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Y a-t-il plus horrible qu’une vie de banquier M&A à Paris ?

Ce n'est pas ce que vous croyez...

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Hemingway a fréquenté Paris, où il vivait chichement et pêchait sur les bords de Seine. Orwell a également traîné ses guêtres dans la capitale travaillant comme « plongeur » dans un hôtel miteux.  Auster y a vécu avant de connaître la célébrité. Cependant, si vous êtes banquier d’affaires, mieux vaut faire une croix sur le Paris authentique et artistique car vous risquez plutôt de vous retrouver à y travailler comme un forçat.

« Si vous travaillez en M&A à Paris, vous mourrez à la tâche, raconte un Français, ancien banquier junior M&A, qui a quitté l’industrie financière pour une carrière plus relaxante. C’est un marché étroit et les établissements comme Rothschild, Lazard et BNP Paribas luttent comme des fous pour leurs parts de marché. Les banquiers enchaînent 30 heures de travail en deux jours ».

Stéphane Rambossen, un ancien banquier M&A chez Schroders à Paris, aujourd’hui directeur de Veni Partners, un cabinet de chasse basé à Londres, confirme : « Dans les fusions-acquisitions, vous travaillez beaucoup plus dur à Paris qu’à Londres. La France est le marché M&A le plus compétitif au monde – quand j’y travaillais, nous ne sortions jamais du bureau avant minuit et nous faisions au moins une nuit blanche par semaine »

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Pourquoi la scène française des M&A est-elle si cauchemardesque pour les acteurs en présence ? Les chiffres du cabinet de recherche Dealogic offrent un début d’explication. Les opérations impliquant des acteurs français ont chuté de 50% depuis 2007. Bien qu’en hausse de 100% cette année par rapport à l’an passé, le marché n’a pas retrouvé ses niveaux de 2011.

Néanmois, le vrai problème, selon un banquier français, réside dans le fait qu’il y ait un grand nombre de banques se disputant un tout petit gâteau. BNP Paribas, Lazard, Rothschild se battent toutes pour occuper l’espace aux côtés des grands acteurs américains comme Morgan Stanley, JPMorgan, Goldman Sachs, Bank of America et, plus récemment, Moelis. Ces mêmes banques sont présentes au Royaume-Uni, mais tandis que le marché britannique représente 328 millions de dollars depuis le début de l’année, le marché hexagonal atteint seulement 154 millions de dollars.

Pour aggraver les choses, les banques françaises ont la réputation d’être extrêmement hiérarchisées, avec des jeunes banquiers M&A surmenés et privés de contact avec leur management. « Dans les établissements français à Paris, les managing directors ne parlent à personne en dessous du niveau de vice-président », nous confie un ex-analyste.

« C’est tout à fait vrai – les banques françaises fonctionnent de manière incroyablement hiérarchisée, abonde un autre banquier français. Dans les maisons américaines, de nombreux employés ont travaillé à Londres et à New York. Du coup, le mode de travail est bien plus ouvert. Ces banquiers d’affaires français qui ont suivi d’excellentes formations ont également une fâcheuse tendance à rester très tard même quand il n’y a rien à faire. »

Nous avons sollicité pour cet article BNP Paribas, Lazard et Rothschild. Lazard n’a pas souhaité commenté. Rothschild et BNP n’étaient pas disponibles pour répondre immédiatement à nos questions.

 

 

commentaires (1)

Comments
  1. Bonjour,

    Je confirme ces propos moi-même ex stagiaire chez Rothschild & Cie. Il n’est pas rare de faire des semaines ou l’on fait 4x les 35h (ie: 3h de sommeil par nuit, week-end compris)

    Mais si l’on aime vraiment ce metier les horaires ce n’est pas le plus pénible (je faisais des horaires équivalents dans un autre stage, sans voir le temps passer). Le point noir c’est le coté hirarchique exacerbé. En tant que stagiaire on n’a de contact direct qu’avec un VP si on est chanceux. On est considéré davantage comme un départment “production de slides” bis pour analystes ambitieux/grincheux/fatigués/fouétés. L’accès aux connaissances financières est donc très limité. J’ai personnellement stagné en finance au cours de ce stage contrairement a mes autres stages ou ma courbe de progression etait exponentielle…

    La solution c’est Londres et les jeunes l’ont bien compris.

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