☰ Menu eFinancialCareers

Quand des banquiers français défendent leurs bonus

À l’heure où les bonus font débat, force est de constater que certains défendent âprement leur cause et n’entendent pas devenir des boucs émissaires. La petite quantité de traders qui gagnent des hauts salaires – et ils sont moins de 50 en France – ne peut raisonnablement pas porter l’entière responsabilité de la crise, note Mathieu Giuliani, manager chez Palatine Asset Management à Paris. Il s’agit d’un prétexte très populiste destiné au grand public (New York Times).

Un point de vue partagé par Luc Sitbon, un trader senior français qui vit à Londres depuis 13 ans : La tempête autour des bonus est un spectacle de foire, une diversion. Bien sûr qu’il y a eu des excès, mais ce ne sont pas les bonus qui ont déclenché le credit crunch, c’est la faiblesse des taux d’intérêts pratiqués sur les marchés interbancaires.

Même les régulateurs s’en mêlent. Les traders ne sont qu’un symptôme ; la vraie maladie, c’est le mauvais fonctionnement des marchés : 50 % des transactions échappent à tout contrôle. On ne sait pas qui achète quoi. Voilà la vraie dérive du capitalisme , a déclaré Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à l’université d’été du Medef (Challenges.fr).

La faute aux politiques ?

En France, nous ne nous contentons pas simplement de parler, nous agissons , a rappelé Christine Lagarde (The Times). Lors de la réunion des ministres des Finances du G20 à Londres, elle a même déclaré que la France ferait cavalier seul et que les bonus des banquiers seraient plafonnés même si l’Angleterre et les États-Unis refusaient de le faire. Cependant, il semblerait que la ministre ait changé d’avis depuis (eFinancialCareers UK).

Le fait que les dirigeants de certains établissements bancaires se conforment aux exigences du gouvernement ne plaît pas à tout le monde, loin s’en faut. Je connais beaucoup de monde dans les banques françaises qui sont très choqués par l’attitude de leur propre management, explique Luc Sitbon, avant de conclure : Personne ne défend les politiques.

commentaires (7)

Comments
  1. Cette histoire de bonus est clairement politique. Ca serait quand même dommage que, juste pour contenter une partie de l’opinion on en vienne à caper les bonus en France. Les équipes partiraient simplement pour Londres ou au Luxembourg. Le seul résultat serait un manque à gagner au niveau des recettes fiscales (IS + IR). Il y a un vrai savoir faire français dans le domaine avec les salles de la SG et de la BNP par ex que l’on pourrait même faire fructifier en proposant plutôt des baisses d’impôt pour attirer les équipes de Londres qui il faut le rappeler seront maintenant imposer à 50% (nouveau taux marginal max).

  2. Responsable ou pas, on s’en tamponne, ça reste immoral. Si on sucrait la moitié du bonus de trois ou quatre des “traders stars” d’une banque, on pourrait offrir une prime exceptionnelle de plusieurs milliers d’euros à toute la boite. Et les guignols auraient toujours suffisament de cash pour s’acheter une nouvelle villa à St Trop tous les ans. Quelle arrogance! Ca va finir dans le feu et dans le sang tout ça.

  3. Chacun cherche des responsables.

    Et le politique à au moins le mérite d’éssayer de changer les choses.

    Vous voulez savoir qui est le responsable? Regardez vous en face du miroir.

    Arretons de considérer le spéculateur comme l’enfer, alors que Kaldor en 39 nous faisait comprendre que c’était un régulateur.

    L’application du taux d’intérêt est le poison, mais le consommer est un droit, pas un devoir.

  4. “La petite quantité de traders qui gagnent des hauts salaires – et ils sont moins de 50 en France” : ce monsieur Giuliani est soit complètement pathétique, soit complètement déconnecté de la vie réelle. On comprend pourquoi la crise financière est, entre autre, imputée à la décorrélation des financiers avec l’économie réelle…

  5. C’est lamentable, malgré la crise venue des banques et l’aide de l’Etat pour les sauver , les attitudes criminelles de ces banquiers perdurent le pire c’est qu’ils ne se sentent même pas responsable et prennent comme bouc émissaire les politiques, on dit que c’est la faute des marchés et pourquoi pas la faute de Toto.
    Ce sont quant même ces banquiers ou autres qui ont vendu du subprime, des monétaires dynamiques, du madoff…et empochés des bonus records.
    Donc je dis qu’il faut que ces banquiers là soient interdits d’exercer dans la Finance.

    En conclusion rien n’a changé après la crise…

  6. Je suis effrayé par l’amalgamme qui est fait au niveau du grand problème de la question du bonus des banquiers. Le banquier moyen ne gagne pas particulièrement bien sa vie, pas mieux qu’un avocat, un médecin, un haut fonctionaire ou un cadre travaillant dans l’industrie. Les bonus distribués aux banquiers sont essentiellement des sommes loin d’etre mirobolantes.
    Le banquier moyen (99% des banquiers) ne porte aucune responsabilé directe sur les problèmes des banques… les banques centrales, les agences de notation et les 1% de banquiers debiles et voyoux peuvent faire leur mea culpa…
    Partant de la, je ne vois pas pourquoi un banquier qui fait bien son job ne peut pas etre rémunéré en conséquence. Ca ne gêne personne qu’un avocat charge 300 eur de l’heure, qu’un footballeur soit payé des milions, qu’un artiste touche des droits d’auteurs. J’ai du mal à comprendre cet acharnement contre les banquiers, qui provient, essentiellement d’ailleur de gens qui ne comprennent pas bien le contenu de leur travail.

  7. Ces énormes rémunérations coupent trop de responsables du quotidien de leurs employés et clients.

    Il faut remettre les pendules à l’heure : gagner 10 fois le Smic, c’est etre très riche; Ca arrive. Gagner 100 fois le SMIC, c’est être un Nabab : c’est économiquement absurde.

    Plus grave : ces super-riches vivent entre eux (il y a aujourd’hui encore plus de 7,5 millions de millionnaires dans le monde : bien assez pour que chacun d’entre eux ne se sente pas seul).
    Plus grave encore, ces millionnaires, quand ils bossent en entreprise, sont considérés par leurs cadres et équipes comme la référence à copier, comme le but à atteindre. Résultat, des dizaines de milliers de personnes gagnant plusieurs fois le salaire médian français se considèrent comme pauvres, et sont prêts à n’importe quoi pour échapper à leur “condition”.

    La question des rémunérations est fondamentale, et pas du tout un sujet de bouc-émissariat. Aucune structure productive ne peut servir durablement ses clients si son mode de management est basé sur la seule cupidité et la frustration.
    Au bout d’un temps, toute organisation de ce type finit par avoir un comportement mafieux, quitte à s’acheter les lois nécessaires.

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici