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Quelques sociétés de private equity à garder dans votre radar

Le capital-investissement et ses 1 300 professionnels ont beaucoup été affectés par la crise. Aussi le paysage de la centaine de structures présentées dans le dernier Guide des Sociétés de Capital-Investissement* a évolué depuis la dernière édition publiée il y a deux ans. Au menu, un certain nombre de sorties, mais aussi de nouvelles entrées. C’est sur ces dernières que nous nous attardons ici.

Il y a en sept généralement des équipes qui sont apparues entre-temps sur le marché français ou qui nous sont apparus d’une certaine importance , expliquent Jean-Baptiste Hugot et Jean-Philippe Mocci, auteurs de l’ouvrage.

Ces derniers nous ont autorisés à publier quelques extraits de leur descriptif. En voici donc une synthèse (extrêmement résumée !).

A Plus Finance

Création : 1998

Actionnariat : les deux fondateurs

Effectif : 12 professionnels

Fonds gérés : 300 M€

Participations : actuelles : 22 pour un total investi de 95 M€ ; depuis la création : 28 pour un total investi de 120 M€

Investissements :

Nombre d’op. chaque année : 10-15 pour un total de 25-30 M€

Participations généralement majoritaires, administrateur

Investissement unitaire compris entre 1 et 5 M€

Valeur des entreprises recherchées : entre 5 et 50 M€

Opinion des auteurs :

Lancée en 1998 par Niels Court-Payen et Frédéric Bayol, qui se sont connus sur les bancs de l’ESCP, A Plus Finance est une société de gestion spécialisée dans le capital investissement en plein essor. Depuis deux ans, elle a passé un cap : son effectif a doublé de 8 à 18 personnes […]. Il faut dire que depuis 2005, la firme a collecté près de 200 millions d’euros et totalise désormais 300 M€ de fonds gérés. Spécialisée à la fois dans le capital-risque et dans le capital-développement, qui représentent chacun 40% de son activité, A Plus Finance intervient principalement dans trois secteurs : technologies de l’information, e-commerce et développement durable. […] Afin de multiplier les points de vue et valider les options d’investissement, l’équipe regroupe des financiers et des entrepreneurs.

Citizen Capital

Création : septembre 2008

Actionnariat : les trois professionnels

Effectif : 3 professionnels

Fonds gérés : FCPR 13 M€ (Caisse des Dépôts 38 %, la Banque Postale 38 %, GCE Capital 15 %, personnes physiques 9 %)

Participations : 2 pour un total investi de 2 M€

Investissements :

Nombre d’op. chaque année : 4-5 pour un total de 5 M€

Participations minoritaires

Investissement unitaire compris entre 0,3 M€ et 2,2 M€

Taille des entreprises recherchées : entre 1 M€ et 20 M€ de chiffre d’affaires

Entreprises répondant à certains critères non financiers

Opinion des auteurs :

Dans ce monde du private equity souvent sec, froid et calculateur, il fait bon de rencontrer des financiers à la démarche différente. C’est le cas de Citizen Capital, qui entend “donner du sens au capital” (c’est leur slogan), en accompagnant des entreprises non détectées par les radars habituels du capital-investissement, en raison de leur localisation géographique (banlieues difficiles, zones franches, bassins en grande difficulté d’emploi…), du profil de leur dirigeant (autodidacte, ou appartenant aux fameuses “minorités visibles”), ou encore de la nature de leurs activités (emploi de jeunes de milieux défavorisés, de seniors, etc.). […] “En fait, nous voulons créer en France un social venture fund, comme il en existe de nombreux aux États-Unis”, résume Laurence Méhaignerie, fille d’une Américaine (et de Pierre Méhaignerie), qui a beaucoup travaillé sur les problématiques de diversité. Leurs concurrents, il est vrai, sont rares, voire inexistants.

CM-CIC Capital PrivÉ

Création : 2001

Actionnariat : Groupe Crédit Mutuel-CIC 100 %

Effectif : 8 professionnels

Fonds gérés : 400 M€ : 11 FCPI et 13 FIP

Participations actuelles : 130 pour un total investi de 200 M€

Investissements :

Nombre d’opérations chaque année : 10 en innovation, 10 en CD, pour un total investi de 50-70 M€

Participations minoritaires

Investissement unitaire compris entre 1 et 5 M€

Taille des entreprises recherchées : de 1 et 50 M€ de CA

Opinion des auteurs :

Dans la galaxie CIC, CM-CIC Capital Privé représente le pôle de gestion des FCPI et des FIP, tous commercialisés par le réseau du groupe, Crédit Mutuel CIC. Une activité qui date peu ou prou de la création de ces fonds “fiscaux” par les pouvoirs publics : 2001 pour les Fonds Commun de Placements dans l’Innovation et 2004 pour les Fonds d’Investissement de Proximité. Et qui obéit à la logique propre d’investissement de chacun : des sociétés “innovantes” pour les FCPI […], des opérations de capital-développement pour les FIP. […] Le montant collecté a baissé en 2009, à 53 M€ contre 75 les années précédentes. “Nous avons volontairement limité la collecte en 2009 pour rester en phase avec le volume d’investissement que permettait le marché”, commente Jean-Philippe Reboul, le président de CM-CIC Capital Privé. Ce sont 53 M€ qui ont été investis en 2009 dans une vingtaine d’entreprises, alors que la tendance est de l’ordre de 65 M€, ce qui est attendu en 2010.

Emertec Gestion

Création : fin 1999

Actionnariat : CEA et CDC Entreprises chacun 24 %, Caisse d’Épargne 20 %, Natixis 10,5 %, Équipe 21,5 %

Effectif : 5 professionnels

Fonds gérés : 120 M€ : FCPR Emertec 460 M€ (CEA, CDC, institutionnels et industriels)

Participations actuelles : 14 pour un total investi de 10,5 M€

Investissements :

Nombre d’opérations nouvelles chaque année : 3 à 4 pour un total de 10 à 20 M€

Participations minoritaires

Investissement unitaire compris entre 3 M€ et 5 M€

Taille des entreprises recherchées : start-up

Secteurs : développement durable et mobilité

Opinion des auteurs :

Pour son dixième anniversaire, Emertec – une des rares structures en France à se consacrer uniquement à l’amorçage – a fait peau neuve, avec un nouveau patron […] et une nouvelle stratégie. Ce nouveau patron est bien connu de l’univers du capital-risque, puisqu’il s’agit de Bernard Maître, l’un des pères fondateurs du capital-risque français moderne ; cet HEC passé par l’industrie […] a notamment fondé Banexi Ventues puis CDC Innovation avant de participer à l’essor de Galileo Partners, un des fonds les plus en vue de la période internet. […] Il devient ensuite directeur des participations du secteur de l’énergie au sein de l’Agence des Participations de l’État avant de prendre la présidence de CEA Valorisation en 2006, puis de rejoindre Emertec en 2008. Un parcours qui l’a amené à dessiner une nouvelle stratégie pour Emertec, avec le lancement d’un fonds thématique dédié au développement durable et à la mobilité. Notons que la firme implantée à Grenoble – et désormais à Paris – avait déjà innové par le passé avec le lancement d’un fonds Cleantech (en 2003) puis Nanotechnologies (en 2005) […]. Depuis 2000, Emertec a traité plus de 1000 dossiers qualifiés en France et en Europe pour une cinquantaine d’investissements.

Newfund

Création : 2008

Actionnariat : l’équipe de gestion

Effectif : 3 professionnels

Fonds gérés : 72 M€ (entrepreneurs 85 %, institutionnels 15 %, dont le Groupe Dassault et la Région Aquitaine)

Participations actuelles : 5 pour un total investi de 22 M€

Investissements :

Nombre d’op. chaque année : 4-5 pour un total de 10-25 M€

Participations minoritaires, administrateur

Investissement unitaire compris entre 0,2 et 10 M€

Taille des entreprises recherchées : 0 à 50 M€ de chiffre d’affaires

Opinion des auteurs :

Il faut déjà un certain courage pour lancer un “first time fund”, alors en plus quand c’est une équipe nouvellement constituée qui le fait et que c’est en pleine crise financière… C’est pourtant la voie choisie par François Véron, Patrick Malka et Charles-Antoine Morand, créateurs de Newfund en 2008. Le premier a débuté à l’Inspection des Finances au Ministère de l’Économie et des Finances, avant de travailler au sein du groupe Casino puis de rejoindre Cita Gestion en 2001 où il a réalisé onze investissements. Patrick Malka a quant à lui débuté sa carrière comme auditeur chez Ernst & Young avant de rejoindre le groupe Gaumont, puis le Groupe Cryo et Xilam Animation. Quant à Charles-Antoine Morand, il a débuté comme auditeur chez Arthur Andersen avant d’intégrer 3i, puis de co-fonder la start-up Cinétroc, et de rejoindre, en 2006, Arkeon Finance. Un trio qui affiche donc une triple expérience entreprise/finance/conseil et qui a décidé de lancer un fonds très orienté entrepreneurs. […] Sans avoir de contraintes sectorielles, l’équipe affiche une forte expertise dans les secteurs d’internet, des médias et des logiciels.

Octant Partenaires

Création : 2008

Actionnariat : Sofibim (holding patrimoniale de Robert Zolade, co-fondateur d’Elior)

Effectif : 9 professionnels

Fonds gérés : 120 M€

Participations actuelles : 3 plateformes d’acquisition, montant investi NC

Investissements :

Nombre d’opérations par an : NS pour un total de 20 à 40 M€

Participations majoritaires et minoritaires, administrateur

Investissement unitaire compris entre 3 et 50 M€

Valeur des entreprises recherchées : jusqu’à 500 M€

Opinion des auteurs :

Nouveau venu dans l’univers du capital-investissement, Octant Partenaires est une illustration de la mutation de la profession. […] La structure d’investissement est une SA, abondée par le seul Robert Zolade, co-fondateur du groupe Elior. Entrepreneur ayant connu un formidable succès […], Robert Zolade a donc décidé de créer sa propre structure d’investissement direct plutôt que de placer son argent dans un “family office” classique. Il a confié la direction générale de cette société d’investissement à son bras droit Gilles Cojan, qui en a développé le modèle avec Stéphane Moreau […]. “Octant Partenaires s’inscrit comme un acteur du private equity post-crise, avec une approche qui change radicalement. Nous investissons dans des entreprises parce qu’elles vont nous permettre de générer des plus-values dans le temps et non pas parce que nous pensons pouvoir les revendre avec une plus-value dans 2-3 ans…”, développe Gilles Cojan. […] “Nous avons rencontré 120 entreprises en 15 mois”, souligne Stéphane Moreau.. Quatre secteurs ont déjà été identifiés : la restauration commerciale, la santé, le tourisme réceptif et les services aux entreprises. Et trois plateformes créées (l’équipe souhaite en déployer sept au maximum). Ces plateformes épaulées par des experts sectoriels ont pour l’instant multiplié les petites opérations, façon de roder un modèle particulier.

Vermeer Capital

Création : 2008

Actionnariat : l’équipe de gestion 100 %

Effectif : 5 professionnels

Fonds gérés : FCPR Vermeer Capital 90 M€ (CDC, AGF, personnes physiques…)

Participations : 2 pour un total investi de 25 M€

Investissements :

Nombre d’op. chaque année : 2-3 pour un total de 30-50 M€

Participations minoritaires ou majoritaires

Investissement unitaire compris entre 3 M€ et 30 M€

Taille des entreprises recherchées : entre 30 M€ et 300 M€ de chiffre d’affaires

Opinion des auteurs :

En 2008, en pleine crise financière, alors que le private equity est sérieusement secoué, il est des valeureux pour lancer leur fonds, à l’écart de tout groupe financier. Mais le premier, Jean-Louis Détry, est loin d’être un novice. Sorte de “serial repreneur”, âgé aujourd’hui de 60 ans, il s’est illustré dans l’acquisition et le développement des disques Vogue, de Léon de Bruxelles (la chaîne de restaurants, qui sera revendue à OFI Private Equity), et de Dataciné (tirage de copies de film). Des opérations menées à titre personnel, alors qu’avec Vermeer Capital, il décide de structurer sa démarche, avec un “vrai” fonds. […] Le rejoignent Pierre Khoury, ancien de Sopra et redresseur d’une PME, Olivier Elmalek, passé par l’audit et le département dédié aux entreprises en difficulté d’Accuracy, Frédéric Jouenne, ancien avocat d’affaires, et, en qualité de senior advisor, Michel Bon, personnalité bien connue du monde des affaires, ancien patron de Carrefour et de France Telecom, qui fait profiter la jeune structure de ses avis et de son carnet d’adresses. […] Car ce qui caractérise et distingue Vermeer Capital est qu’il apporte directement du cash aux entreprises où il entre. On est donc en présence d’un pur acteur de capital-développement, et non d’un fonds de LBO qui sert un actionnaire et se finance par la dette. Une différence de taille sur ce marché du private equity trusté par les fonds de buy-out.




*
Le Guide des Sociétés de Capital-Investissement, huitième édition, a été réalisé par Jean-Baptiste Hugot et Jean-Philippe Mocci, et publié aux éditions du management, en juillet 2010 (512 pages, 67 €). Cet ouvrage contient des renseignements précis sur chaque capital-investisseur (moyens financiers, profil de l’équipe, portefeuille géré, entreprises recherchées…), ainsi qu’une opinion personnelle.

commentaires (1)

Comments
  1. Le PE fait un retour aux profits discret mais assuré, le tout sans avoir les désagréments médiatiques de la BFI.

    XERFI et le cabinet PRECEPTA ont publiés au cours 2010, une étude documentée sur le “Capital investissment à l’horizon 2011”. Une excellente source d’informations, pour peu que vous puissiez mettre la main dessus..

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