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Perspectives 2009 : les secteurs en berne

Il faut bien se le dire, l’année qui débute ne va pas être rose. Il faut voir l’absence d’enthousiasme des foules, en particulier des acteurs du secteur financier eux-mêmes ! Tout le monde ne sera toutefois pas affecté avec la même force. Un conseil, si vous exercez dans l’un des secteurs cités ci-dessous, mieux vaut prévoir un plan B !

Activités de marché

Selon une étude du Credit Suisse consacrée aux banques françaises, datée du 10 décembre, les réductions de coûts (entendez suppressions d’emplois) seront plus importantes en 2009 qu’en 2008, les établissements français s’étant montrés jusque-là plutôt timides en la matière. À cet égard, l’expérience de 2002-2003 démontre qu’à un moment donné, les faibles revenus obligent les banques à prendre des actions vitales. Celles-ci sont encore à venir . Parallèlement, lorsque le site Newsmanagers.com demandait à Thierry Carlier-Lacour, directeur associé chez Humblot-Grant Alexander, à quoi il s’attendait pour la banque de financement et d’investissement en 2009, il répondait : Le pire. Ce secteur va perdre des effectifs, entre 500 et 900 personnes. L’interview est datée du 4 décembre, soit quelques jours avant que Natixis annonce qu’elle se désengageait des activités de marchés à risque, entraînant une baisse de 15 % environ de ses effectifs en BFI (La Tribune). Une semaine plus tard, BNP Paribas, qui avait pourtant bien résisté à la crise jusqu’au troisième trimestre, lui emboîtait le pas, annonçant qu’elle envisageait de supprimer 5 % des effectifs dans ses activités de marché, soit 800 postes concernés. En novembre dernier, Standard & Poor’s s’attendait, en 2009, à un recul de 30 % à 40 % des revenus dans les métiers de marché par rapport à 2007, et de 50 % à 60 % dans la banque d’affaires. Conséquence ? Les spécialistes qui venaient des écoles d’ingénieurs et peuplaient les salles de marchés vont être cantonnés à des rôles risque / conformité (compliance) / audit, où leur dimension technique sera utile , déclarait Diane Segalen, vice-chairman du cabinet de chasseurs CTPartners à L’Expansion.

M&A

La fin de 11 ans de suprématie de Goldman Sachs sur les league tables est certainement un signe qu’une page a été tournée en 2008 (Financial News, abonnement). Selon MergerMarket, l’Europe a été la région la plus affectée par le repli du marché des fusions acquisitions. Le volume d’activité y était en baisse de 34 %, contre – 28 % pour la moyenne mondiale. Et les professionnels ne sont pas optimistes pour 2009. Parmi eux, le responsable mondial des fusions acquisitions chez Barclays Capital, Paul Parker, anticipe des volumes entre 2 000 et 2 500 milliards de dollars, soit à mi-chemin entre les niveaux de 2004 et 2005 (Reuters). En cause, la chute brutale de la valorisation des entreprises due à l’effondrement des marchés et la fin des grandes opérations de rachat par effet de levier (LBO) rendues impossibles à financer par le resserrement du crédit. Le bureau parisien de Merrill Lynch anticipe ainsi une baisse de 15 à 20 % de l’ensemble des commissions versées au titre des fusions acquisitions en France en 2009. De son côté, Bank of America n’attend aucune reprise avant la fin de 2009, voire le début de 2010.

Consulting

Le secteur du conseil en management va devoir certainement se déshabituer de ses taux de croissance annuels à deux chiffres (+ 13,7 % pour l’année 2007), et ce d’autant plus que les services financiers, aujourd’hui en plein marasme, comptent pour quasiment un tiers de l’activité. En juin déjà, le syndicat professionnel Syntec Conseil en Management s’attendait à un recul de l’activité sur 2008 (à environ 9 % de taux de croissance) et 2009. La fin de l’année, marquée par un ralentissement des missions, a confirmé ces craintes. 2009 ne sera pas une bonne année pour le conseil en général, certaines activités semblant nettement marquer le pas (conseil en stratégie, cellules transaction services, départements financial services) , prévient Jean-Gabriel Picq, associé du cabinet de chasse Westpoint, qui a remarqué fin 2008 que les grands cabinets, quand ils recrutaient toujours, n’étaient déjà plus pressés de concrétiser les embauches. Selon ce consultant, certains de ses clients ont divisé par deux leur plan d’embauche en un an. Qui dit moins de commandes, dit forcément gel des embauches. Le secteur ne serait pas non plus immunisé contre les suppressions d’emplois en 2009, même si le mouvement des départs naturels, important dans la profession (25 % de turnover), est généralement privilégié. Certains profils expérimentés pourraient toutefois échapper à la morosité, c’est le cas des spécialistes du cash management, de l’amélioration du BFR, du working capital ou du BPO (business process outsourcing).

Private equity

Ça a commencé l’an dernier par un ralentissement net de l’embauche – qui s’est concentrée, sur la fin de l’année, quasi uniquement sur les profils avec un track record établi -, une sélection draconienne et un tassement des rémunérations. 2009 devrait voir l’activité continuer son retranchement. Une étude de Celerant Consulting pour The Economist Intelligence Unit, publiée en novembre dernier, indiquait que 80 % des dirigeants de sociétés de capital-investissement interrogés (222 répartis entre l’Europe de l’Ouest et les États-Unis) prévoient une très forte diminution du nombre de leurs transactions en 2009 et à des montants très largement inférieurs à ceux enregistrés ces dernières années. En outre, 78 % des dirigeants français anticipaient une éclaircie seulement courant 2010 . Côté investisseurs (chargés d’affaires, chargés de participation), on ne s’attend pas à beaucoup de mouvement en 2009, qui va être une année difficile. Les fonds vont privilégier l’existant plutôt que l’offensive et de nouvelles participations , anticipe Philippe Weber, senior client partner chez Korn Ferry à Paris. Une prévision confirmée par le dernier baromètre mondial du capital investissement de Coller Capital, pour qui les deux tiers des investisseurs en capital investissement (LPs) auront peu ou pas de marge de manceuvre pour de nouveaux engagements dans le capital investissement au cours de 2009.

Les salaires

Inutile d’être devin pour s’attendre à une baisse des salaires des financiers en 2009, en particulier dans la banque d’investissement et de financement. Les niveaux de rémunérations chuteront sous le poids des dramatiques baisses attendues des bonus (lire la section bonus de notre article Bilan 2008) et plus largement de la partie variable. Ainsi, pour Thierry Carlier-Lacour, directeur associé chez le chasseur Humblot-Grant Alexander, interrogé par Newsmanagers.com sur l’avenir des asset managers, tout compte fait, les salaires baisseront de 35 à 40 % dans les métiers de la finance durant les deux prochaines années . Par ailleurs, on l’a constaté lors des dernières traditionnelles négociations salariales, les séances de discussions ont été plutôt tendues. Elles n’ont pas abouti dans plusieurs établissements, comme LCL, Crédit Agricole SA ou encore l’Écureuil. Seules BNP Paribas et Société Générale ont obtenu un accord avec plusieurs syndicats signataires (Les Échos, abonnement). Les DRH sont tiraillés entre le fait d’adapter leurs structures à un marché morose et la crainte de perdre des ressources vitales, dont il y aura pénurie avec le phénomène de la pyramide des âges et la porosité des marchés internationaux , résumait Antoine Morgaut, directeur Europe du cabinet de recrutement Robert Walters, interrogé par Les Échos. Conséquence : la tendance est à l’individualisation des rémunérations. Selon l’enquête annuelle de Cegos, 88 % des DRH plébiscitent les augmentations individuelles.

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