se détend ! À chaque occasion, confrontez votre compréhension pour apprendre à raisonner comme un spécialiste,  intégrer les codes de langages…  Autant d’éléments qui vous donneront de la profondeur et seront susceptibles de séduire de potentiels recruteurs.

3 – La méconnaissance des cheminements de carrière

Le dernier frein, à mon sens, est le manque de recul sur les cheminements possibles de carrière. Par exemple, pour devenir sales, il est déterminant d’avoir une expérience de quelques années en cash management et trade services afin de réellement comprendre les contraintes des entreprises. Pour évoluer en M&A, il convient de s’interroger sur sa réelle motivation. Il s’agit souvent de travailler en banque d’affaires dans des métiers de financements. Les places sont chères,  mais en réalité les métiers sont nombreux et cibler un métier peu connu sur un domaine de niche maximise les chances d’exercer un métier qui vous plait. Pour cela, vous pouvez : 1- explorer tous les autres métiers de la finance d’entreprise (financement de projets ou d’actifs aéronautiques, leasing immobilier, financement immobilier, crédit syndiqué, Equity Capital Market, Debt Capital Market,  financement export, financement LBO) ; 2 – Balayer sa recherche par type de clientèle : plutôt CMB (moyennes entreprises et pas seulement les grandes), Corporate, Investisseurs institutionnels ou Agences de l’Etat et autres Souverains ; 3 – Cibler sa recherche éventuellement par zone géographique. Ce travail de prospective est le moyen de saisir des opportunités et d’aboutir ensuite vers les métiers initialement prospectés avec une réelle légitimité.

La construction d’une carrière est une démarche structurée, qui peut être entreprise dès les études. Et comme souvent, mieux vaut privilégier la régularité à faible effort, plutôt que de s’interrompre et reprendre tout à « 0 »…

L’auteur : Christophe CONNILLE  est Président du Club des Jeunes Financiers, et travaille comme Business Continuity Manager au sein de la Banque d’Investissement d’HSBC France.

*Le Club des Jeunes Financiers organise une Présentation de ses activités ouverte à tous le mardi 15 avril 2014. Celle-ci se tiendra au Serena à 19h au 92, rue de Richelieu (métro Richelieu-Drouot) et est ouverte à tous. Inscription sur le site www.jeunesfinanciers.com.

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