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Les chasseurs parisiens en finance vous livrent leurs prévisions pour 2014

Crystal ball

Tous sont unanimes : la reprise est palpable, bien que timide. De l’avis des quatre chasseurs de têtes parisiens que nous avons interrogés, 2014 devrait vraisemblablement être un meilleur cru pour le marché de l’emploi financier français que 2013. Ce qui n’est pas difficile. Il n’empêche, pour Florence Soulé de Lafont, directeur associé au sein du cabinet Boyden, un signe ne trompe pas : « les établissements financiers ne viennent plus nous voir uniquement quand ils ont une urgence, mais bien pour parler de leurs projets pour cette année, demander du conseil et une évaluation ». Où sont les poches d’emplois potentiels ? Ces quatre chasseurs se sont prêtés au jeu des « trois bullet points » pour évoquer les perspectives du secteur financier.       

Denis Marcadet, président-fondateur du cabinet Vendôme & Associés :

 

  • Le retour confirmé des « postes qualitatifs », c’est-à-dire de postes stratégiques et de développement qui ont déjà fait leur réapparition fin 2013. Après s’être diffusée sur les marchés américain et britannique, la croyance dans la reprise devrait pouvoir aussi s’installer en France en 2014. Les employeurs en finance en France repensent prioritairement à l’optimisation de la « relation client « et se mettent en tout cas en ordre de marche pour être référencés parmi les meilleurs acteurs de leurs secteurs et mettent en adéquation objectifs et moyens (effectifs). C’est un peu un retour aux fondamentaux et au rôle premier du banquier. Cela signifie que le scope des potentiels va s’élargir et que les recrutements seront moins dictés par la volonté du « copié-collé ».

 

  • Concrètement, les métiers profitant le plus de ce climat seront : les bons originateurs capables – d’aller ouvrir de nouveaux marchés (notamment à l’international pour les entreprises ou,  concernant les fonds, pour leurs participations) – de convaincre le client et de gérer une relation à haut niveau,  je pense en particulier aux vendeurs institutionnels et distribution dans la gestion, aux originateurs ECM, aux fonctions de coverage en BFI ; les senior credit analysts, qui bénéficient de la reconfiguration des métiers du risque ; les métiers du marketing stratégique  (notamment coté digital) sont  également en totale évolution ; tout comme les professionnels de l’IT capables d’accompagner les grands changements du secteur. 

 

  • Un besoin accru de généralistes très « spécialisables » : les acteurs de l’industrie financière chercheront en 2014 à rationaliser toujours davantage leurs coûts en optimisant leurs prestations. Conséquence : l’expertise n’est plus sacralisée en tant que telle. La RH, par exemple, devient plus « financière », davantage au service de l’entreprise et des métiers. On attend aussi des banquiers seniors qu’ils soient capables d’apporter une expertise métier (DCM, M&A …). C’est une redéfinition de l’ensemble des métiers qui est en jeu avec une valorisation des compétences  transverses.

 

Eric Singer, fondateur du cabinet Singer & Hamilton :

 

  • Le retour des produits structurés et de l’excellence française : Le secteur bancaire peine aujourd’hui à atteindre 12% de rentabilité sur fonds propres (le fameux ROE : « Return on Equity »). Les banques françaises vont donc probablement être amenées à  revenir sur les  produits structurés, où elles ont développé un fort savoir-faire historique. Ce marché présente des marges très significatives et même s’il nécessite du capital, il n’implique pas de lourds investissements IT et un large accès aux fonds de pensions US comme les produits de flux qui sont globalement peu rentables. Cela pourrait donc entraîner des embauches de traders exotiques, de structureurs, de juristes… à l’international mais aussi à Paris. Car les sièges sociaux apprécient de garder un œil sur ces métiers présentant un profil à risques pour les établissements.

