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OPINION : Les compétences, seule variable qui compte

Président fondateur de l’association A Compétence Egale (1), Alain Gavand (2) vous dit ce que vous ne devez pas entendre d’un recruteur en entretien…

Jusqu’où un recruteur a-t-il le droit d’aller dans son investigation pour mieux vous connaître ? Et dans quel cas les thèmes abordés sont-ils de nature à engendrer des pratiques discriminatoires ? Y a-t-il des sujets à proscrire ? Quelques infos et conseils pour y voir plus clair.

Sous la pression de la loi…

En France, la mobilisation des grands groupes, notamment les banques, s’est concrétisée au début des années 2000. La loi du 16 novembre 2001, relative à la lutte contre les discriminations (3), et la création de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) en 2004 ont considérablement modifié les usages en matière de recrutement et notamment de l’entretien. La transposition des directives européennes et la mise en place de politique diversité dans la plupart des groupes internationaux, notamment au Royaume Uni et aux Etats-Unis, ont également aidé dans ce sens.

Une nouvelle logique de l’entretien ?

Le recruteur est placé devant une double contrainte : la nécessité de recueillir le maximum d’informations pour mieux vous connaître et l’exigence de protéger votre vie privée. Cette exigence le place sur le fil du rasoir . Une position d’autant plus difficile à tenir que celui-ci doit non seulement faire attention aux questions qu’ils posent mais aussi à sa posture, à la manière dont il mène l’entretien.

Les compétences, seule variable qui compte

Les recruteurs doivent concentrer leurs questions sur vos capacités à travailler sur le poste pour lequel vous candidatez et éviter toutes les questions d’ordre personnelles ou à caractère discriminatoire. La loi de 1992 et la circulaire du 15 mars 1993 sur le recrutement sont d’ailleurs très explicites à ce sujet : les informations demandées à un candidat ayant pour objectif exclusif d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi doivent présenter un lien direct et nécessaire avec celui-ci.

Une délicate frontière entre ce qui autorisé et ce qui ne l’est pas

Le recruteur, à trop limiter son champ d’investigation, prend le risque de passer à côté de la richesse votre profil, incluant vos compétences techniques et humaines. Sur ce dernier point, la vie extraprofessionnelle peut donner de bons indices. Mais ce terrain est particulièrement sensible pour le recruteur, pour qui l’option la plus éthique serait de vous laisser conduire cette partie de l’entretien. Par exemple, en vous posant la question suivante : Quelles sont les compétences que vous avez développées ou exprimées dans vos activités extraprofessionnelles ? .

Les questions relatives aux savoir-être (aptitudes managériales, aptitudes relationnelles, capacité à travailler en équipe…) rentrent dans le cadre des questions qu’un recruteur peut poser, à condition que cela ait un lien avec le poste.

Un consultant en recrutement ou un responsable ressources humaines a également vocation à vous conseiller en termes de gestion de carrière. Il doit, dans ce cadre évoquer les avantages et les risques du poste proposé. Le recruteur peut dès lors amener les choses ainsi : Le poste comprend un grand nombre de contraintes en termes de déplacements et nécessite d’être absent de son domicile quatre jours par semaine. Êtes-vous certain que cela soit compatible avec votre organisation personnelle ? . En revanche, l’interviewer n’est pas autorisé à vous demander si vos enfants sont en bas âge !

Les questions interdites

Il y a évidemment des questions totalement interdites telles que celles qui portent sur le patrimoine ( Êtes-vous propriétaire de votre appartement ? ), sur la santé ( Êtes-vous en bonne santé ? ), ou encore sur la vie familiale ( Êtes-vous marié ? ; Comptez-vous vous avoir des enfants ? , etc.).

(1) L’association regroupe une vingtaine de cabinets de recrutement en France engagés dans la lutte contre la discrimination. Elle a récemment publié un guide pratique Comment recruter sans discriminer (www.acompetenceegale.com)

(2) Alain Gavand, PDG du cabinet de recrutement Alain Gavand Consultants, est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le recrutement dont Prévenir la discrimination à l’embauche, pourquoi et comment agir ?, Editions d’Organisation, 2006.

(3) La loi indique : Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, en raison de son origine, son sexe, ses mceurs, son orientation sexuelle, son âge, sa situation de famille, son appartenance ou sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, ses opinions politiques, ses activités syndicales ou mutualistes, ses convictions religieuses, son apparence physique, son patronyme, son état de santé ou son handicap, sauf inaptitude constatée par le médecin du travail dans le cadre du titre IV du livre II du présent code .

commentaires (3)

Comments
  1. je n’ai jamais su que les questions d ordre privee etaient interdites dans un entretien. c’est vraiment interressant de le savoir. Mais face a un recruteur que faut il faire lorsqu il pose une telle question?

  2. Bonjour,
    Je sais que certaines questions sont interdites lors de l’entretien. Mais je voudrais savoir, comme je suis en période d’essai afin d’être noté sur mes compétences directionnels, si :
    – mon supérieur a le droit de me demander pourquoi je vais chez le médecin?
    – Des questions sur ma vie personnel et privée??

  3. j’ai une fois eu des questions sur ma famille lors d’une interview : que fait votre prere, votre mere etc. . c’etaity une petite SSII. J’ai coupe court a l’interview. ca m’avait choque.

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