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Les jeunes britanniques et américains s’orientent vers la banque pour l’argent, les français pour le prestige

investment bank bonuses

Les métiers bancaires n’attirent plus autant les jeunes diplômés d’écoles de commerce. La crise est passée par là. En dépit des scandales à répétition, des suppressions d’emploi et de l’image négative de juniors surchargés de travail, la banque jouit paradoxalement toujours d’une cote d’estime honorable. Principale raison ? Les salaires élevés qu’offre le secteur.

Une étude internationale menée par Deloitte et Universum auprès de jeunes diplômés susceptibles de se diriger vers le secteur bancaire fait cependant apparaître, suivant les pays, des différences importantes en matière de popularité, mais aussi une perception variable des attraits des métiers de la banque.

L’enquête met clairement en lumière un désamour du secteur bancaire, qui pointe aujourd’hui en moyenne à la 35è place sur 100 catégories d’employeurs potentiels – soit un recul de 5 places depuis 2008. En cause, l’incapacité apparente des banques à satisfaire les aspirations des étudiants : les métiers de la banque sont perçus comme sans intérêt et peu propices aux évolutions de carrière et au développement personnel. De plus, les étudiants souhaitent aujourd’hui privilégier, avant tout, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée – difficilement compatible avec 90 heures de travail hebdomadaire dans une banque d’investissement.

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Le Royaume-Uni a beau être un champion du “banker bashing“, la City de Londres continue d’offrir plus d’opportunités aux jeunes diplômés que la plupart des autres places financières. Ce potentiel se traduit dans l’étude par une popularité relative du secteur, largement mieux classé outre-manche que dans d’autres pays tels que les Etats-Unis, la France, le Japon et l’Allemagne – où il offre pourtant une plus grande stabilité de l’emploi.

En France justement, le secteur bancaire n’arrive que 49è sur 100 dans le classement des employeurs potentiels, en chute de 8 places depuis 2008. Un déclin confirmé par les réponses à cette enquête : à peine 18% des étudiants français sondés ont retenu au moins une banque dans le Top 5 des entreprises qu’ils souhaiteraient intégrer.

En revanche, c’est dans les pays où le secteur financier est encore relativement modeste, voire sous-développé, que sa popularité a le mieux résisté.

Deloitte-popularity

Plus perturbant peut-être – au moins pour les banques d’investissement qui cherchent à insuffler à leurs candidats la passion de ce métier et à se distancier des polémiques sur les bonus colossaux : les étudiants américains, britanniques et allemands associent systématiquement le secteur bancaire à des salaires élevés.

Dans le même temps, les étudiants français, espagnols et italiens font rimer banque avec prestige, alors que la stabilité de l’emploi l’emporte chez ceux venus d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique du Sud.

Deloitte-motivations

Au-delà de ces considérations, la plupart des étudiants voient surtout la banque comme un tremplin pour leur future carrière – 60% d’entre eux envisageant d’y rester au maximum trois ans. Selon l’étude, « ils sont prêts à passer quelques années intenses dans le secteur bancaire juste pour atteindre leurs objectifs de carrière quelques années plus tard ». C’est un point sur lequel nous nous sommes déjà penchés : avant même l’officialisation d’une proposition d’embauche, nombre d’étudiants stagiaires dans les banques d’investissement considèrent le secteur comme une option parmi d’autres susceptibles de booster leur CV en vue d’une évolution de carrière.

D’après l’étude Deloitte, le principal échec des banques résulte précisément de leur incapacité à vendre ce potentiel de carrières. Les salaires élevés sont bien perçus comme l’une des caractéristiques du secteur, tout comme la durée excessive du temps de travail ou la mentalité “hire-and-fire“. La réalité est tout autre, montre l’enquête : les banques offrent de bonnes opportunités de formation et d’évolution de carrière. Aussi devraient-elles s’attacher à « valoriser ce point plutôt que l’attrait plus éphémère de l’argent ».

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