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Quitter la banque d’affaires pour rejoindre une équipe M&A d’un Corporate, une bonne idée ?

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Certains de chasseurs de têtes parisiens vous ont déjà prévenu, les grands groupes vont renforcer leurs équipes M&A cette année. Croissance économique et développement à l’international obligent. Et surtout, nous rappellent Les Echos ce matin, les Corporates sont soumis, avec la crise, à des contraintes budgétaires qui les conduisent à structurer de plus en plus leur opérations de fusions-acquisitions en interne plutôt que de faire systématiquement aux banques d’affaires, en particulier pour les “deals” inférieurs à dix millions d’euros. La chasse aux banquiers-conseils est ouverte… 

Oui, mais partir dans un grand groupe lorsque l’on a quasiment toujours travaillé en banque d’affaires, est-ce un choix pertinent ? Voici quelques réponses aux questions que vous vous posez.

Les recrutements au sein des équipes M&A internes aux entreprises sont-ils ponctuels ou sont appelés à durer ?

Le contexte est porteur pour les raisons évoquées plus haut, même si le montant des acquisitions par les entreprises a toute de même baissé de 22% entre 2013 et 2012 à 26,7 milliards d’euros, selon Dealogic. En outre, « il y a des besoins structurels au niveau des groupes puisque les professionnels recrutés ont vocation à évoluer au sein de leur équipe où l’on gère désormais aussi bien les joint-ventures que les acquisitions, puis ensuite au niveau du groupe. Il y a donc régulièrement des postes vacants », rappelle Diane Segalen, co-fondatrice du cabinet de chasse Segalen+Associés Le marché est néanmoins assez étroit lorsque l’on sait que ces équipes comptent au maximum une dizaine de collaborateurs par grand groupe.

Pourquoi décider de quitter une banque d’affaires pour rejoindre un grand groupe ?

Principalement pour les carrières que les grandes entreprises peuvent offrir. Deux exemples parlants chez Publicis permettent de bien le comprendre : Loris Nold et Stéphane Estryn recrutés comme associate director par le groupe en 2003 et 2004 après plusieurs années respectivement chez Lehman Brothers et la banque d’affaires parisienne NetsCapital. Le premier a été nommé ce mois-ci CEO de Publicis pour la zone Asie-Pacifique, Afrique, Israël et Turquie, et est basé à Singapour, le second a été promu l’été dernier Directeur Fusions et Acquisitions de Publicis Groupe, et travaille sur la gigantesque fusion Publicis-Omnicom. Les banquiers-conseils sont souvent séduits par la dimension plus globale du travail qui s’inscrit davantage sur le long terme avec une vue sur les résultats des opérations. Il arrive même que dans les plus petits groupes les équipes gèrent jusqu’à l’intégration de l’entité acquise.

Ne peut-on pas être promis à un bel avenir aussi en banque d’affaires ?

Si bien sûr, rappelons qu’au top de la hierarchie, les managing directors (MD) ont perçu une rémunération moyenne à Paris en 2013 de 525k€, selon Emolument.com, un site Internet spécialiste des rémunérations dans l’industrie financière. Sauf que devenir MD est bien plus compliqué qu’avant la crise. La banque d’affaires est une « industrie en récession , rappelle Diane Segalen. Avant la crise : plus d’un Associate sur 2 avait des chances d’arriver MD, aujourd’hui le ratio est plutôt de 1 sur 4 ».

Les données du rapport publiées hier par MergerMarket relatives aux opérations de fusions-acquisitions sur le dernier trimestre de 2013 montre que le marché français connaît un léger mieux en 2013 par rapport à 2012 (25% de hausse du montant total des transactions) mais il demeure très loin des niveaux de deals d’avant-crise.

MergerMarket-France-M&A-Q42

Source: MergerMarket

 

Quels sont les groupes les plus actifs en M&A ?

Les données de Dealogic réalisées pour Les Echos offrent une photographie des grands groupes les plus actifs en matière d’acquisitions l’an passé. Schneider Electric, Foncière des Régions (GFR), LVMH occupent les trois premières marches du podium, suivies de Carrefour, Essilor, Korian, Vinci, Vivendi, L’Oréal et Eutelstat Communications. Parmi ceux-là Essilor et Vivendi seraient en train de recruter pour renforcer leur équipe M&A, tout comme Alcatel et Orange. 

Si l’on raisonne en termes de secteur cette fois, les entreprises la priori les plus porteuses en matière de recrutement opèrent dans l’industrie des services financiers, qui a dominé le marché français des M&A l’an passé avec un total d’opérations d’une valeur de 5,1 mds d’euros, soit 17% des parts de marché en France, selon MergerMarket. Cependant, dans ce secteur, la logique veut que les postes stratégiques au sein des directions financières soient principalement pourvus en interne grâce au vivier des banquiers-conseils employés. Viennent ensuite le secteur Distribution et Biens de consommation (16%) et le secteur Energie (9%). À noter la poussée du secteur Pharmaceutique (6% des parts du marché français M&A en 2013 contre seulement 2% en 2012).

À quel moment de sa carrière est-il judicieux de quitter la banque d’affaires pour un département M&A d’un groupe ?

Les deux grandes fenêtres d’opportunité qui se présentent le plus souvent se situent au niveau VP en banque d’affaires après 6 / 7 ans d’expérience puis ensuite vers 40 ans pour des postes d’adjoint au directeur financier au sein d’un groupe.

Enfin, rejoindre un Corporate ne peut pas présenter que des avantages, n’est-ce-pas ?

Le principal « downside » d’un poste M&A au sein d’une grande entreprise est la rémunération. Les groupes peuvent aujourd’hui faire des offres avec un salaire équivalent voire légèrement supérieur aux banques d’affaires. En revanche, en matière de variable, les écarts restent importants. Pour Florence Soulé de Lafont, directeur associé au sein du cabinet Boyden, en charge de la practice Financial Services, le variable atteint au mieux 50% du fixe dans un Corporate quand dans une année exceptionnelle il peut représenter jusqu’à deux voire 3 fois le salaire fixe dans une banque d’affaires.

Dit autrement, les variables atteignent en moyenne 100% du fixe dans les banques d’affaires contre 30% au sein d’un grand groupe, relève Diane Segalen. « Souvent, les banquiers-conseils voient in fine leur rémunération totale baisser d’au moins un tiers voire de moitié », tranche cette dernière.

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