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Quand Société Générale veut faire… du BNP Paribas

socgen - BNP

Loin du débat sur le découplage des fonctions de président et de DG de Frédéric Oudéa, Société Générale se voit prendre un nouveau leadership sur les marchés obligataires, un peu à la manière de BNP Paribas.

D’après le Financial Times, la banque au logo rouge et noir prévoit d’embaucher cette année jusqu’à 150 personnes en Asie et au Etats-Unis pour renforcer une équipe déjà forte de 1.070 collaborateurs. Le développement des activités de trading obligataire, sur les marchés de taux et des changes, constituerait le cœur de cette stratégie offensive. Contacté, SocGen n’a pas souhaité commenter, tout en nous démentant néanmoins le chiffre de 150 pour ses recrutements, sans plus de précisions.

Cette nouvelle – comme un avant-goût du plan stratégique de la banque divulguée en mai prochain – rappelle fortement le plan de développement de BNP Paribas, dévoilée à la même époque l’an passé. Cette dernière avait alors indiqué elle-aussi miser sur les métiers de BFI en Asie (avec 1.300 recrutements prévus d’ici à 2016) et en Amérique du Nord. Par ailleurs, depuis 2010, le premier groupe bancaire n’a cessé de renforcer ses équipes sur les métiers du fixed income.

Largement plus reconnues sur le marché actions, en particulier des dérivés actions pour SG, les deux françaises veulent profiter du désengagement de grands établissements bancaires leaders sur les taux comme UBS, Crédit Suisse et plus dernièrement Barclays et Deutsche Bank, qui toutes ont annoncé des réductions d’effectifs suite à une forte baisse des revenus (jusqu’à -30% en un an pour Deutsche Bank au dernier trimestre 2013).

La stratégie opportuniste de se développer dans cette activité potentiellement très lucrative mais aussi risqué car consommatrice en fonds propres est-elle pertinente ?

Le caractère offensif surprend en tout cas les analystes. Le titre Société Générale accusait ce matin une baisse – jusqu’à -1,75%. Il faut dire que le deuxième groupe bancaire français avait plutôt fait profil bas ces dernières années de crise dans les activités de BFI. En raison des contraintes réglementaires, la priorité ayant été plutôt donnée jusque-là au développement dans la banque de détail, parent pauvre du groupe avant la crise. Une recherche des analystes de Deutsche Bank de décembre dernier montre par ailleurs que la part de marché mondiale de Société Générale n’a jamais dépassé la barre des 2% dans les activités FICC (fixed Income, currencies & commodities) sur ces dernières années.

Cependant, « contrairement à d’autres acteurs qui ont fermé des pans entiers d’activités, SG est toujours resté dans le jeu dans la BFI, commente Marc Sabatier, associé et co-fondateur de SterWen Consulting, et auteur d’un volumineux rapport sur le devenir des banques françaises publié l’été dernier. La banque a l’opportunité de renforcer considérablement ses positions sur le fixed income, et c’est probablement le meilleur moment pour investir, en particulier aux US, un marché rémunérateur et très porteur dans la durée ».

Même si Frédéric Oudéa avait l’été dernier indiqué que Société Générale avait « fait le choix de la place de Paris » avec l’inauguration de la salle de marchés européenne de l’immeuble Basalte, personne au fond n’est surpris par les ambitions de développement à l’international de SG comme des autres établissements français, comme relais de croissance nécessaire à un marché européen qui peine à raccrocher le rythme de la croissance mondiale.

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