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Le retour des traders « low-cost » à la sauce BNP Paribas

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L’été dernier, des traders de BNP Paribas à Londres avaient contacté Le Monde pour faire entendre leur voix et protester contre les méthodes de leur employeur, qui les « obligeait » à basculer sur un contrat local. Cette fois, des « ex-gros bonnets de la banque anciennement établis à Londres, Singapour ou New-York » ont exprimé leur colère à Libération.

Pendant leur « expatriation », ces banquiers seniors voient BNPP cotiser pour eux vers un régime de retraite complémentaire, mais en fait sur la base d’un salaire bien moins élevé que le leur. Un tour de passe-passe discret, une ambigüité sur le contrat de travail et le tour est joué.

Une retraite sérieusement rabottée

Sauf que ces ex-employés réalisent aujourd’hui le gros manque à gagner pour leur retraite, sans parler des primes d’intéressement et de participation dont ils ont été alors privés. Et le journal de citer l’exemple d’un ancien trader, envoyé à l’étranger pendant 10 ans, payé plus d’un million d’euros par an, et qui après avoir fait ses calculs réclame 670.000€ à son ex-employeur, hors dommages et intérêts.

Le problème se révèle plus complexe encore puisque dans les faits l’ex-trader apparaît non pas comme un salarié « expatrié » mais plutôt comme un personnel « détaché » par l’entité parisienne – a priori en Europe donc (le lieu du détachement n’est pas donné). Ce qui laisse en principe supposer qu’il relevait en fait toujours de la Sécu française, qui aurait ainsi perdu sur 10 ans près de 2 millions d’euros dans cette seule affaire.

Pas une, mais des affaires

Une petite dizaine d’ex-employés aurait ainsi saisi les prud’hommes. Si le tribunal leur donne raison, « et si l’ensemble des salariés concernés entament par la suite un recours, la banque pourrait avoir à débourser plusieurs centaines de millions d’euros… », écrit le journaliste Luc Peillon.

BNP Paribas n’est pas la première banque en France à avoir quelques soucis avec des ex-collaborateurs « détachés » prêts à en découdre. Credit Suisse il y a deux ans avait dû s’expliquer aux Prudhommes dans une affaire qui l’opposait à un ex-employé en Angleterre et détaché… à Paris.

Avec l’internationalisation croissante des BFI françaises et les nombreux transferts d’équipes à l’étranger, les contentieux pourraient se multiplier. Une mauvaise nouvelle supplémentaire pour les établissements qui ont déjà leur lot de litiges coûteux à régler. Les pénalités versées par les banques aux Etats-Unis depuis le début de la crise ont atteint 100 milliards de dollars, a indiqué ce matin le Financial Times. BNP Paribas a vu son bénéfice net de 2013 rogné de 1,21 md d’euros par une provision inattendue liée à une enquête américaine sur des paiements en dollars réalisés en Iran.

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