☰ Menu eFinancialCareers

L’affaire DSK appuie là où ça fait mal : la France trop indulgente avec les dérapages des puissants ?

Sonné, groggy, sous le choc… Quels que soient nos penchants partisans, on parvient mal à s’extraire de l’incrédulité voire de l’émotion dans laquelle l’affaire DSK nous a plongés. L’image des menottes a même tiré les larmes de Manuel Valls, c’est dire.

“La France, une victime avérée”

Pour sûr, notre presse à nous se situe à des millions de kilomètres du ton largement non complaisant voire accusateur de certaines presses étrangères. Ainsi le New York Daily News n’a pas eu froid aux yeux en titrant hier sur Le Perv’ ! (La Tribune).

Toujours est-il que l’image de la France en prend un sérieux coup. Voilà, en tout cas, le message qui émerge ce matin de la majorité, dixit Coppé et Kosciusko-Morizet, pour qui la France est une victime avérée .

On plaint d’ailleurs au passage les financiers français basés à l’étranger, qui se verront probablement titiller sur cette affaire, qui ne fait pourtant que débuter. Et avec ça, le risque que la discussion glisse dangereusement vers des blagues vaseuses sur les hommes français amoureux des femmes…

Le mauvais goût n’épargne pas l’Hexagone. Vous avez été une fausse valeur, un obsédé sexuel, un escroc intellectuel. Vous avez sali votre pays , interpelle Bernard Debré, qui vomit sa haine sur son blog, moquant totalement au passage la présomption d’innocence.

La loi du silence

Cependant il y a peut-être un point dans son propos, en dehors de l’affaire DSK, qui mérite réflexion, et que l’on voit encore peu traité aujourd’hui. Le député de Paris dit que la France est tolérante, trop tolérante à l’égard de certains débordements de ses puissants, en l’occurrence celui qui s’était hissé au sommet de la finance.

Et si c’était vrai ? Sans aller jusqu’au fantasme du droit de cuissage, la France aurait-elle du mal à parler du sexisme et des abus auxquels certaines personnalités politiques, économiques ou financières ont pu se prêter sans être forcément inquiétées ?

Dans le cas de Dominique Strauss-Kahn, des précédents troublants refont surface. Une journaliste accuse l’ex-patron du FMI d’agressions sexuelles et envisage aujourd’hui de porter plainte. L’histoire était connue, son témoignage recueilli même dans une émission télé… mais bipé ! Et sa mère qui l’avait alors dissuadée de porter plainte pour ne pas gâcher sa carrière regrette aujourd’hui l’omerta autour de cette affaire dont personne ne veut parler (Reuters).

Sexisme trop souvent toléré ?

Comme si en France les femmes agressées, et de surcroît les victimes du sexisme ordinaire, devaient faire reconnaître les faits au détriment de leur carrière ou de leur réputation. La loi du silence prévaut.

Certes on se doit d’être prudent dans ces histoires, mais pourquoi les médias français ont-ils attendu plus de 24 h pour ne serait-ce qu’évoquer ces anciennes affaires , y compris celle de l’employée hongroise du FMI, qui a fait savoir en 2009 qu’elle n’était pas si consentante ? Le témoignage de cette dernière avait été publié dans L’Express mais n’avait pas fait beaucoup plus de vagues (France Soir). Le syndrome Mazarine Pingeot a encore frappé.

Pourtant, la presse étrangère, elle, et notamment le très sérieux Business Insider avait déjà fait son travail hier en se faisant l’écho de ces anciennes histoires.

Quelle que soit l’issue de l’affaire DSK, elle aura été au moins l’occasion, on l’espère, de pointer du doigt la complaisance des médias et la nôtre aussi, quelquefois involontaire, à excuser ou tolérer certains abus. Et si ces tabous-là pèsent sur la vie politique et médiatique française, on peut penser à raison qu’ils affectent tout autant les milieux professionnels.

commentaires (9)

Comments
  1. @Julia Lemarchand : “qui vomit sa haine sur son blog” ——> cette partie de l’article est de trop.

    Ne faites pas un article de qualité et plutôt objectif que vous allez vous même atomiser avec ce genre de propos car ils viendraient discréditer tout le reste de votre article, à savoir 99%.

