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Une journée avec Olaf Van Tuijl, analyste en banque d’investissement

07h30 Le réveil sonne dans mon appartement d’Islington, à Londres. C’est très bien situé pour travailler. Chaque matin, je parcours la petite distance qui me sépare de l’arrêt de bus, j’achète un cappuccino, je prends le bus et j’en profite pour lire le journal. Je préfère le bus au métro; c’est moins stressant.

08h30 J’arrive au bureau. Mon premier travail quotidien est d’écouter mes messages et de lire mes e-mails. Certains viennent de clients; d’autres sont internes. Chaque matin, il y a des choses à faire ou des documents à envoyer.

Je travaille pour la division institutions financières de la banque d’investissement. Nous fournissons du conseil en stratégie, concernant principalement le financement et les fusions-acquisitions, pour des banques, des assureurs, des sociétés de gestion d’actifs et d’autres institutions financières.

Je suis spécialisé sur le marché du Bénélux et je passe beaucoup de temps à voyager en Europe. L’an dernier, j’ai passé environ 40% de mon temps en déplacement.

Après avoir vérifié mes e-mails et écouté mes messages, je parcours les dernières nouvelles, en particulier celles qui concernent le marché du Bénélux. J’envoie le plus souvent un email assez court présentant les informations importantes à mes collègues, car l’information est un élément-clé!

09h30 Une heure après mon arrivée, les choses sérieuses commencent. L’activité de conseil est assez diversifiée. On travaille en général sur plusieurs projets différents à la fois. Chaque projet est vraiment unique.

De plus, les tâches sur un même projet diffèrent d’un jour à l’autre. Un jour, je peux me concentrer sur une présentation pour un client traitant des opportunités d’acquisition dans le secteur bancaire, et le jour suivant me consacrer à de la modélisation financière pour un gérant d’actifs, et ainsi de suite. Les journées ne se ressemblent pas.

Ce matin, je commence par envoyer des informations que j’ai préparées, destinées aux acquéreurs potentiels d’une des filiales de l’un de nos clients.

Puis je travaille sur un pitchbook. Les pitchbooks sont essentiellement des idées, c’est à dire des recommandations stratégiques, présentées par les banquiers d’affaire à leurs clients.

Le champ des pitchbooks est large, de l’analyse stratégique et financière, en passant par un benchmarking industriel, jusqu’aux perspectives sur des fusions éventuelles et des opportunités de financement.

La réalisation d’un pitchbook ne se limite pas à l’élaboration d’une présentation, il s’agit de délivrer le bon message, dans le bon ordre, et avec le bon argumentaire. En pratique, il faut collecter des informations sur une société et ses cibles, y compris les rapports annuels, des coupures de presse et des rapports intérimaires, et produire une présentation originale et logique.

En banque d’investissement, nous travaillons en petits groupes. A la tête de chaque groupe, il y a un directeur général ou un chargé de clientèle, qui gère les relations clients et leur expose les différentes stratégies possibles.

Si un client souhaite creuser l’une des options présentées, le directeur général sollicite l’aide d’un vice-président, d’un associé, et d’un analyste (moi). Dès lors commence le travail.

La rédaction d’un pitchbook est un effort collectif. En résumé, le directeur général donne les grandes orientations, le vice-président décide de ce qu’il doit contenir, l’associé finalise les détails, et l’analyste élabore la présentation, sous le contrôle du vice-président et de l’associé.

Je travaille actuellement sur cinq projets différents. Cela n’est pas exceptionnel, et il est important que je puisse accomplir plusieurs tâches à la fois et établir les priorités. C’est du bon sens: je sais que j’ai une date limite ce lundi, une autre dans 15 jours et encore une la semaine suivante; j’ai aussi en cours une transaction qui me prend l’essentiel de mon temps.

Je dois vérifier que tout s’enchaîne bien en même temps.

Je commence par un petit pitchbook que je prépare pour deux banquiers américains qui visitent un client en Europe. Je dois dresser un mapping de petites sociétés non cotées dans un secteur particulier du marché du Bénélux.

Je dois décrire chaque société et exposer leurs situations financières. Trouver ce genre de données peut être difficile pour les sociétés non cotées. Heureusement, nous avons un service de recherche interne à notre disposition pour nous assister.

13h00 En général, je mange un sandwich à mon bureau, et j’essaie de lire les journaux pour collecter les dernières nouvelles. L’heure du déjeuner est assez souple, et si j’ai le temps, je déjeune avec des collègues dans notre cantine.

14h00 L’après-midi est consacré à l’opération en cours. Je prépare une note d’information en prévision de la vente d’une société. J’appelle le client pour m’assurer que mes informations son exactes, et je m’accorde avec eux sur la façon de les présenter.

C’est une des choses incroyables de la banque d’investissement: au bout d’un an et demi seulement, j’ai déjà de nombreux contacts avec des directeurs financiers et autres seniors.

Le travail sur une opération de fusion-acquisition diffère considérablement, selon si la société va être acquise ou vendue. Si vous travaillez du coté achat buyside , tout est géré par une autre banque. Il faut suivre une procédure stricte. D’abord, on reçoit toutes les informations sur la société mise en vente. On doit les étudier en détail, procéder à des évaluations, et discuter avec le client de l’intérêt de poursuivre cette acquisition.

Si vous travaillez du coté vente sellside , comme dans mon cas, vous avez la responsabilité de l’affaire.

D’abord vient la note d’information qui décrit en détail la société à acquérir. La note est transmise aux sociétés qui ont manifesté leur intérêt après avoir été contactées par nos banquiers.

En général une liste d’acheteurs potentiels est établie. Ils sont contactés par le biais d’un teaser qui leur est envoyé : une courte note décrivant l’opportunité ne mentionnant aucun nom. J’exécute ces différentes étapes en coopération avec mon associé.

La conduite d’un processus de fusion-acquisition est rigoureuse et passe par de nombreuses étapes, dont chacune est confidentielle et demande un travail important. Dans les trois premières semaines du processus de vente, nous nous attendons à recevoir des offres sans engagement émanant de quelques acquéreurs.

Nous en discutons avec nos clients, et s’ils veulent poursuivre, nous invitons les acquéreurs potentiels à consulter la data room. C’est un lieu physique, en général dans un cabinet d’avocats, qui contient toutes les informations concernant la société à acquérir.

Avec une équipe de conseillers, l’acquéreur analyse l’ensemble des données pendant une ou deux semaines, en les passant au peigne fin.

S’il y a plus d’un acquéreur potentiel, nous mettons en place plusieurs data room. Les salles sont situées dans des lieux différents: aucun des intéressés ne doit être informé de l’existence des autres. Quand on travaille du côté sellside pour un deal l’organisation est essentielle.

18h45 La soirée va être longue. Le plus souvent, je dîne dans notre cantine ou je commande quelque chose. Les horaires en banque d’investissement ne sont pas fixes. Après manger, je passe quelques heures de plus sur l’un des autres pitchbooks.

Les heures de travail en banque d’investissement sont parfois indéniablement longues, mais quand on fait quelque chose d’intéressant, le temps passe vite.

23h30 Je quitte le bureau et je rentre en taxi à Islington. Il est minuit lorsque j’arrive chez moi. Je suis très content de me mettre au lit.

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