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Après le CFA, la certification CAIA, “the next big thing” pour se démarquer en finance ?

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« CAIA ? Qu’est-ce que c’est ? », ont répondu naïvement les ressources humaines de certaines sociétés françaises que nous avons contactées. Difficile de les blâmer. Le « Chartered alternative investment analyst » est un certificat professionnel encore jeune : l’association CAIA n’a été créée qu’en 2002. Centré sur la gestion alternative, il est beaucoup plus confidentiel (6.500 titulaires dans le monde, et seulement 109 membres au chapitre français) que son grand frère généraliste, le CFA (116.000 titulaires dans le monde, une certification qui porte sur la gestion de portefeuille classique), qui a plus de 60 ans.

“C’est comme le téléphone portable au début des années 1990”

La rareté du CAIA s’explique donc d’abord par son âge. 12 ans après la fondation de l’association, William Kelly, CEO nommé début 2014, espère être « à la veille d’une période de croissance explosive ». Son but est désormais d’« institutionnaliser la marque ». « C’est comme le téléphone portable au début des années 1990. 20 ans plus tard, tout le monde en a un. Le CAIA va devenir une partie intégrante de l’uniforme des professionnels de la gestion alternative. » L’attention accrue des régulateurs, en particulier de la SEC, sur la gestion alternative, serait un argument clé pour pousser les professionnels à obtenir un certificat.

Reste pour cela à démontrer l’utilité du CAIA. La certification n’est pas (encore ?) un visa obligatoire pour entrer dans le secteur de la gestion alternative, mais elle est très utile pour y occuper certains postes ou y gravir les échelons. D’après un membre du chapitre français de l’association, il faut bien garder en tête que le CAIA s’adresse plutôt aux analystes ou gestionnaires opérationnels généralistes. Ce que confirment les statistiques affichées par l’association, d’après lesquelles près de 26 % des titulaires du CAIA sont analystes. D’autres positions généralistes sont relativement bien représentées (gestionnaires de portefeuille, vendeurs, consultants…). À l’inverse, risk-managers (4 %), courtiers (3 %) et traders (3 %), qui travaillent le plus souvent sur des tables spécialisées, constituent des exceptions dans les rangs des titulaires du CAIA.

CFA / CAIA : quelle stratégie adopter ? 

Mark Sinsheimer, ancien de Paribas Asset Management, professeur à l’ICN, et formateur chez First Finance (un des deux instituts, avec Top Finance, à proposer des formations pour le CAIA en France), titulaire à la fois du CFA et du CAIA, ne pense pas qu’il faille opposer CFA et CAIA : « le CFA, c’est la règle, le CAIA, c’est l’exception. Le CFA est fondé sur le dogme de l’efficience des marchés. Le CAIA concerne des classes d’actifs plus originales et l’exploitation d’anomalies. Le CAIA sans le CFA, c’est un peu bizarre. » En somme, ce que conseille l’enseignant, c’est de passer le CFA au cours des études, et après une première expérience, de passer le CAIA, d’autant que celui-ci est davantage fondé sur des connaissances pratiques, sur la culture du métier, que sur des connaissances académiques. De ce fait, contrairement au CFA, le programme du CAIA évolue rapidement.

Le taux de réussite au CAIA (68 % de réussite au niveau I, 62 % au II) est plus élevé que celui du CFA (38 % au niveau I, 42 % au II, 49 % au III). La préparation est de même plus courte (200 heures pour le CAIA, contre 350 heures pour le CFA). Ce qui traduit sans doute moins le fait que le CAIA est plus facile, moins exigeant ou moins renommé, mais simplement que sa fonction et son contenu sont plus spécifiques. Sans la connaissance du fond culturel indispensable, de trucs de « vieux briscards », il est possible d’échouer malgré la motivation. Mark Sinsheimer avertit contre la tendance actuelle au rajeunissement des candidats (passant le CFA et le CAIA auparavant plutôt vers 25-30 ans, désormais souvent dès 20-23 ans), qui pensent que ce type de certificats professionnalisants doivent être obtenus avant la fin des études, pour briller sur le marché de l’emploi.

Passeport pour une carrière à l’international

Marché de l’emploi international avant tout. Une dimension essentielle du CAIA est d’attester une maîtrise parfaite de l’Anglais professionnel de la gestion alternative, puisque les tests sont évidemment dans la langue de Shakespeare. Passer le CAIA pour un Français ne peut pas se comprendre à l’échelle nationale. Le poids des diplômes et des grandes écoles dans les recrutements, autant que le faible développement de la gestion alternative en France, rendent, pour l’instant, peu probable que le CAIA soit davantage valorisé sur la place de Paris. L’EDHEC, qui avait engagé en 2004 un partenariat avec l’association CAIA, y a mis fin en 2009, semblant avoir fait le deuil d’institutionnaliser la certification dans l’hexagone.

51 % des titulaires du CAIA dans le monde sont sur le continent américain, 35 % en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique (EMEA), et déjà 15 % en Asie. Dans le détail de la région EMEA, on remarque bien entendu l’importance du chapitre du Royaume-Uni et de l’Irlande (qui compte 516 membres), mais surtout, en première position, le chapitre suisse avec 698 membres. L’intérêt des Suisses pour la formation continue et un partenariat bien ancré avec la prestigieuse HEC Lausanne ont permis au CAIA de s’imposer dans la Confédération helvétique. Et logiquement, le CAIA est le plus développé dans les pays où hedge funds, banques privées, conseillers financiers indépendants et private equity, les secteurs qui recrutent ce type de profil, sont les plus présents.

 

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