 

  • Le retour des actifs off shore dans la banque privée : les nouvelles contraintes de transparence qui s’imposent aux banques suisses notamment devraient entraîner un retour d’un volume d’actifs sur les marchés on shore comme la France. Pour gérer ce flux entrant, les établissements basés à Paris devront augmenter leur offre de services et procéder à des recrutements de banquiers privés seniors et de spécialistes de l’ingénierie financière.

 

  • Les professionnels du crédit non coté toujours en vogue : La désintermédiation bancaire est à l’œuvre et entraîne avec elle une nouvelle offre de services au sein des assureurs et des sociétés de gestion pour aider les PME à trouver des financements, comme l’illustre le succès de Tikehau IM ou d’Acofi. Cette tendance rend particulièrement attractifs les professionnels issus des équipes bancaires en financement structuré, et plus largement des spécialistes de la dette privée.

 

Odile Couvert, co-fondatrice du cabinet Amadeo Executive Search :

 

  • Les commerciaux en vedette : la moitié des mandats que je traite aujourd’hui sont des postes de commerciaux / makerting. Et 2014 devrait voir cette tendance s’accentuer. En banque privée, les profils de bons « chasseurs » vont rester un besoin important pour la plupart des maisons. Côté gestion d’actifs classique, les bons vendeurs distribution / institutionnel avec des compétences marketing et un profil international resteront la priorité. En outre, dans ce secteur, notons que les assets managers américains semblent vouloir engager une nouvelle dynamique en Europe, y compris à Paris.

 

  • La désintermédiation financière continuera de créer de nouvelles opportunités : la désintermédiation dans le secteur de la banque d’investissement permet de voir émerger de nouveaux acteurs sur les marchés, notamment les sociétés de conseil qui de plus en plus se positionnent pour accompagner les entreprises dans leur besoin de financement. Au-delà, des métiers comme la titrisation, qui avait disparu des écrans radars du marché de l’emploi bancaire, refait son apparition du fait qu’elle propose une forme alternative de financement.

 

  • Le retour de l’immobilier d’investissement : Après 4 voire 5 ans de vache maigre, le secteur reprend des couleurs, portés par les effets d’annonces gouvernementales et le retour attendu de la croissance. Des fonds spécialisés et des foncières relancent actuellement leurs recrutements, notamment pour renforcer leurs relations avec les investisseurs.

 

Florence Soulé de Lafont, directeur associé au sein du cabinet Boyden, en charge de la practice Financial Services and Real Estate :

 

  • L’horizon du secteur M&A et du marché primaire action s’éclaircie : à Paris, les boutiques en particulier, du fait de leur réactivité, devraient saisir l’opportunité d’un contexte plus porteur pour débaucher des professionnels aguerris et bons techniciens, que ce soit du côté des fusions-acquisitions ou des introductions en bourse. Les grandes banques étrangères présentes à Paris devraient aussi se montrer plus agressives cette année. Les corporates, enfin, seront conduits à  renforcer leurs équipes M&A pour accompagner les processus de due diligence. Pas de grande vague d’embauches attendue, mais plutôt un jeu de chaises musicales.

 

  • Les acteurs anglo-saxons s’intéressent à nouveau au marché français : Un certain nombre d’établissements bancaires et de fonds anglo-saxons réfléchissent à nouveau à développer leur présence en France. C’est par exemple le cas dans les financements LBO, où les acteurs bancaires et fonds anglo-saxons qui disposent d’une énorme liquidité sur leur marché, font des propositions commerciales très agressives pour décrocher des mandats en Europe, notamment en France. Jusqu’alors, ils s’étaient contentés d’opérer à distance en nouant des partenariats avec des établissements français, mais certains s’interrogent désormais sur l’opportunité de développer à Paris des équipes d’origination et de distribution.

 

  • Les fonds de dette n’ont pas fini de faire parler d’eux : 2013 a été riche en actualités sur le front de la dette infrastructure et immobilière , 2014 verra très vraisemblablement le développement de fonds de dette privée dédiés au mid-cap par des sociétés de gestion et des assureurs. Des transferts de professionnels du milieu bancaire vers ces nouveaux acteurs sont à prévoir.

 

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