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Bilan 2008 : les secteurs en vogue

Crise oblige, nombreux ont été nos interlocuteurs à s’être montrés sceptiques quant à notre projet d’article bilan sur les métiers en vogue en 2008. Même à nous, la tâche a paru dantesque. En réalité, l’exercice ne s’est pas révélé si ardu qu’il en a l’air. À vous d’en juger !

Contrôle des risques et des résultats

S’il y a bien des professionnels qui ont tiré leur épingle du jeu de la crise financière, c’est bien eux. L’affaire Kerviel, les pertes croissantes et ingérables accusées sur les produits toxiques type ABS, les multiples incidents de trading ou encore, plus récemment, la fraude Madoff sont autant d’évènements qui ont encouragé les établissements financiers à repenser leur organisation et renforcer les services de contrôle et de risques. Société Générale, en tête, a lancé une profonde refonte de son système, représentant un investissement de plus de 100 millions d’euros sur deux ans et mobilisant près de 200 personnes. Ce chiffre comprend du personnel déjà en place mais également une part importante de nouvelles recrues. Toutes les fonctions de middle-office avancé, type product control, se sont démarquées en 2008, résume Cécile Cousteix, consultante du cabinet de recrutement Lincoln Associés. Au-delà du mouvement d’embauches, ces professionnels ont pu négocier des packages très intéressants. Certains ont même pu obtenir des bonus garantis sur la première année pouvant aller jusqu’à 90 % du fixe, ou encore une reprise de leur ancienneté (en cas de plan social). Du jamais vu dans la profession et une exception notable dans un marché de l’emploi en BFI complètement asséché.

Banque de détail

C’est largement grâce à leurs réseaux que les banques françaises ont limité la casse cette année, tandis que les exigences en fonds propres se sont renforcées. Pour Caroline Le Canu, responsable du département Banque commerciale chez Robert Half, le recrutement dans la banque commerciale a été très dynamique à l’image des précédentes années, soit affichant 20 % de croissance annuelle. Il y a eu des besoins classiques de conseillers clientèle (particuliers, professionnels), toujours une demande soutenue pour les chargés d’affaires entreprises, mais surtout une montée en puissance des gestionnaires de patrimoine – métier phare de 2008 -, en particulier les spécialistes dédiés aux chefs d’entreprises, qui s’imposent grâce à la multiplication des transmissions d’entreprises , témoigne cette consultante, qui, toutefois, note un ralentissement des missions sur la fin de l’année et se montre plus réservée pour 2009. Pierre-Yves Demoures, DRH banque de détail de la Société Générale, veut positiver. Je vous confirme que la banque de détail, en France, a un ambitieux plan de recrutement pour l’année 2009 , assurait-il à un lecteur de La Tribune, à l’occasion d’un Chat organisé sur le site du quotidien.

Finance d’entreprise

En période de trouble, les populations financières et comptables sont relativement épargnées par les plans sociaux. Ce sont d’ailleurs les dernières fonctions dans l’entreprise à être menacées, car elles deviennent vite indispensables dès lors qu’il s’agit de gérer une situation difficile. Ainsi, au même titre que 2007, l’année 2008 a été un bon cru pour ces professionnels. Le marché a même été pénurique sur les profils expérimentés en raison des nombreuses mobilités déjà opérées en 2006 et 2007, relève Jean-Gabriel Picq, associé du cabinet de chasse Westpoint. Tous les métiers ont été bien orientés, en particulier le contrôle de gestion, l’audit interne et la trésorerie. En revanche, la pression sur les salaires semble s’être relâchée après deux années de croissance exceptionnelles. Les grands groupes ont fait preuve d’inflexibilité en matière de négociation, surtout en fin d’année alors que l’attentisme a gagné l’ensemble des acteurs économiques. 2009 pourrait donc marquer le début d’une nouvelle ère, dans laquelle seuls les spécialistes (ex : IFRS) et les techniciens (ex : consolideurs) pourraient être en mesure de tirer leur épingle du jeu , anticipe Jean-Gabriel Picq.

Les courtiers

Un marché compliqué cette année pour les courtiers, en particulier les spécialistes du courtage interbancaire, avec une volatilité extrême à certaines périodes pour les marchés actions, commodities ou change, et un calme plat sur les marchés de crédit. Selon leur positionnement, les acteurs ont été soit affectés comme GFI securities, qui a dû licencier 55 personnes dans le monde, soit boostés, c’est le cas d’Icap, le géant du secteur des inter-dealer brokers (courtage interbancaire) qui a enregistré un bénéfice sur le premier semestre en hausse de 8 % par rapport à la même période un an plus tôt. Mi-novembre, le courtier britannique tablait sur un profit avant impôt au-dessus du consensus des analystes (à 347 millions de livres) pour l’année se terminant en mars 2009. En France, c’est en tout cas l’un des rares secteurs à avoir embauché cette année sur des positions de front-office, constate Jérémie Lempkovicz, chasseur, consultant senior au sein du bureau parisien du cabinet Aston Carter International. Les maisons de courtage et les boutiques ont recruté rapidement, de manière opportuniste, essentiellement des “producteurs”, c’est-à-dire des sales qu’elles ont chassés notamment parmi les traders des BFI en difficulté, intéressées par leurs réseaux et leurs carnets d’adresses.

Banque privée

Le premier réflexe aurait été de classer ce métier parmi les secteurs en berne en 2008. Les raisons pour cela auraient été nombreuses, au premier rang desquelles la baisse de la valeur des actifs et des marges des banquiers privés. Pourtant, il nous semble que sa place est bien parmi les secteurs en vogue ; d’abord parce que les banquiers privés, contrairement à leurs collègues de l’investment banking, ont continué à générer des revenus. Prenons l’exemple frappant d’UBS : les banquiers privés ont scoré un revenu par personne de 1,4 million de francs suisses sur les 9 premiers mois de l’année, contre une perte de 1,1 million pour ceux de l’investment banking. En outre, les activités de gestion de fortune ont continué à se développer à la fois à l’international, en particulier sur les zones offshore et les pays émergents, et en région. SG Private Banking a ainsi ouvert des bureaux à Bordeaux, Marseille et Lyon. Devraient bientôt suivre Lille, Rennes et Strasbourg. Les sociétés de gestion s’y sont mises également. Ainsi Tocqueville Finance annonçait en décembre qu’il musclait son pôle gestion privée (Gestion Privée Magazine). De manière générale, il est vrai que le gel des embauches, notamment dans les établissements bancaires, ne s’est pas toujours appliqué à ce secteur, reconnaît Éric Singer, fondateur du cabinet Singer & Hamilton Executive Search. Les grandes maisons n’ont en effet cessé de s’intéresser aux profils de “chasseurs”, c’est-à-dire des professionnels capables d’apporter un chiffre d’affaires d’au moins 30 millions d’euros . Des recrutements à dose homéopathique certes, mais des recrutements tout de même !

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