    La France est malade depuis longtemps de ses privilèges et de ses privilégiés, beaucoup d’expats se reconnaissent dans mes propos.
    La méritocratie est une chimère en France comparé à ce qu’on voit dans le monde anglo-saxon. Suffit de voir l’article consacré à Alain Minc et son “vulgaire HEC ou MBA d’Harvard”

  2. @ phasme : J’avoue, j’y suis allée un peu fort, mais j’ai trouvé, et trouve encore, ce post d’un député de la majorité particulièrement choquant !
    Je n’ai pas par ailleurs cherché à être objective ici, mais plutôt 0 éclairer un aspect qui me semblait encore absent du débat.

    Julia Lemarchand, responsable éditoriale Répondre
     
  3. Peut être que Debré est allé trop loin dans son commentaire mais je comprends sa colère car pour avoir travaillé dans le monde politique et à l’époque où DSK était ministre, tout le monde savait, journalistes comme hommes politiques que ce dernier utilisait son pouvoir et sa position pour obtenir des faveurs sexuelles, si c’est ça leur définition de la séduction alors ne vous étonnez pas que toute la presse étrangère se moque du pays des Droits de L’homme, car la loi du silence est plus forte que tout ici, que ce soit pour les affaires de corruption, les sex affairs ou encore la chimère de méritocratie, pour reprendre le commentaire fait plus haut.

  4. Je confirme: le sexisme est tolérée en France, la loi du silence prévaut et les victimes des puissants n’ont guère d’autres choix que de démissionner devant les pervers persécuteurs qui agissent souvent avec la bénédiction (ou le consentement à peine voilé) du Management ou pire des RH .
    J’en ai fait amèrement l’expérience au début de ma carrière et ai mis des mois à m’en remettre… Un article à rédiger …

  5. Peut-être que Debré est allé trop loin dans ces propos…mais effectivement ce fût le seul son de cloche qui dénote du discours ambiant à savoir une certaine compassion pour DSK.
    En même temps, depuis longtemps DSK a la réputation d’un “partouzeur” dixit un de ses amis du PS invité récemment sur une chaine de TV…

  6. “Julia” qui a laissé le dernier message est la même personne que Julia Lemarchand ?

  7. Hello a tous,

    vendredi 13 c’était mon anniversaire (non je ne suis pas en train de raconter ma vie …) et samedi 14, un de mes invités a eu la bonne idée de m’offrir “le vrai roman de la vie de DSK” de Michel Taubermann et dimanche 15 vous savez tous ce qui s’est passé… Je me suis dit quelle coïncidence (mais en était ce vraiment une ??). J’ai commencé par la fin puisqu’un chapitre entier est consacré a “DSK et les femmes” et la indépendamment du fait de savoir que DSK etait un homme a femmes (il ne s’en ai jamais caché…) j’apprends que ses anciennes attachées parlementaires relatent des épisodes de l’époque ou DSK était député et ou il etait harcelé par ses condisciples féminins (petits mots griffonnés, numéros de tel et rdv en tout genre…)
    Qui a dit qu’en politique on vivait au royaume des bisounours ?? Je vous rappelle que nous avons eu deux présidents qui ont des enfants cachés et pléthore de maitresses, qu’1 président du conseil est mort dans les bras d’une prostituée et que les deputés males attribuent à leurs condisciples féminins des noms d’oiseaux comme : Poufiasse (sic) salope et que JM Lepen en son temps, a failli frapper la maire de mantes la jolie …

  8. Hello a tous(suite),

    Qu’en reste t’il aujourd’hui ?? rien, nada, nothing les comportements ont ils changés ?? non.
    Pour revenir a DSK je lui laisse encore le benefice du doute et laissons le se defendre et donner SA verité.

    Quant aux medias ma chere Julia (au fait comment allez vous ??) je vous rappelle que c’est cette meme presse etrangere qui a avalé comme des couleuvres l’histoire des armes de destruction massive et qui a cautionné la guerre en Irak mais ca c’est une autre histoire n’est ce pas …

    A bientôt
    Nathalie

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici