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Quatre choses à ne jamais dire à un recruteur

Pour avoir travaillé comme consultant dans un cabinet de recrutement pendant trois ans – et pour échanger maintenant quasi quotidiennement avec eux en tant que journaliste – je peux vous dire que les recruteurs ne méritent pas la mauvaise réputation dont ils font souvent l’objet. La plupart respectent une vraie éthique professionnelle. Ils n’ont pas d’autre choix pour durer dans ce métier. Ceux qui veulent prendre des raccourcis ou camoufler des vérités voient leur durée de vie professionnelle amputée.

Il n’en demeure pas moins que les recruteurs sont parfois confrontés à des situations où il est dans leur intérêt de vous conseiller d’aller dans une seule – et unique – direction. Dans le cas échéant, il n’est tout simplement pas conseillé de les impliquer dans votre prise décision car ils sont forcément parti-prenantes. Voici quatre scenarios dans lesquels mieux vaut mener votre réflexion en solitaire.

1 – “J’ai reçu une contre-offre”

Les recruteurs détestent les contre-offres. Mener une rapide recherche sur n’importe quel site d’offre d’emplois – y compris le nôtre – et vous tomberez sur des commentaires de recruteurs vous conseillant de ne jamais accepter une contre-offre. Cela dit, cet argument n’est pas sans fondement (après tout, pourquoi accepter de rester dans une entreprise que vous vous apprêtiez à quitter ?). Il y a néanmoins des moments où dire ‘oui’ à une contre-offre peut être dans votre meilleur intérêt. En revanche, cette décision ne sert jamais les intérêts des cabinets de recrutements, qui 1- perdent une commission, 2- doivent rappeler le client auprès duquel ils doivent s’expliquer, 3- perdent un peu de leur crédibilité auprès de ce dernier alors même qu’ils avaient reçu un feu vert verbal de votre part, 4- doivent repartir à la recherche d’un nouveau candidat.

Si vous espérez trouver chez le recruteur une caisse de résonance pour discuter des mérites d’une contre-offre, c’est donc peine perdue. Choisir ou non d’accepter de continuer sur le poste que vous venez de quitter est une décision difficile à prendre, mais vous êtes encore le mieux placé pour en décider. Assumez ensuite à 100% votre décision, car lorsque vous appelerez le recruteur pour lui annoncer la nouvelle, vous serez amené à vous en expliquer avec conviction.

2 – “J’ai fait une grosse erreur, je n’aurais pas dû accepter ce nouveau poste”

Chaque recruteur a déjà expérimenté cette situation. Un candidat accepte une offre, et un mois plus tard se demande s’il n’a pas fait une erreur. Peu importe les circonstances, les recruteurs vous inciteront à rester.

À cela, à nouveau, plusieurs explications : la plus évidente étant l’impact négative sur votre CV et votre prochaine recherche d’emploi, quitter un nouvel emploi très rapidement après votre embauche ne donne pas des signaux positifs aux recruteurs et potentiels futurs employeurs. Mais vous êtes encore le seul à savoir ce qui est mieux pour vous et votre carrière. Si vous avez eu le malheur de rejoindre un navire en perdition ou que votre nouveau patron vous maltraite, peut-être est-il dans votre intérêt de tourner la page aussi vite que possible ?

Une fois encore, ce choix n’est pas dans l’intérêt des recruteurs. La plupart des contrats stipulent que le client reçoit un remboursement total ou partiel des commissions payées au cabinet de recrutement si le nouvel employé démissionne dans les trois à six mois suivant son embauche. Ne comptez pas sur un conseil dans ce type de circonstances – on vous dira à coup sûr de rester en poste.

3 – “Ça y est, j’ai décidé de démissionner” (de l’employeur auprès de qui vous m’avez placé)

Disons qu’un an ou deux se sont écoulés depuis votre embauche, le recruteur a été payé et vous êtes ouvert à de nouvelles opportunités. Réfléchissez à deux fois avant de rappeler le recruteur qui vous a placé.

Le problème réside dans la nature de votre relation. Les recruteurs sont payés par les clients, non par les candidats. Ils peuvent également placer des dizaines de personnes chez un client. Vous êtes un numéro parmi d’autres. En bref, les recruteurs par nature font allégeance aux clients avant de servir le candidat.

Au mieux, ils vous diront qu’ils ne peuvent pas en toute bonne conscience vous aider à quitter leur client. Au pire, ils peuvent informer votre entreprise de vos intentions de mobilité et risquer de vous déstabiliser avant même que vous ayez entrepris vos recherches. À moins d’être certain que vos projets seront gardés sous silence, vous devez jouer la prudence et entamer vos recherches sans lui/elle.

Cependant, si vous savez que le cabinet ne travaille plus avec votre employeur, n’hésitez pas à leur donner un coup de fil.

4 – “Je cherche un poste mais… je ne suis pas vraiment disponible tout de suite”

C’est une question délicate. Généralement, la transparence et la franchise sont conseillées dans les relations avec les recruteurs lors de votre recherche d’emploi. Toutefois, cela ne se révèle pas toujours être dans votre intérêt.

Imaginons, par exemple, que vous recherchez un nouvel emploi mais que vous préférerez attendre six mois avant de bouger, le temps que votre bonus vous soit versé par exemple. Vous en avez touché deux mots à votre recruteur, et une opportunité d’entretien se présente, il y a de fortes chances pour que le consultant refuse de vous arranger cette entrevue.

Si un recruteur a trois autres candidats motivés et disponibles rapidement, quel intérêt aurait-il de vous placer dans la course ? Le but dans le recrutement étant – autant que possible – d’éliminer l’inconnu. Si votre profil est émaillé d’incertitudes, il peut être préférable de garder cela pour vous si vous voulez maximiser vos chances. Bien que dans ce cas, c’est vous qui risquez de vous y brûler les ailes…

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